L'UE s'accorde sur la répartition des migrants

Crise migratoireLa République tchèque, la Slovaquie, la Roumanie et la Hongrie ont voté contre ce plan.

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Les Etats membres de l'Union européenne ont adopté mardi au forceps une répartition de 120'000 réfugiés. Mais le vote a consacré la fracture avec plusieurs pays de l'Est hostiles à ce mécanisme de solidarité entre Européens, face à une crise migratoire de grande envergure.

La conclusion de cet accord est un soulagement pour les chefs d'Etat et de gouvernement qui se réuniront en sommet mercredi soir à Bruxelles. «Nous avons réussi à trouver cet accord», s'est félicité le ministre des Affaires étrangères du Luxembourg Jean Asselborn, maître d'oeuvre des négociations, tout en regrettant de n'être pas parvenu à un consensus.

Même si la «relocalisation» de 120'000 réfugiés a été votée par une large majorité des ministres de l'Intérieur réunis à Bruxelles, après seulement trois heures de tractations, la Hongrie, la Roumanie, la République tchèque et la Slovaquie ont jusqu'au bout campé sur un refus catégorique.

La mesure d'urgence proposée par la Commission européenne concerne 120'000 réfugiés syriens, irakiens et érythréens arrivés au plus tard il y a un mois en Grèce et en Italie. Elle prévoit leur «relocalisation» dans les 28 pays membres de l'Union en fonction d'une clé de répartition calculée notamment en fonction du PIB, dans les deux années à venir.

Refus du «diktat»

Faute de consensus, la mesure a été à titre exceptionnel votée à la majorité qualifiée. Elle s'impose juridiquement à tous les Etats membres de l'UE, y compris à ceux qui ont voté contre.

«Je n'ai aucun doute qu'ils mettront en oeuvre (la décision) pleinement», a affirmé le ministre luxembourgeois. Toutefois, à Bratislava, le Premier ministre slovaque Robert Fico a aussitôt fustigé le «diktat» de l'UE, disant préférer «transgresser les règles européennes» que d'accepter des quotas.

Autre modification apportée au plan initial de la Commission: les réfugiés à «relocaliser» ne viendront que d'Italie et de Grèce, les Etats membres prenant acte de la volonté de Budapest de ne pas être «bénéficiaire» de ce dispositif. En contrepartie, la Hongrie doit devenir un pays d'accueil et se voit attribuer des réfugiés à recevoir.

Renforcement des contrôles

L'Europe a pris ses responsabilités» envers les réfugiés, s'est félicité le président français François Hollande. «Nous ferons en sorte qu'il y ait une mise en oeuvre rapide», a assuré de son côté le commissaire à l'Immigration Dimitris Avramopoulos.

Ce dernier a insisté sur le renforcement rapide - grâce à l'ouverture en Grèce et en Italie de centres d'enregistrement (appelés «hotspots») - des contrôles aux frontières extérieures de l'UE afin de renvoyer chez eux les migrants non éligibles à l'asile.

Déjà dépassé

Le nombre de 120'000 proposé par la Commission européenne semble pourtant déjà dépassé. En effet, près d'un demi-million de migrants et réfugiés, dont environ 40% venant de Syrie, ont franchi la Méditerranée depuis le début de l'année.

Au rythme actuel de 6000 arrivées par jour, le nombre de 120'000 sera atteint en seulement 20 jours, a souligné la porte-parole du Haut-Commissariat aux réfugiés des Nations unies (HCR) à Genève. «Un programme de relocalisation ne suffira pas à stabiliser la situation à ce stade de la crise», a prévenu Melissa Fleming. Elle a demandé à l'UE de renforcer ses capacités d'accueil de manière permanente.

De son côté, le Royaume-Uni, qui ne participe pas au plan de «relocalisation», a accueilli mardi ses premiers réfugiés syriens provenant de camps se trouvant près de la frontière syrienne.

Un milliard pour la Turquie

Un accord au niveau ministériel mardi était indispensable pour que le sujet ne parasite pas le sommet européen de mercredi. Les chefs d'Etat et de gouvernement devront s'entendre sur des aides concrètes pour la Turquie, le Liban et la Jordanie, qui hébergent déjà des millions de réfugiés, ainsi que pour les onze millions de Syriens déplacés dans leur propre pays.

La Commission européenne a indiqué la semaine dernière qu'elle était prête à débloquer un milliard d'euros pour la Turquie. Cette somme est cinq fois plus élevée que celle qu'elle a versée jusqu'à présent pour venir en aide aux deux millions de réfugiés syriens dans ce pays.

En contrepartie d'une telle aide, destinée notamment à améliorer les services de santé, la Turquie doit s'engager à améliorer les conditions de vie des réfugiés, à lutter contre les réseaux de passeurs et à empêcher les départs vers la Grèce, a-t-il ajouté. (ats/nxp)

Créé: 22.09.2015, 17h54

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