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CanadaTrudeau veut protéger les langues des autochtones

Le gouvernement canadien veut rédiger une loi en concertation avec les peuples indigènes.

Justin Trudeau, premier ministre canadien, le 17 novembre 2016.
Justin Trudeau, premier ministre canadien, le 17 novembre 2016.
AFP

Le Canada veut protéger les langues des autochtones et fournir davantage de moyens aux écoles amérindiennes, a assuré mardi Justin Trudeau. Il s'exprimait à la suite de la publication d'un rapport du Parlement pointant le manque de financement du gouvernement fédéral.

Le deuxième plus vaste pays de la planète compte au moins 58 langues autochtones. Ses seules langues officielles sont toutefois le français et l'anglais depuis l'adoption d'une loi en ce sens en 1969.

A l'ouverture mardi de l'Assemblée annuelle des Premières nations autochtones, le chef de cette organisation Perry Bellegarde a appelé Ottawa à une revitalisation de ces langues, dont la plupart sont en voie de disparition.

En concertation avec les peuples

«Je m'engage à ce que notre gouvernement promulgue une loi sur les langues autochtones, écrite en concertation avec les peuples indigènes, afin d'assurer la protection et la revitalisation des langues des Premières nations et des métis de ce pays», a lancé quelques heures plus tard à la tribune de l'Assemblée le Premier ministre Justin Trudeau.

Le dirigeant libéral n'a toutefois pas précisé si les langues des Amérindiens, Inuits et Métis, qui représentent 4,3% de la population canadienne, auraient le même statut officiel que le français et l'anglais, langues des ex-puissances coloniales.

Mea-culpa

Justin Trudeau a ensuite fait le mea-culpa du gouvernement fédéral sur l'éducation: «Nous devons faire un meilleur travail pour améliorer l'enseignement et les débouchés pour les élèves autochtones».

Les jeunes autochtones forment le contingent d'élèves connaissant la plus forte croissance démographique du Canada, et pourtant leurs écoles souffrent d'un déficit de financement de la part du gouvernement fédéral. Et ce surtout dans les régions nordiques éloignées, selon un rapport du Parlement canadien publié mardi.

Responsable du financement des 500 écoles administrées par les autochtones au Canada, le gouvernement canadien a limité l'augmentation des fonds alloués à 2% par année de 1996 à 2016, rappelle ce rapport du Directeur parlementaire du budget.

Or ces douze dernières années, cette croissance des dépenses n'a pas été à la hauteur de celles faites par les gouvernements des provinces, qui financent pratiquement toutes les autres écoles au pays.

Sous-estimation

Cette année, le gouvernement canadien a prévu d'investir 287 millions de dollars canadiens dans les programmes d'éducation pour les autochtones, soit environ 336 à 665 millions de dollars de moins que si ces derniers avaient été financés par les provinces, souligne le rapport.

L'écart découle du fait que les mécanismes de financement du gouvernement canadien sous-estiment les coûts d'administration des écoles autochtones situées dans des régions nordiques éloignées, où les élèves sont souvent peu nombreux.

Ces écoles, précise le rapport, doivent faire face à des coûts plus élevés en raison d'un plus grand nombre d'élèves «défavorisés sur le plan socio-économique» et de leurs engagements «à dispenser un enseignement adapté sur le plan culturel dans les langues autochtones». De plus, «la proportion d'enfants ayant besoin d'une éducation spécialisée est également plus élevée».

Par effet de distorsion, le sous-financement fédéral favorise les élèves autochtones fréquentant des écoles provinciales plutôt que celles de leur communauté, soit environ le tiers des 110'000 élèves autochtones.

Nouveaux établissements

L'engagement du gouvernement de Justin Trudeau à investir 2,6 milliards de dollars dans l'éducation autochtone d'ici cinq ans pourrait cependant commencer à régler le déficit de financement, souligne le rapport. «C'est par l'éducation que nous sortirons de la pauvreté», a rappelé le chef de l'Assemblée des Premières nations autochtones, Perry Bellegarde.

Convaincu qu'une «nouvelle relation de nations à nations» peut être établie par son gouvernement libéral, Justin Trudeau s'est félicité que 31 nouveaux établissements scolaires soient en cours de construction sur des réserves et que le Manitoba soit sur le point de créer une autorité scolaire autochtone avec les Premières nations de cette province du centre du pays.

ats

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