Une manifestation écolo dispersée par lacrymos

France La police a dispersé des militants pacifistes en les aspergeant de gaz vendredi passé. Le parquet annonce l'ouverture d'une enquête.

Les militants d'Extinciton Rebellion faisaient un sit-in.

Les militants d'Extinciton Rebellion faisaient un sit-in. Image: Pierre-Olivier Chaput

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Demandes d'«explications» voire d'excuses: le gouvernement français était interpellé lundi après la diffusion d'images de manifestants écologistes pacifiques évacués à grands coups de gaz lacrymogène par les forces de l'ordre.

Sur les réseaux sociaux, le retentissement des vidéos tournées vendredi à Paris a gagné en ampleur au coeur du week-end. On y voit des policiers aspergeant de près et abondamment des militants de tous âges assis paisiblement sur un pont du centre de Paris, criant «dégage ! on bouge !», avant de les traîner sur le sol.

Ce sit-in pacifique avait été organisé par Extinction Rebellion (XR), né en 2018 au Royaume-Uni, un mouvement de désobéissance civile «en lutte contre l'effondrement écologique et le réchauffement climatique».

Le parquet de Paris a annoncé avoir ouvert lundi une enquête confiée à l'IGPN, la «police des polices» après l'intervention controversée vendredi des forces de l'ordre, sur le pont de Sully à Paris, pour déloger des militants écologistes qui participaient pacifiquement à un sit-in.

«Irrespect total»

La jeune Suédoise Greta Thunberg, égérie du combat pour le climat, a elle-même posté les images sur Twitter: «Regardez cette vidéo et demandez-vous; qui défend qui ?» Sur Instagram, l'actrice Marion Cotillard a de son côté demandé au gouvernement: «pouvez-vous m'expliquer ces images ? #insoutenables».

Pour L'Humanité, les forces de l'ordre ont agi «dans l'irrespect le plus total des règles de maintien de l'ordre», qui interdisent notamment d'utiliser les gaz «sur des personnes (...) au sol».

«Les jets doivent être brefs, d'une seconde maximum, non répétés et lancés à plus d'un mètre de la cible». Or, «c'est à bout portant que le gaz était envoyé», affirme lundi le quotidien de gauche, ironisant, comme beaucoup d'internautes: «les policiers semblent confondre cette arme avec des brumisateurs rafraîchissants».

Selon Flora, une militante, les forces de l'ordre «ont opté pour une stratégie du gazage à 20 cm du visage» après le retour de premiers bloqueurs évacués. «On était sur un lieu non déclaré, c'est le principe de la désobéissance civile», a-t-elle souligné auprès de l'AFP.

«Mauvais signaux»

Face à la polémique montant sur les réseaux sociaux, le ministère de l'intérieur a indiqué dimanche que des éclaircissements avaient été demandés au préfet de police «sur les modalités de gestion de cette opération de maintien de l'ordre».

Loin d'être suffisant pour les socialistes: «le gouvernement aurait dû s'excuser, il aurait dû dire 'c'est insupportable'. On ne peut pas avoir dans ce pays des forces de l'ordre qui se mettent à gazer à bout portant des manifestants pacifiques, assis», qui sont «20, 30, 40» et «ne sont pas des casseurs», a lancé le premier secrétaire du PS, Olivier Faure. «Scandaleux», «indigne»: même son de cloche chez les écologistes comme le député européen Yannick Jadot.

Au sein même de la majorité présidentielle, certains n'ont pas caché leur consternation. «Quand j'ai vu ces images, j'ai été assez choquée comme tout le monde car on envoie du gaz lacrymogène très près des yeux des gens», a ainsi commenté la députée Barbara Pompili (ex-écologiste, aujourd'hui membre du parti LREM).

Des gilets jaunes à Greenpeace

Cette nouvelle polémique intervient alors que les forces de l'ordre sont déjà accusées d'avoir fait un usage excessif de la force durant les manifestations des «gilets jaunes» l'hiver dernier, dont 23 personnes sont sorties éborgnées et cinq avec la perte d'une main, selon les associations.

Par ailleurs, lundi, des activistes de Greenpeace qui occupaient depuis vendredi des grues dans le port de Sète pour empêcher le débarquement de soja lié selon eux à la déforestation, ont été délogés par des dockers tandis que, selon Greenpeace, les policiers «restaient spectateurs».

«Alors que la France suffoque sous les effets de la canicule, ce week-end a envoyé de très mauvais signaux en matière de lutte contre le changement climatique», a lancé Suzanne Dalle, une responsable de Greenpeace France, citant en outre la signature de l'accord de libre-échange entre l'UE et le Mercosur. (ats/nxp)

Créé: 01.07.2019, 18h26

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