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Nucléaire nord-coréenSommet Trump-Kim: J-1 «excitation dans l'air»

Les leaders américain et nord-coréen abordent avec optimisme leur rencontre sur la dénucléarisation de la péninsule, prévue mardi à Singapour.

Le président Trump à son arrivée à Singapour. (dimanche 10 juin 2018)

Les regards du monde entier sont tournés vers Singapour avec une même interrogation: le président américain, 71 ans, qui a accepté à la surprise générale de rencontrer l'héritier de la dynastie des Kim, de plus de trente ans son cadet, réussira-t-il là où tous ses prédécesseurs ont échoué ?

«Heureux d'être à Singapour, excitation dans l'air !», a tweeté le président qui sort d'un G7 au Canada qui a tourné au fiasco après sa spectaculaire volte-face qui a provoqué de très vives tensions avec les alliés historiques des Etats-Unis.

«Je pense que cela va très bien se passer», a-t-il ajouté peu après, à l'occasion d'un déjeuner de travail avec le Premier ministre singapourien Lee Hsien Loong.

Le tête-à-tête entre les deux hommes, absolument inimaginable il y a quelques mois lorsqu'ils étaient engagés dans une surenchère verbale faisant craindre le pire, est prévu mardi matin dans un hôtel de luxe de la cité-Etat asiatique.

«Garanties de sécurité uniques»

A J-1, l'équipe Trump s'est employée à donner une image encourageante des négociations sur lesquelles la partie nord-coréenne est restée absolument muette. Personnage central de ce dialogue, le chef de diplomatie américaine Mike Pompeo, qui a rencontré Kim Jong Un à deux reprises, a assuré que les discussions avaient progressé «rapidement» au cours des dernières heures.

«Je suis très optimiste quant aux chances de réussite», a-t-il lancé lors d'une conférence de presse.

Avare en détails, il a simplement souligné que les Etats-Unis étaient prêts, en échange de sa dénucléarisation «complète, vérifiable et irréversible», à apporter à la Corée du Nord des «garanties de sécurité uniques, différentes» de celles proposées jusqu'ici. Le sommet, qui offre une visibilité internationale au leader d'un régime cloîtré et dont les déplacements à l'étranger se comptent sur les doigts d'une main, est déjà vu comme une concession de taille de la part des Etats-Unis.

«Cela fait 25 ans que la Corée du Nord essaie d'obtenir une rencontre avec un président américain en exercice», explique à l'AFP Boris Toucas, chercheur invité au Center for Strategic and International Studies à Washington.

Dénucléarisation en vue

En jeu, les ambitions atomiques de Pyongyang, sous le coup de sanctions internationales draconiennes. «Nous restons déterminés à parvenir à la dénucléarisation complète, vérifiable et irréversible de la péninsule coréenne», a affirmé lundi le secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo, dans un tweet accompagné d'une photo d'une réunion de travail matinale de la délégation américaine.

Dans un compte-rendu du déplacement de l'homme fort de Pyongyang, l'agence nord-coréenne KCNA a évoqué l'avènement d'une «ère nouvelle», confirmant que la dénucléarisation mais aussi «un mécanisme de maintien de la paix permanent et durable dans la péninsule coréenne» seraient au menu du sommet. Mais l'exigence américaine bute depuis des années sur la résistance opiniâtre des Nord-Coréens.

En 1994 puis en 2005, des accords avaient été conclus mais aucun d'entre eux n'a jamais été réellement appliqué, et la Corée du Nord a multiplié depuis 2006 les essais nucléaires et balistiques, jusqu'à la dangereuse escalade de l'an dernier.

Nouveaux protagonistes

En rencontrant Kim, Trump mise sur son instinct et ses talents autoproclamés de négociateur hors pair. Mais alors que son administration laissait miroiter un accord historique le 12 juin, elle s'est dernièrement évertuée à faire retomber les attentes, évoquant le début d'un «processus» inédit.

Les protagonistes sont certes nouveaux, y compris le président sud-coréen Moon Jae-in, très investi dans un rapprochement avec le Nord. Mais les ingrédients d'un éventuel accord sont, à de nombreux égards, les mêmes que par le passé: une dénucléarisation progressive en échange d'un soutien économique, de garanties de sécurité pour le régime reclus et d'un traité de paix mettant formellement fin à la guerre de Corée (1950-53).

«Trump a simplement offert ces rencontres aux Nord-Coréens sans obtenir aucune avancée», déplore l'expert Jeffrey Lewis dans Foreign Policy. «Il paraît évident depuis le début que la Corée du Nord n'a pas l'intention d'abandonner son arsenal nucléaire.»

Alors que l'homme d'affaires républicain a assuré ne pas avoir vraiment besoin de se préparer pour le sommet, son équipe tente de donner l'image d'un président concentré et studieux à J-1. Mais il a consacré sa salve de tweets matinale aux fortes tensions avec l'Europe et le Canada à l'issue d'un G7 qui a viré au fiasco, sur fond de guerre commerciale entre Washington et ses alliés.

AFP

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