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PhilippinesLa vice-présidente contre la guerre anti-drogue

Leni Robredo a dénoncé mercredi la politique «meurtrière» menée par le président Rodrigo Duterte depuis son entrée en fonction.

La vice-présidente philippines a déclaré mercredi que la guerre sans merci menée par le président contre la drogue avait détruit la confiance des gens dans la police de l'archipel et dénoncé des «exécutions sommaires».

Dans un message vidéo adressé à une réunion prévue jeudi par l'ONU en Autriche sur les meurtres extrajudiciaires, Mme Robredo a aussi demandé à la communauté internationale de se préoccuper plus de la situation dans l'archipel. «Savoir que la communauté internationale nous regarde et sentir que les défenseurs des droits de l'Homme veillent sur notre pays nous apporte du réconfort, du courage et de l'espoir», a-t-elle dit.

Des milliers de morts

Aux Philippines, la vice-présidence est pourvue lors d'une élection distincte de l'élection présidentielle et Mme Robredo appartient à un parti politique différent de celui du président Rodrigo Duterte. Celui-ci a été élu sur sa promesse de faire abattre des dizaines de milliers de toxicomanes et trafiquants de drogue pour éradiquer le fléau de la drogue dans l'archipel.

«Certains nous ont dit que quand il se produit un crime, ils iraient normalement voir la police. Maintenant, ils ne savent pas où se tourner», dit la vice-présidente dans ce message divulgué à la presse.

Depuis l'entrée en fonctions de M. Duterte fin juin, la police a annoncé avoir tué 2500 personnes lors d'opérations antidrogue tandis qu'environ 4500 autres sont mortes dans des circonstances non élucidées. Amnesty International et Human Rights Watch estiment que des crimes contre l'humanité sont peut-être commis aux Philippines.

«Exécutions sommaires»

Les forces de sécurité ne violent aucune loi, martèle M. Duterte comme les responsables de la police. Les meurtres commis par des policiers l'ont été en état de légitime défense, font-ils valoir. Les meurtres non élucidés sont le fait de bandes rivales. Tous ces meurtres, accuse Mme Robredo qui parle de «statistiques très sombres», sont des «exécutions sommaires».

Elle accuse aussi la police d'arrêter des innocents en vertu d'un système «d'échange de têtes»: lorsque les policiers ne trouvent pas le suspect, ils arrêtent un membre de sa famille, selon elle. M. Duterte avait limogé Mme Robredo de son gouvernement en décembre après qu'elle eut commencé à émettre des critiques contre la guerre antidrogue et certaines de ses autres mesures. Ses commentaires aux Nations unies sont jusqu'ici ses plus virulents à l'égard de M. Duterte.

AFP

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