Trump tente d’innocenter Donald Junior

Etats-UnisDonald Trump a pris mercredi la défense de son fils aîné à son tour embourbé dans le Kremlingate, dommageable pour la Maison-Blanche.

Donald Trump et son fils Donald Trump Jr.

Donald Trump et son fils Donald Trump Jr. Image: Reuters

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Donald Trump a dénoncé la «chasse aux sorcières» dont son fils Donald Trump Jr est la victime, selon lui. «Mon fils a fait du bon travail hier soir», a tweeté mercredi le président des Etats-Unis en faisant référence à l’interview accordée la veille par Donald Trump Jr à Fox News. «Il était ouvert, transparent et innocent». Au cours de cet entretien, Donald Trump Jr a utilisé les questions complaisantes de Sean Hannity, un animateur qui ne cache pas son admiration pour la famille Trump, pour tenter de justifier sa décision de rencontrer, le 9 juin 2016, Natalia Veselnitskaya. Cette femme décrite comme une «avocate du gouvernement russe» - dans une série d’e-mails de Donald Trump Jr publiés mardi sur Twitter - devait lui remettre des informations compromettantes sur Hillary Clinton, l’adversaire démocrate de son père pour la Maison-Blanche.

Donald Trump Jr a assuré mardi que cette rencontre avait été une «perte de temps». Le timing de la réunion devrait néanmoins intéresser les enquêteurs dirigés par le procureur spécial Robert Mueller, selon Randall Eliasson, un ancien procureur fédéral. Car moins d’une semaine plus tard Guccifer 2.0, un pseudo utilisé par des pirates informatiques russes selon les services secrets américains, publiait des premières fuites visant le parti démocrate et Hillary Clinton. «Le fait que le fils de Donald Trump soit désormais touché par le scandale montre que cette affaire se rapproche du président des Etats-Unis», analyse David Dewberry, un professeur à l’Université de Rider qui a écrit un livre sur les scandales politiques aux Etats-Unis. Les médias américains décrivent désormais le «chaos» et la «rancœur» qui règnent à la Maison-Blanche.

Pour Randall Eliason, la correspondance de Donald Trump pour préparer sa rencontre avec Natalia Vesenlitskaya, offre de «nombreuses briques au mur de preuves qu’est en train de construire» Robert Mueller dans son enquête sur l’ingérence russe dans l’élection présidentielle de 2016. «Ces emails révèlent l’état d’esprit du fils aîné du président quand on lui a proposé des informations provenant d’un pays hostile aux intérêts américains et pouvant nuire à Hillary Clinton», ajoute-t-il avant de préciser que les enquêteurs vont désormais chercher à prouver si le clan Trump a agi de concert avec Moscou. «Une loi électorale américaine interdit la coopération avec des ressortissants étrangers», ajoute l’ancien procureur.

Jared Kushner, le beau-frère de Donald Trump Jr, qui a aussi participé à la réunion du 9 juin 2016, a aussi beaucoup à perdre. Le conseiller de Donald Trump à la Maison-Blanche avait omis de mentionner cette rencontre sur les documents officiels pour obtenir accès aux secrets d’Etat, alors qu’il en avait l’obligation. Des voix se sont élevées dans l’opposition démocrate pour demander que cette autorisation soit révoquée. «Mais il est encore tôt, car l’enquête doit pouvoir prouver que Jared Kushner a agi avec préméditation», précise Randall Eliason.

Le clan Trump doit aussi se défendre contre des accusations d’obstruction à la justice. Selon Randall Eliason, il est néanmoins peu probable que le président des Etats-Unis fasse un jour l’objet de poursuites pénales. «Il reste néanmoins exposé à une procédure de destitution, conclut l’ancien procureur, mais celle-ci ne peut être initiée que par la majorité républicaine au Congrès, jusqu’ici réticente à le lâcher».

Créé: 12.07.2017, 21h43

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