L'UE prolonge ses sanctions liées à la Crimée

GéopolitiqueL'UE a prolongé d'un an ses sanctions décidées après l'annexion de la Crimée par la Russie en 2014.

Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, avait déjà douché les espoirs d'une levée rapide des sanctions.

Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, avait déjà douché les espoirs d'une levée rapide des sanctions. Image: AFP

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur?

Interdire les investissements et importations vers l'UE de produits venant de Crimée. Voici les mesures prises par l'UE après l'annexion de la Crimée par la Russie en 2014 et qui sont prolongées ce jour.

La décision de cette prolongation jusqu'au 23 juin 2017, qui était attendue, a été prise lors d'un Conseil de l'UE, réunissant des représentants des Etats membres, a indiqué le Conseil dans un communiqué. «Les mesures s'appliquent aux ressortissants de l'UE et aux entreprises établies dans l'UE. Elles sont limitées au territoire de la Crimée et de Sébastopol», écrit le Conseil.

Ces sanctions concernent notamment «l'importation de produits originaires de Crimée ou de Sébastopol dans l'UE» et «les investissements en Crimée ou à Sébastopol». Aucun Européen ni aucune société établie dans l'UE ne peut ainsi y acquérir des biens immobiliers ou y financer des sociétés.

Les services liés aux activités touristiques en Crimée ou à Sébastopol comme les navires de croisière européens «ne peuvent pas faire escale dans les ports de la péninsule de Crimée, sauf en cas d'urgence». Est également concernée «l'exportation de certains biens et technologies destinés à des sociétés de Crimée ou à être utilisés en Crimée».

L'UE a récemment rappelé qu'elle ne reconnaissait pas «l'annexion illégale de la Crimée et de Sébastopol par la Fédération de Russie».

Un froid sans précédent

Les 28 Etats membres de l'UE s'apprêtent par ailleurs à reconduire la semaine prochaine les lourdes sanctions économiques décrétées contre la Russie en raison de son implication présumée dans le conflit ukrainien, selon plusieurs diplomates.

La prolongation de ces sanctions qui ont jeté un froid sans précédent entre Bruxelles et Moscou depuis l'été 2014, pour une période de six mois, devrait être décidée mardi au niveau des ambassadeurs, puis formellement entérinée lors d'une réunion ministérielle à Luxembourg le 24 juin.

Poutine «pas rancunier»

Etonnamment, le président russe Vladimir Poutine a fait le même jour des déclarations plutôt bienveillantes envers les Européens. «Nous ne sommes pas rancuniers et nous sommes prêts à faire un pas vers nos partenaires européens», a-t-il déclaré au Forum économique international de Saint-Pétersbourg. «Mais cela ne peut être, bien entendu, à sens unique», a-t-il ajouté.

La veille, à ce même forum, le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, avait douché les espoirs d'une levée rapide des sanctions.

Mais le président russe a aussi mis en garde contre une nouvelle Guerre froide. «Si nous continuons à suivre une telle logique, en aggravant la situation et en multipliant les efforts pour se faire peur, alors à un moment ou à un autre, nous aurons la Guerre froide», a-t-il déclaré.

Renzi critique les sanctions

Dans une Russie plongée dans une profonde récession, le Forum de Saint-Pétersbourg se veut une vitrine des promesses que présente l'économie russe pour les investisseurs étrangers. Il accueillait vendredi le Premier ministre italien Matteo Renzi.

Ce dernier, venu à la tête d'une importante délégation pour signer des accords commerciaux, a souligné sa volonté de «renforcer» les liens des pays membres de l'UE, notamment de l'Italie, avec la Russie. M. Renzi est critique des sanctions européennes, qui ont contribué à plonger la Russie en récession avec l'effondrement des prix du pétrole, source de revenus vitale pour Moscou. (ats/nxp)

Créé: 17.06.2016, 19h40

Articles en relation

L'UE condamne toujours l'annexion de la Crimée

Crise en Ukraine Un an après le référendum qui a conduit au rattachement de la Crimée à la Russie, l'UE juge toujours illégale cette annexion. Plus...

Crimée: l'assemblée des Tatars interdite

Russie La péninsule, sous contrôle russe, a interdit l'assemblée de cette communauté musulmane autochtone. Plus...

L’Ukraine et la Russie se battent à coups d’embargo commercial

Conflit Moscou exclut Kiev de la zone de libre-échange de la CEI. L’Ukraine va interdire le commerce avec la Crimée Plus...

Un an après, l'euphorie n'est plus de mise en Crimée

Crise en Ukraine Dans la péninsule annexée par la Russie, les inquiétudes grandissent. Malgré les difficultés économiques, une partie de la population exprime son attachement à leur nouveau pays. Plus...

La Suisse fournit du matériel high-tech à la Russie

Matériel de guerre Malgré l'annexion de la Crimée et malgré le conflit ukrainien, la Confédération a autorisé l'exportation vers la Russie de filets de camouflage high-tech pour un montant de quelque 90 millions de francs. Plus...

Galerie photo

En images, les événements en Ukraine (mai-septembre 2014)

En images, les événements en Ukraine (mai-septembre 2014) La crise qui fait vaciller l'Ukraine depuis plusieurs mois a connu un tournant majeur avec la signature d'un cessez-le feu.

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.