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Attaque chimiqueLes insurgés syriens veulent embraser le front

Washington, Paris, Londres, Ankara, Bruxelles et les rebelles syriens dénoncent une «attaque inhumaine».

Malgré la trêve humanitaire, les violences entre l'armée syrienne et les insurgés ont repris dans la Ghouta orientale. (Mercredi 28 février 2018)
Malgré la trêve humanitaire, les violences entre l'armée syrienne et les insurgés ont repris dans la Ghouta orientale. (Mercredi 28 février 2018)
AFP
Les Etats-Unis ont commencé à livrer des armes aux combattants kurdes contre l'EI dans le nord de la Syrie, au grand dam d'Ankara. (Mardi 30 mai 2017)
Les Etats-Unis ont commencé à livrer des armes aux combattants kurdes contre l'EI dans le nord de la Syrie, au grand dam d'Ankara. (Mardi 30 mai 2017)
Keystone
AFP
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Un acte «grave» et «inhumain» dont les auteurs devront «rendre des comptes»: l'attaque «chimique» meurtrière de mardi en Syrie a provoqué des réactions outrées, notamment à Washington, Londres, Bruxelles et Paris qui ont mis en cause le régime de Damas.

Le bilan fait état de 58 à 100 morts et de 170 à 400 blessés, souvent victimes d'asphyxie, dont des enfants, le corps saisi de convulsions et peinant à respirer sous leurs masques à oxygène, dans un raid aérien mené sur Khan Cheikhoun, un fief rebelle et djihadiste, du nord-ouest syrien.

Des groupes rebelles syriens, dont l'ex-branche d'Al-Qaïda, ont promis mardi de venger les dizaines de victimes d'une attaque présumée à l'arme chimique. Ils ont demandé à leurs combattants d'«embraser les fronts».

«Nous promettons au régime criminel et à ses alliés une vengeance telle qu'elle mettra du baume au coeur de notre peuple à Khan Cheikhoun en particulier et en Syrie en général,» a précisé dans un communiqué en ligne le groupe Fateh al-Cham, ex-branche d'Al-Qaïda, qui se fait appeler depuis janvier Tahrir al-Cham après avoir fusionné avec des groupes rebelles.

Washington accuse

La Maison Blanche a imputé directement mardi l'attaque chimique en Syrie au régime de Bachar al Assad. Pour les Etats-Unis, il s'agit d'un acte «répréhensible, que le monde civilisé ne peut ignorer». «Ces actes odieux du régime de Bachar al Assad sont la conséquence de la faiblesse et de l'irrésolution de la précédente administration (américaine)», a déclaré le porte-parole de la Maison Blanche, Sean Spicer, au cours d'un point de presse.

«Le président Obama avait dit en 2012 qu'il fixait une 'ligne rouge' à ne pas dépasser, à savoir l'utilisation d'armes chimiques, et il n'avait rien fait ensuite», a ajouté le porte-parole.

Il s'est refusé à dire ce que l'administration Trump ferait à la suite de ces attaques. Il a ajouté que le président Donald Trump avait évoqué la question mardi avec son conseil national de sécurité.

Identifier les responsables

L'envoyé spécial des Nations unies pour la Syrie Staffan de Mistura a assuré que l'ONU chercherait à «clairement identifier les responsabilités» et à faire «rendre des comptes» aux auteurs de cette attaque «chimique aérienne».

L'opposition syrienne a appelé le Conseil de sécurité de l'ONU à ouvrir une «enquête immédiate» sur cette attaque perpétrée selon elle par le «régime du criminel Bachar» al-Assad avec des «obus» contenant du «gaz toxique».

Réaction de Federica Mogherini

Le négociateur en chef de l'opposition, Mohammad Sabra, a dénoncé un «crime» qui «remet en cause l'ensemble du processus de paix» entre opposition et gouvernement, qui se réunissent régulièrement pour tenter de mettre fin à ce conflit qui a fait plus de 320'000 morts et des millions d'exilés.

Les auteurs doivent rendre des comptes

Accuser le régime syrien d'avoir perpétré cette attaque est «une »calomnie«, a officieusement réagi Damas par la voix d'un haut responsable de ses services de sécurité. Les insurgés »tentent de remporter une (victoire) médiatique après avoir échoué à remporter (une victoire) sur le terrain«, a-t-il déclaré sous le couvert de l'anonymat.

La chef de la diplomatie européenne, Federica Mogherini, a elle aussi mis en cause Damas: «La principale responsabilité repose sur le régime parce qu'il a la responsabilité de protéger son peuple et non de l'attaquer». Ces «nouvelles horribles» sont «un rappel tragique que la situation sur le terrain continue d'être dramatique dans de nombreuses parties de la Syrie», a-t-elle ajouté.

«Si nous ne pouvons pas encore être certains de ce qui s'est passé, cela a toutes les caractéristiques d'une attaque du régime qui a utilisé de façon répétée des armes chimiques», a réagi le ministre britannique des Affaires étrangères Boris Johnson, jugeant «horribles» les rapports détaillant cette attaque.

«Une enquête doit avoir lieu sur l'incident et les auteurs doivent rendre des comptes», a-t-il ajouté dans un communiqué.

Le président français François Hollande a lui aussi évoqué «la responsabilité» du président syrien Bachar el-Assad dans ce «massacre». Il a également pointé «la complicité» et «la responsabilité morale» des «alliés» du président syrien, sans citer de pays.

«Comme à la Ghouta le 21 août 2013 Bachar el-Assad s'en prend à des civils en utilisant des moyens bannis par la communauté internationale. Une fois encore le régime syrien va nier l'évidence de sa responsabilité dans ce massacre», a dit François Hollande selon un communiqué des services de la présidence.

«(...)Un crime contre l'humanité»

Son ministre des Affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault, a par ailleurs demandé la convocation d'une réunion d'urgence du Conseil de sécurité de l'ONU après cette «nouvelle attaque chimique particulièrement grave».

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a dénoncé cette attaque «chimique (...) inhumaine» qui menace selon lui le processus de paix d'Astana entre Damas et les rebelles sous l'égide de la Russie et de l'Iran, lors d'un entretien téléphonique avec son homologue russe Vladimir Poutine, selon ses services.

«Il s'agit d'un crime contre l'humanité, qui doit être puni», a déclaré son ministre des Affaires étrangères, Mevlüt Cavusoglu.

L'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC) s'est dit «gravement préoccupée» par cette «attaque présumée aux armes chimiques», précisant qu'elle était en train de «rassembler et analyser des informations de toutes les sources disponibles».

Aux Etats-Unis, ni la Maison Blanche ni le département d'Etat n'avaient officiellement réagi mardi en milieu de matinée à l'attaque. Mais des élus du Congrès américain appelaient le président Donald Trump à réagir fermement contre le régime de Bachar el-Assad après cette attaque.

AFP

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