Trump le va-t-en-guerre agace l’Amérique latine

Mike Pence a dû entamer sa tournée latino-américaine en rectifiant l’idée que les Etats-Unis pourraient intervenir au Venezuela.

Donald Trump

Donald Trump Image: Keystone

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Est-ce le grand air qui le motive? Depuis qu’il est en vacances dans son golf de Bedminster, dans le New Jersey, Donald Trump semble particulièrement inspiré dans ses déclarations «va-t-en-guerre». Après avoir promis le «feu» et la «colère» à la Corée du Nord, il lançait vendredi qu’une «option militaire» n’était pas à écarter pour régler la grave crise politique que connaît le Venezuela. Une déclaration qui intervenait quelques heures avant que le vice-président américain, Mike Pence, n’entame une tournée en Amérique latine.

Dimanche, en Colombie, c’est donc en mode rétropédalage que Mike Pence a rencontré le président Juan Manuel Santos. Le président Trump «a confiance dans le fait qu’en travaillant avec nos alliés en Amérique latine, nous pourrons parvenir à une solution pacifique de la crise que vit le peuple vénézuélien», a déclaré le vice-président américain au cours d’une conférence de presse conjointe à Carthagène. Il a précisé que les Etats-Unis allaient continuer à employer leur «pouvoir politique et économique» contre le gouvernement du président Nicolás Maduro.

De son côté, le président colombien n’a pas manqué de faire allusion aux souvenirs douloureux que représente l’interventionnisme américain dans l’histoire de l’Amérique latine. «J’ai dit au vice-président Pence que la possibilité d’une intervention militaire ne doit pas être envisagée», a-t-il déclaré. «Les fantômes des interventions militaires en Amérique latine ont disparu depuis longtemps et personne n’a envie de leur retour. Ni la Colombie ni l’Amérique latine – depuis le sud du Rio Grande jusqu’à la Patagonie – ne pourraient être d’accord avec une telle intervention.»

De nombreux gouvernements de la région, dont ceux à qui Mike Pence doit rendre visite ces prochains jours (Chili, Argentine, Panama), ont réagi aux propos de Donald Trump. Et ce, avec plus ou moins de solennité. La Bolivie d’Evo Morales a fait savoir que «la malheureuse, lâche et belliciste menace de Monsieur Donald Trump contre la République bolivarienne du Venezuela représente le plus important acte d’hostilité commis par l’empire états-unien dans l’histoire des relations entre les deux pays». Et que, si elle se concrétisait, elle impliquerait «une crise d’ampleur historique pour toute la région de l’Amérique latine et des Caraïbes».

Créé: 14.08.2017, 18h17

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