Le virus se propage, évacuations d'étrangers

ChineLe nouveau coronavirus a déjà fait 132 morts en Chine et touche près de 6000 personnes dans le pays. Plusieurs pays organisent l'évacuation de leurs ressortissants.

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Le Japon et les États-Unis ont évacué mercredi plusieurs centaines de leurs ressortissants de Wuhan, ville du centre de la Chine où a démarré l'épidémie de pneumonie virale dont le bilan continue de grimper.

Vingt-six décès supplémentaires dus au nouveau coronavirus ont été enregistrés en Chine, portant à 132 morts le bilan total de la maladie. Le nombre de personnes infectées s'établit mercredi à 5974 dans tout le pays, selon les derniers chiffres des autorités sanitaires nationales.

Le Japon a été le premier pays à rapatrier ses ressortissants, qui sont au nombre de 650 dans la province de Hubei. Parti de Wuhan, un avion avec environ 200 d'entre-eux a atterri mercredi matin à Tokyo, selon une équipe de l'AFP présente à l'aéroport de Haneda. Les autorités ne prévoient pas de les placer en quarantaine à leur arrivée.

Les États-Unis ont également annoncé qu'un avion envoyé à Wuhan pour évacuer le personnel de leur consulat dans cette ville ainsi que d'autres ressortissants américains avait décollé mercredi.

Angoisse

La France a pour sa part indiqué mardi envoyer un avion qui atterrira jeudi à Wuhan afin de ramener les premiers rapatriés français «probablement vendredi». Ces personnes seront soumises à une quarantaine de 14 jours à leur retour, a précisé la ministre française de la Santé, Agnès Buzyn. La Commission européenne a indiqué qu'un deuxième avion décollerait «plus tard dans la semaine» pour au total rapatrier au moins 350 Européens, dont 250 Français.

L'angoisse reste vive chez de nombreux expatriés de Wuhan n'ayant aucune assurance de partir : «C'est extrêmement stressant. La principale peur, c'est que cela dure des mois», confie à l'AFP Joseph Pacey, un enseignant britannique de 31 ans.

Les pays occidentaux ont intensifié leurs préparatifs pour ces rapatriements, au fur et à mesure que se propageait l'épidémie en Chine mais aussi jusqu'en Europe notamment. Quatre cas supplémentaires d'infection par le virus 2019-nCoV ont été annoncés mardi en Bavière, dans le sud-ouest de l'Allemagne. Les autorités sanitaires locales ont précisé qu'un des malades avait été contaminé par une autre personne sur le sol allemand même, ce qui représente la première transmission du virus identifiée sur le sol européen.

«Démon»

Les autorités françaises avaient auparavant fait état mardi d'un quatrième malade du nouveau coronavirus dans le pays, un touriste chinois âgé, originaire du Hubei, et qui se trouvait dans un «état clinique sévère» dans un hôpital parisien.

Un cas de transmission a également été identifié au Japon, celui d'un sexagénaire nippon qui ne s'était jamais rendu en Chine mais avait véhiculé des touristes en provenance de Wuhan.

L'organisation mondiale de la Santé (OMS) a annoncé mardi l'envoi «dès que possible» en Chine d'experts internationaux afin de mettre en commun les connaissances sur le virus et d'apporter une «réponse mondiale».

«Nous ne permettrons pas au démon de se cacher», a assuré le président Xi Jinping en recevant à Pékin le directeur de l'OMS Tedros Adhanom Ghebreyesus, parlant du nouveau coronavirus. Quelques heures plus tard, les États-Unis ont cependant appelé la Chine à «plus de coopération et de transparence», «les mesures les plus importantes à prendre pour une réponse plus efficace».

La ville de Wuhan, où est apparue le nouveau coronavirus en décembre, et la quasi-totalité de la province du Hubei sont coupées du monde depuis jeudi par les autorités dans l'espoir d'endiguer l'épidémie, un cordon sanitaire concernant 56 millions d'habitants et quelques milliers d'étrangers.

Bientôt un vaccin ?

L'épidémie pourrait atteindre son pic «dans une semaine ou dix jours» avant de refluer, a estimé Zhong Nanshan, un des meilleurs spécialistes chinois des maladies respiratoires.

Les chercheurs des Instituts nationaux de santé américains (NIH) ont de leur côté lancé la mise au point d'un vaccin contre le nouveau coronavirus, un travail qui prendra plusieurs mois, a annoncé mardi Anthony Fauci, le directeur de l'Institut national des maladies infectieuses. «Nous envisageons le pire des scénarios», celui d'«une plus grande épidémie», a-t-il ajouté.

Des scientifiques de l'Institut Doherty de Melbourne, en Australie, ont annoncé être parvenus à répliquer en laboratoire le coronavirus, ce qu'ils ont décrit comme un pas en avant crucial dans la lutte contre l'épidémie.

En 2002, le régime chinois avait été accusé d'avoir dissimulé l'apparition d'un précédent coronavirus meurtrier, le Sras.

Soucieuse d'endiguer l'épidémie, la Chine a recommandé à ses citoyens de «reporter» leurs voyages «sans nécessité» hors de ses frontières, après avoir déjà suspendu les voyages en groupe.

À l'étranger, de nombreux pays ou territoires renforcent les mesures de précaution : Hong Kong a annoncé réduire de moitié les vols en provenance de Chine continentale, tout en fermant six des 14 points de passage frontaliers. L'Allemagne et les États-Unis ont été lundi les premiers États à déconseiller tout voyage en Chine et plus seulement dans le seul Hubei. Le Royaume-Uni a adopté la même recommandation mardi.

Ville morte

Dans l'ensemble de la Chine, la psychose monte dans les métropoles, où les habitants restent calfeutrés chez eux, désertant centres commerciaux, cinémas et restaurants. «Beaucoup sont très inquiets. Regardez, il n'y a pas grand-monde dans ces rues (...) qui sont d'habitude noires de monde», déclare à l'AFP, dans le centre de Shanghai, David, un habitant de Wuhan bloqué loin de chez lui.

Être exposé à un éternuement ou à la toux d'une personne contaminée reste «le principal mode de contagion», ont rappelé mardi devant la presse des experts chinois. Pékin a prolongé de trois jours, jusqu'au 2 février, les longs congés du Nouvel an (sept jours fériés), afin de retarder les retours massifs vers les villes de centaines de millions de travailleurs migrants. Le début du semestre dans les établissements scolaires et universités a été reporté. (afp/nxp)

Créé: 29.01.2020, 01h52

Le nombre d'infections par le nouveau virus en Chine dépasse celui du Sras

Le nombre d'infections par le nouveau coronavirus (2019-nCoV) en Chine continentale a dépassé celui de l'épidémie de Sras dans le pays en 2002-2003, selon les chiffres officiels publiés mercredi.

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