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BagdadTéhéran s’immisce dans les négociations irakiennes

Avant même que le parlement irakien n'accepte la démission du premier ministre, les partis débattent de sa succession. Le général iranien Soleimani a aussi rejoint les négociations.

Des émissaires iraniens et libanais négocient mardi à Bagdad une succession au gouvernement démissionnaire qui servirait les intérêts de Téhéran et de ses alliés régionaux. Les Irakiens réclament toujours, en dépit des centaines de morts, la chute du pouvoir.

Avant même que le parlement n'accepte formellement dimanche la démission du Premier ministre Adel Abdel Mahdi, les partis – de nouveau conspués dans la rue mardi avec l'Iran – ont commencé à discuter de son successeur. Comme à chaque événement majeur en Irak, une figure tutélaire a refait son apparition: le puissant général Qassem Soleimani, émissaire de Téhéran pour les affaires irakiennes.

Moustafa al-Kazimi (en bleu au centre), ex-chef du renseignement irakien, a obtenu dans la nuit de mercredi à jeudi la confiance de députés, formant un gouvernement après cinq mois de vacance.  (Mercredi 6 mai 2020)
Moustafa al-Kazimi (en bleu au centre), ex-chef du renseignement irakien, a obtenu dans la nuit de mercredi à jeudi la confiance de députés, formant un gouvernement après cinq mois de vacance. (Mercredi 6 mai 2020)
Keystone
Le Premier ministre irakien désigné Mohammed Allawi a annoncé dimanche qu'il renonçait à former un gouvernement, plongeant un peu plus dans l'inconnu son pays en crise. (1er mars 2020)
Le Premier ministre irakien désigné Mohammed Allawi a annoncé dimanche qu'il renonçait à former un gouvernement, plongeant un peu plus dans l'inconnu son pays en crise. (1er mars 2020)
AFP
Né d'appels sur les réseaux sociaux, le mouvement de contestation proteste contre la corruption, le chômage et la déliquescence des services publics dans le pays. (Vendredi 4 octobre 2019)
Né d'appels sur les réseaux sociaux, le mouvement de contestation proteste contre la corruption, le chômage et la déliquescence des services publics dans le pays. (Vendredi 4 octobre 2019)
AFP
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Et pour l'aider à préserver les acquis politiques de l'Iran – qui depuis des décennies tisse ses réseaux en Irak – il a désormais un aide de camp de poids, le dignitaire chiite Mohammed Kaoutharani, en charge du dossier irakien au sein du Hezbollah libanais et lui aussi dépêché à Bagdad, indique une source proche du pouvoir.

Le cheikh et le général

Le général Soleimani «est à Bagdad pour pousser pour un candidat en remplacement d'Abdel Mahdi», explique cette source sous le couvert de l'anonymat. «Le cheikh Kaoutharani joue également un grand rôle pour convaincre les partis chiites et sunnites» d'accepter cette personnalité, que la source a refusé de nommer alors que depuis plusieurs jours, de nombreux noms circulent dans les cercles politiques, faisant tous l'unanimité contre eux dans la rue.

Les négociations sont «très difficiles», affirme une source gouvernementale, et le gouvernement démissionnaire, en charge des affaires courantes, doit pendant ce temps gérer de nombreux dossiers toujours en suspens en Irak, comme «le budget» en discussion au parlement, «les sanctions» américaines qui visent l'Iran mais également des personnalités irakiennes, et «les manifestants tués».

Le président de la République, le Kurde Barham Saleh, qui doit formellement désigner le futur premier ministre, a été l'un des premiers à suggérer le départ de d'Abdel Mahdi. Mais aujourd'hui, le camp kurde, qui a engrangé des acquis, principalement économiques, durant les treize mois au pouvoir du chef de gouvernement démissionnaire, reste très prudent.

Dépasser les divisions internes

Les différents partis kurdes tentent pour le moment de dépasser leurs divisions internes pour former un front uni au parlement fédéral, explique le sociologue Adel Bakawan.

Pour préserver la part des revenus du pétrole qu'ils négocient âprement avec Bagdad et réclamer «des garanties que les éventuelles réformes de la Constitution ne remettent pas en cause, entre autres, l'article 140 qui évoque les zones disputées, le veto des trois provinces, le fédéralisme», poursuit ce spécialiste de l'Irak.

Face aux partis qui négocient leur part au sein de l'État, les manifestations continuent malgré un récent déchaînement de violence qui a fait grimper le bilan à plus de 420 morts et près de 20 000 blessés.

(ats)

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