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Etats-UnisTrump affiche son soutien au candidat controversé

Le président américain a clairement plaidé lundi en faveur de Roy Moore pour la sénatoriale dans l'Alabama. Celui-ci est accusé d'agression sexuelle sur mineures.

Quatre femmes ont raconté avoir été agressées par Roy Moore.
Quatre femmes ont raconté avoir été agressées par Roy Moore.
AFP

Le président américain Donald Trump a dissipé toute ambiguïté lundi et apporté un soutien clair au controversé candidat républicain au Sénat dans l'Alabama, Roy Moore, accusé par des femmes d'agressions sexuelles lorsqu'elles étaient mineures, il y plusieurs décennies.

Le dirigeant a longtemps tergiversé dans cette affaire qui défraie la chronique depuis près d'un mois aux Etats-Unis et déchire le parti républicain.

Son soutien était d'abord en creux: il disait aux électeurs qu'élire un démocrate, lors de la sénatoriale du 12 décembre, serait catastrophique. Puis il a déclaré croire les dénégations de Roy Moore. Et enfin, sur Twitter et lors d'un coup de fil entre les deux hommes lundi, le soutien officiel a été scellé.

«Les démocrates qui refusent de donner ne serait-ce qu'une voix pour une réduction d'impôts massive sont la raison pour laquelle nous avons besoin que le républicain Roy Moore gagne en Alabama», a-t-il tweeté.

Roy Moore, héros de la droite religieuse et ancien haut magistrat de l'Alabama, a reçu le coup de fil présidentiel alors que le dirigeant était à bord d'Air Force One. Il a immédiatement claironné cet appui, racontant dans un communiqué que Donald Trump l'avait qualifié de «battant» et l'avait encouragé en lui lançant: «tu les auras, Roy!»

«C'est un honneur de recevoir le soutien et la voix du président Donald Trump», a déclaré le candidat de 70 ans. «Le président Trump sait que l'avenir de son programme conservateur au Congrès dépend de cette élection. J'ai hâte de me mettre au travail à ses côtés».

Inextricable

Jusqu'ici, ile président avait opté pour des formulations plus alambiquées, se limitant surtout à attaquer son adversaire démocrate.

«Il dit que cela ne s'est pas passé. Et, vous savez, il faut aussi l'écouter», avait-il déjà expliqué fin novembre. «La dernière chose dont nous avons besoin en Alabama et au Sénat est une marionnette de (Chuck) Schumer et de (Nancy) Pelosi», avait-il également tweeté, en référence aux chefs de l'opposition démocrate au Sénat et à la Chambre des représentants.

Mais désormais, le parti républicain se retrouve donc dans une situation inextricable: les chefs du Congrès et la quasi-totalité des sénateurs républicains ont appelé Roy Moore à se désister, en vain; mais le président, qui est traditionnellement considéré comme le chef du parti, souhaite sa victoire.

Or Roy Moore a promis de faire la guerre au chef actuel du Sénat, Mitch McConnell... qui lui-même est chargé d'orchestrer les réformes voulues par l'occupant de la Maison Blanche.

Autre fait notable, le milliardaire organise un meeting vendredi soir à Pensacola, en Floride... à une vingtaine de kilomètres de la frontière avec l'Alabama. Une occasion de s'adresser directement aux électeurs de l'Etat voisin, s'il le souhaitait.

«Perdre notre honneur»

L'élection sénatoriale de l'Alabama est très suivie aux Etats-Unis car la majorité républicaine du Sénat risque de passer de 52 à 51 sièges sur 100, en cas de défaite de Roy Moore, ce qui réduirait au minimum sa marge de manoeuvre déjà mince. Sans compter que l'élection d'un démocrate dans cet Etat conservateur serait un événement en soi.

Le scrutin est également vu comme un test moral pour l'électorat conservateur. Les républicains adouberont-ils un homme qui recherchait activement la compagnie d'adolescentes, dont certaines l'accusent de gestes déplacés ou d'agressions sexuelles? L'une d'elles était âgée de 14 ans au moment des faits, à la fin des années 1970, lorsqu'il était un procureur trentenaire.

Au niveau local, ses partisans ont choisi de dénoncer une cabale médiatique et de contester le témoignage des femmes.

Mais au niveau national, les républicains sont horrifiés à l'idée de passer pour le parti qui défend les agresseurs de femmes, alors que le monde de la politique est comme Hollywood et les médias en plein examen de conscience sur le harcèlement sexuel. Ivanka Trump, la fille du président américain, avait elle-même déclaré que «les prédateurs d'enfants ont leur place réservée en enfer», s'en remettant peut-être à une justice divine.

En tout cas Donald Trump a tranché, calculant que la perte d'un siège au Sénat lui coûterait plus cher.

Un calcul dénoncé notamment par Mitt Romney, ancien candidat à la présidentielle. «L'arrivée de Roy Moore au Sénat serait une tache sur le parti républicain et le pays», a-t-il écrit sur Twitter. «Aucune voix, aucune majorité ne vaut de perdre notre honneur et notre intégrité».

Dans les sondages, l'avance de Roy Moore a en tout cas fondu et l'issue du scrutin est incertaine.

La moyenne des dernières enquêtes lui donnent 2,6 points d'avance sur Doug Jones, le candidat démocrate, selon le site RealClearPolitics. Dans certaines études, celui-ci devance d'un cheveu le républicain, notamment celle réalisée par le Washington Post, qui donne 50% d'intentions de vote à Doug Jones contre 47% pour Roy Moore.

ats

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