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Pour l’UE, la démocratie en Russie est une chimère

L’éviction d’Alexeï Navalny, principal opposant à Poutine, confirme que le scrutin présidentiel prévu en mars est joué d’avance.

Alexeï Navalny a appelé au boycott de l’élection présidentielle alors que le pouvoir redoute déjà l’abstention.
Alexeï Navalny a appelé au boycott de l’élection présidentielle alors que le pouvoir redoute déjà l’abstention.
SERGEI FADEICHEV/TASS

Le scrutin présidentiel de mars laissait peu de place au suspense. La commission électorale russe l’a définitivement enterré en rendant inéligible Alexeï Navalny. Principal opposant à Vladimir Poutine, il avait été condamné dans le passé à une peine de prison avec sursis… pour avoir organisé des manifestations sans autorisation! Pas question, pour le maître du Kremlin, de prendre le moindre risque.

Pour l’Union européenne, la décision de la commission électorale «jette un sérieux doute sur le pluralisme politique en Russie. Nous attendons des autorités russes qu’elles assurent qu’il y ait des opportunités équitables lors des élections présidentielles». Autrement dit, la perspective d’élections démocratiques semble être une chimère.

Des critiques pas du goût de Moscou. «La non-participation d’une des personnes qui souhaitait être candidate en raison de la loi ne peut en aucun cas affecter la légitimité de l’élection», a martelé aux journalistes le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov. Mais l’Union européenne rappelle qu’Alexeï Navalny n’a pas bénéficié d’un procès équitable lors de la procédure en 2013, selon la Cour européenne des droits de l’homme.

Charismatique juriste à l’origine d’enquêtes sur la corruption des élites russes, Alexeï Navalny a appelé lundi à un boycott de l’élection présidentielle de mars prochain: «Nous annonçons une grève du vote. Nous ne reconnaissons pas les résultats de ces élections. Seul Poutine et les candidats qu’il a personnellement choisis, ceux qui ne représentent pas la moindre menace, prennent part au scrutin», a-t-il réagi devant la presse.

Désormais, la seule inconnue de l’élection réside dans la participation. Une abstention massive affaiblirait la légitimité du résultat et par là même Vladimir Poutine. «Le risque d’une participation faible est réel», estime la politologue Ekaterina Schulmann. «Ce n’est pas lié à Navalny, mais à la perte d’intérêt dans les élections au vu d’un résultat connu à l’avance.» Le régime met tout en œuvre pour contrer ce scénario: consigne donnée aux responsables de régions pour attirer les électeurs, soutien de l’Église orthodoxe… Alexeï Navalny veut toutefois croire à l’échec de cette stratégie: «Une quantité énorme de gens vont boycotter l’élection et je suis sûr que personne ne reconnaîtra ce processus électoral.»

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