Trump veut une «barrière en acier» à la frontière

Etats-UnisLe président américain s'est adressé à la nation mardi soir pour réclamer 5,7 milliards de dollars pour financer une barrière à la frontière.

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Le président américain Donald Trump a tenté mardi, d'un ton grave, de rallier les Américains à son projet de mur à la frontière avec le Mexique, mettant en avant ce qu'il a appelé une «crise humanitaire». Il n'a toutefois fait aucune concession aux démocrates.

Lors d'une allocution solennelle de neuf minutes du bureau ovale de la Maison-Blanche, le 45e président des Etats-Unis a tenté de se poser en rassembleur, renonçant à lancer une procédure d'urgence exceptionnelle qui aurait mis le feu aux poudres.

Au 18e jour d'un «shutdown» qui paralyse partiellement les administrations fédérales, il a repris les arguments qu'il assène depuis des semaines par tweets interposés, mais sur un ton qui se voulait plus présidentiel.

«Ce soir, je vous parle, car nous assistons à une crise humanitaire et sécuritaire grandissante à la frontière sud», a-t-il lancé. Il a une nouvelle fois réclamé 5,7 milliards de dollars pour «une barrière en acier plutôt qu'un mur en béton». Promesse emblématique de sa campagne, le mur est à ce jour resté lettre morte, les démocrates refusant de débloquer des fonds pour ce qu'ils qualifient de solution «médiévale».

Américains pris «en otages»

Les démocrates, opposés au financement de ce mur qu'ils jugent «immoral», coûteux et inefficace, ont immédiatement dénoncé l'absence de main tendue du président. Ils l'ont une nouvelle fois exhorté à «rouvrir le gouvernement».

«Le président Trump doit cesser de prendre les Américains en otages, doit cesser de créer de toutes pièces une crise» migratoire et humanitaire à la frontière, a lancé la présidente de la chambre des représentants, Nancy Pelosi.

Donald Trump a cependant affirmé dans sa première allocution à la nation avoir fait une concession aux démocrates en optant finalement pour «une barrière en acier plutôt que d'un mur en béton».

Après 24 heures d'intenses spéculations à Washington, M. Trump n'a finalement pas annoncé le recours au «National Emergencies Act» qui lui aurait permis de contourner le congrès et de s'appuyer sur l'armée pour construire l'édifice. Mais il a mis en avant la nécessité, impérieuse selon lui, de mener à bien son projet.

«Au fil des ans, des milliers d'Américains ont été brutalement tués par ceux qui sont entrés illégalement dans notre pays et des milliers d'autres vies seront perdues si nous n'agissons pas tout de suite», a-t-il lancé.

Le shutdown se prolonge

«Notre frontière sud est la porte d'entrée de vastes quantités de drogue, dont méthamphétamine, héroïne, cocaïne et fentanyl», a également dénoncé le républicain, rejetant une fois de plus la responsabilité du «shutdown» sur les démocrates, qui selon lui «refusent de financer la sécurité aux frontières».

Les négociations budgétaires sont au point mort. Depuis plus de deux semaines, quelque 800'000 fonctionnaires fédéraux sont contraints soit de rester chez eux, soit de devoir attendre la fin du blocage pour être payés.

Durant la campagne et depuis son arrivée au pouvoir il y a deux ans, le président a envoyé des messages très différents - et parfois contradictoires - sur la longueur et la nature exacte du mur qu'il espérait.

Depuis quelque temps, il émet l'idée d'un mur fait de barres verticales en acier et non en béton dans l'espoir de rendre le projet plus acceptable pour les démocrates. Mais ces derniers n'ont pas du tout été sensibles à l'argument.

Mercredi, Donald Trump participera à un déjeuner au congrès avec les sénateurs républicains. Jeudi, il se rendra à la frontière sud «pour rencontrer ceux qui sont en première ligne» de ce qu'il appelle une «crise de sécurité nationale».En mars 2018, il s'était rendu à San Diego, près de la frontière avec le Mexique, pour examiner lors d'une visite savamment mise en scène des prototypes de mur. (ats/nxp)

Créé: 09.01.2019, 03h46

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