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Trois candidats œuvrent au désarmement atomique

Les négociateurs de l'accord nucléaire iranien à Genève, l'ONG Campagne internationale pour l'abolition des armes nucléaires et le président kazakh Noursoultan Nazarbaïev sont sur la liste des nobelisables.

John Kerry et Mohamad Zarif lors des négociations sur le nucléaire iranien à Genève en janvier 2015 (archives).
John Kerry et Mohamad Zarif lors des négociations sur le nucléaire iranien à Genève en janvier 2015 (archives).
Keystone

Distinction L’attribution du Nobel de la Paix ce vendredi résonnera cette année encore dans un monde en guerre. Si on ne connaît pas l’ensemble des 318 candidatures enregistrées et gardées secrètes par le comité norvégien, certaines ont été rendues publiques par leurs parrains officiels. Celles qui font écho à l’actualité présentent parfois un avantage dans la course au prix. Ce fut le cas, l’an dernier, du président colombien, Juan Manuel Santos, qui venait de conclure un accord de paix avec les FARC.

Cette année, les négociateurs de l’accord nucléaire iranien, l’Américain John Kerry, l’Iranien Mohamad Zarif et l’Européenne Federica Mogherini sont de bons candidats. Ce choix rejaillirait un peu sur Genève, qui fut le principal site de ces longs pourparlers. Cette récompense viendrait en outre au secours d’un accord que le président américain Donald Trump a dit vouloir dénoncer, lors de son discours à la tribune de l’assemblée générale de l’ONU en septembre.

L’autre favori porté par l’actualité est l’ONG Campagne internationale pour l’abolition des armes nucléaires, qui a fait voter par 122 pays, en juillet dernier à l’ONU, une interdiction des armes nucléaires, certes symbolique, mais porteuse d’espoir. Les tensions entre la Corée du Nord, détentrice de la bombe et la première puissance nucléaire du globe, les Etats-Unis, pourraient aussi amener le Comité à faire ce choix.

Nazarbaïev candidat

Dans la courte liste publiée par le «Nobel prize watch» de l’ONG suédoise Lay Down your Arms Association, recensant les candidats connus, on trouve aussi le président kazakh Noursoultan Nazarbaïev, soutenu par Alyn Ware, le directeur néo-zélandais de l’Office de paix de Bâle. Le dictateur a conduit en 1991 le désarmement nucléaire de son pays, qui détenait en héritage de l’Union soviétique le 4e arsenal atomique du monde. Une fondation qui porte son nom a aussi initié l’Atom Project, une pétition internationale demandant l’interdiction de l’arme atomique. Mais si Nazarbaïev était désigné, nul doute qu’il ferait polémique.

En annonçant ce vendredi le lauréat de son Prix pour la Paix, le comité Nobel n’a pas le droit à ce genre d’erreur. L’année 2017 a en effet été noire pour l'institution norvégienne. Aung San Suu Kyi, récompensée en 1991 pour «sa lutte non violente pour la démocratie et les droits de l’homme», a déçu et choqué en soutenant la violente répression de l’armée birmane, qui a déjà provoqué l’exil de 410 000 Rohingyas, cette année.

La mort du prisonnier Liu Xiaobo, défenseur des droits humains nobelisé en 2010, deux semaines après sa cynique libération par Pékin en juillet dernier, a aussi montré que ce prestigieux prix ne suffisait pas à protéger son lauréat. Cette année, le lauréat du comité devra donc être irréprochable. A moins d’affaiblir un peu plus un comité qui a dérouté l’opinion à plusieurs reprises. En 2009 avec Obama, chef de guerre en Irak et en Afghanistan, ou avec l’UE en 2012. Olivier Bot

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