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AfghanistanLa Suisse promet 104 millions

La Suisse a annoncé mercredi à Bruxelles qu'elle allait apporter sa contribution au développement socio-économique du pays.

Thomas Greminger a expliqué à quoi serait destinée l'aide financière de la Suisse. (Image d'archives)
Thomas Greminger a expliqué à quoi serait destinée l'aide financière de la Suisse. (Image d'archives)
Keystone

La communauté internationale a affiché mercredi à Bruxelles son soutien à l'Afghanistan tout en espérant la paix. Un total de 15,2 milliards de dollars (14,85 milliards de francs) d'aide a été promis au pays pour la période 2017-2020, a annoncé l'UE à l'issue d'une conférence des donateurs.

«Certains étaient sceptiques (...) Ce montant dépasse nos prédictions les plus optimistes», s'est félicitée Federica Mogherini, chef de la diplomatie européenne, au côté du président afghan Ashraf Ghani.

Le président Ghani a salué un résultat «remarquable», qui aurait été impensable selon lui il y a deux ans lors de l'installation de son gouvernement d'union nationale. «Honorer cette promesse dépend maintenant de la nation afghane. Le travail de notre côté commence demain», a-t-il poursuivi.

Le niveau atteint est «aussi proche que possible» de celui enregistré il y a quatre ans lors de la conférence de Tokyo (16 milliards de dollars), a déclaré à Bruxelles le commissaire européen à la Coopération internationale et au Développement. Neven Mimica a salué un chiffre «remarquable, impressionnant».

Vingt-six millions de la Suisse

Présente à la Conférence, la Suisse a annoncé qu'elle allait contribuer à hauteur de 26 millions de francs par an jusqu'en 2020 pour aider l'Afghanistan. Le programme suisse porte sur la gouvernance inclusive, les droits humains et le développement socio-économique.

Cette conférence, organisée conjointement par l'Union européenne (UE) et l'Afghanistan, avait pour but de renouveler le soutien politique et financier de la communauté internationale pour permettre à l'Afghanistan de continuer son travail de reconstruction. Le pays dépend dans une très large part (80%) de l'aide internationale.

L'aide décidée mercredi par 70 pays et 30 organisations internationales doit permettre de financer la consolidation des structures étatiques et l'éducation, de créer de l'emploi, d'asseoir la présence des femmes dans la vie publique ou encore de stopper la fuite des cerveaux.

Ces 15,2 milliards de dollars concernent uniquement la coopération civile. La communauté internationale s'était aussi engagée sur un soutien militaire en juillet, lors du sommet de Varsovie.

Kerry s'adresse aux talibans

Le secrétaire d'Etat américain John Kerry était présent à la conférence. Il a appelé les talibans à sceller une paix «honorable» avec le gouvernement de Kaboul.

Comme prévu lors de la précédente conférence de donateurs, à Londres en 2014, l'aide doit «progressivement diminuer» à mesure que s'écoule la décennie de la transformation (2015-2024) de l'Afghanistan synonyme de son «autonomie croissante», a expliqué M. Kerry. Washington contribue pour un tiers environ.

Il a cité comme «modèle» à suivre l'accord de paix signé fin septembre entre Kaboul et l'un de ses pires criminels de guerre, Gulbuddin Hekmatyar, surnommé le «Boucher de Kaboul», encore en exil. Ce dernier s'est vu garantir l'immunité et un possible retour en politique malgré des protestations.

Attentat à Kaboul

Illustration de l'insécurité persistante, un attentat suicide contre un minibus de fonctionnaires a blessé quatre personnes en fin de journée à Kaboul. Des affrontements se poursuivaient en outre à Kunduz, théâtre depuis trois jours d'une nouvelle démonstration de force des talibans. Ces derniers avaient déjà brièvement pris le contrôle de la ville en septembre 2015.

Or il n'y aura pas de succès des réformes et de décollage économique avec un tel niveau d'insécurité pour les Afghans, ont martelé les dirigeants à Bruxelles. Le sujet a été omniprésent à Bruxelles.

Mme Mogherini a assuré avoir réussi à convaincre les puissances voisines, Pakistan, Inde et Chine, de s'engager davantage dans le processus de paix en Afghanistan. Concernant l'aide financière, elle a souligné que l'UE et ses 28 membres s'engageaient collectivement à hauteur de cinq milliards d'euros sur 2017-2020, soit un gros tiers du total.

Une bonne partie de ce soutien pluriannuel viendra de l'Allemagne (1,7 milliard), la France s'engageant de son côté à 100 millions sur cinq ans, selon des sources nationales. Après l'UE et les Etats-Unis, le troisième tiers de l'aide est assuré par un groupe de pays dominés par le Japon.

(ats)

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