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Les deux principaux partis crient victoire

La formation de Nabil Karoui et le parti islamiste Ennahdha se disputent les résultats des élections législatives tunisiennes de dimanche.

L'affluence était faible dimanche matin dans les bureaux de vote tunisiens.
L'affluence était faible dimanche matin dans les bureaux de vote tunisiens.
AFP

Deux partis rivaux, Ennahdha et la formation du finaliste à la présidentielle incarcéré Nabil Karoui, ont tous deux assuré être arrivés en tête des législatives dimanche en Tunisie. Le scrutin devrait déboucher sur un Parlement fragmenté en de nombreux petits blocs.

Deux sondages publiés par des instituts tunisiens ont néanmoins estimé que le parti d'inspiration islamiste Ennahdha avait gagné le plus grand nombre de sièges, 40 sur 217, contre 33 à 35 pour le parti de Nabil Karoui. Les deux formations, qui ont revendiqué leur victoire sans donner de chiffre, avaient exclu toute alliance durant la campagne.

Les résultats préliminaires sont attendus mercredi, a indiqué l'instance en charge des élections (ISIE). Si ces sondages se confirment, Ennahdha a encore perdu du terrain. La nouvelle assemblée s'annonce en outre morcelée entre des partis hétéroclites peu enclins à négocier après une campagne à couteaux tirés.

Quel que soit le gagnant, il lui sera difficile de rassembler une majorité, contrairement à 2014, lorsque le Parlement s'était retrouvé partagé entre un parti présenté comme séculariste, Nidda Tounes, et Ennahdha, qui détenaient à eux deux une large majorité et s'étaient rapidement alliés.

Participation «acceptable»

La participation n'a atteint que 41,3%, selon l'ISIE, bien en deçà des 68% de 2014. «Ce taux est acceptable. On aurait aimé qu'il soit meilleur, mais c'est le choix du peuple tunisien», a estimé le président de l'ISIE.

Ce faible engouement pour les troisièmes législatives depuis la chute de la dictature en 2011 s'explique par le rejet des élites actuelles déjà exprimé au premier tour de la présidentielle le 15 septembre, mais aussi par le calendrier électoral.

En raison du décès du président Béji Caïd Essebsi en juillet, ce scrutin législatif a en effet eu lieu entre les deux tours d'une présidentielle anticipée qui a porté deux candidats de rupture au second tour.

Kais Saied, un juriste sans structure partisane, sera en effet opposé dimanche 13 octobre à Nabil Karoui, homme d'affaires controversé à la tête de Qalb Tounes («Coeur de la Tunisie»).

Sous le coup d'une enquête depuis 2017 pour blanchiment et fraude fiscale, ce dernier est en détention depuis la fin août. Déplorant une instrumentalisation de la justice, ses partisans ont réclamé un report du second tour de la présidentielle.

Novices

Kais Saied, arrivé en tête du premier tour, n'a donné aucune consigne pour les législatives. Mais Ennahdha lui a apporté un soutien franc, en se présentant comme le parti susceptible de porter le programme de Kais Saied au Parlement, espérant ainsi reconquérir des bases. Le score de son chef Rached Ghannouchi, candidat pour la première fois, sera scruté.

De nombreux novices devraient arriver au Parlement, une institution clé pour répondre aux principales inquiétudes des Tunisiens: une inflation continue, un chômage élevé et des services publics ne répondant plus aux attentes.

Parmi les nouveaux venus, le mouvement Karama de l'avocat islamiste populiste Seifeddine Makhlouf, qui compte parmi ses têtes de liste Imed Dghij, ancien cadre d'un groupe violent proche des islamistes, qui avait écopé de trois mois de prison en 2014.

Le parti arrivé en tête disposera de deux mois pour dégager une majorité de 109 voix au Parlement afin de former un gouvernement, le futur président tunisien n'intervenant qu'en cas de blocage au terme de cette période. «Les négociations prendront probablement des semaines», juge l'analyste politique Youssef Cherif, en évoquant le risque d'un nouveau scrutin si les députés ne parviennent pas à se mettre d'accord.

(AFP)

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