La Suisse enthousiaste

Présidentielle française Les Français de Suisse ont massivement soutenu Macron. Nos élus partagent cet élan.

Image: Michel Euler/AP

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Le nouveau président français a pratiquement fait l’unanimité auprès des Français de Suisse. Emmanuel Macron a recueilli 85% des voix auprès des résidents de Suisse romande, et carrément 90% en Suisse alémanique. Lors du 1er tour, le candidat d’En Marche! avait récolté respectivement 33% et 45,6%. Les expatriés français ne se sont toutefois guère rués sur les urnes. Le taux de participation ne dépasse pas 53%.

Les autorités suisses n’ont pas manqué de féliciter chaleureusement le jeune chef de l’Etat, à commencer par la présidente de la Confédération Doris Leuthard. «Je suis convaincue que nous continuerons d’entretenir des relations de bon voisinage, et que nos deux pays poursuivront et approfondiront une coopération stable et positive», a-t-elle écrit sur le réseau social Twitter.

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Deux priorités

Johann Schneider-Ammann et Didier Burkhalter lui ont emboîté le pas dans les médias. Le premier a connu Emmanuel Macron lorsque ce dernier était encore ministre de l’Economie. Johann Schneider-Ammann semble avoir été enchanté par cette rencontre. «Il a écouté mon français fédéral avec une grande patience!» écrit-il à la demande de nos confrères du Blick. Emmanuel Macron se serait alors montré «très intéressé» par notre système libéral, raconte le conseiller fédéral. «Notre rencontre a eu lieu alors que les relations entre la Suisse et la France se dégelaient. De nombreux dossiers litigieux étaient en voie de trouver une solution. Je suis convaincu que nos relations avec la France s’amélioreront encore sous la présidence de Monsieur Macron.»

Interrogé lundi matin par la RTS, Didier Burkhalter a identifié deux priorités dans les relations entre Berne et Paris, soit les relations bilatérales et le «signal européen». «Le signal qui est donné par la France aujourd’hui, c’est qu’il faut travailler ensemble pour la stabilité et la paix dans ce continent, a souligné le chef du Département fédéral des affaires étrangères (DFAE). Notre contribution est une voie bilatérale qui permet la stabilité avec l’Union européenne. Je pense qu’on peut travailler avec le président Macron dans ce sens.»

«Macron connaît la Suisse»

Fathi Derder (PLR/VD), président de la Délégation des Chambres fédérales pour les relations avec le parlement français, partage cet enthousiasme. Emmanuel Macron est le choix des entrepreneurs suisses, assure-t-il. «Parmi les 11 candidats de départ, c’est celui qui est le plus qualifié pour comprendre et dialoguer avec la Suisse, estime le conseiller national. Je ne parle pas de Mélenchon ni de Le Pen, mais même de Fillon, qui était le ministre de l’Economie de Sarkozy à l’époque où les relations avec la France étaient au plus mal. Aucune entreprise ne veut d’un conservateur aux idées rétrogrades. Emmanuel Macron est un vrai libéral, prônant le libre-échange.» Le PLR rappelle que le nouveau président a travaillé avec des entreprises suisses, notamment lors de son temps chez la Banque Rothschild. «Non seulement il est très compétent, mais en plus il n’est ni dogmatique ni jaloux de la Suisse. Nos relations ne peuvent que s’améliorer.»

De l’avis de Carlo Sommaruga (PS/GE), membre de la Commission de politique extérieure, Emmanuel Macron redonne surtout du souffle au projet européen. Or, «une Europe sûre d’elle et redynamisée est plus encline aux compromis avec les tiers, analyse l’avocat genevois. Une Europe qui doute n’est pas prête à faire des concessions.»

La signature de l’accord-cadre définissant des règles contraignantes pour la participation de la Suisse à certains secteurs du marché intérieur européen, sur la table depuis 2008, représente le dernier point épineux à résoudre entre Berne et Paris, estime Carlo Sommaruga. «C’est un dossier compliqué car on touche au cœur du système européen. Il sera difficile d’obtenir plus que ce que nous avons déjà pu négocier.» Pour le reste, les grands sujets de discorde avec la France sont plutôt derrière nous: les principaux problèmes avec les frontaliers, l’aéroport de Bâle-Mulhouse et surtout le conflit fiscal ont été en grande partie résolus. «La question de la RIE III est encore en suspens, mais là encore, la balle est dans notre camp.»

L’arrivée de Macron au pouvoir pourrait même faire avancer des projets plus locaux. «En termes de relations bilatérales, Emmanuel Macron peut apporter un regard neuf sur des projets comme le Grand Genève. Il présente une souplesse qui promet des avancées plus concrètes des deux côtés de la frontière.»

Son collègue de commission Yves Nidegger (UDC/GE) pourrait difficilement présenter un avis plus opposé. Le conseiller national ne croit pas que le nouveau président améliorera les relations Suisse-Europe, bien au contraire. «Pour que l’Europe puisse discuter avec des emm***eurs comme les Suisses, il faut qu’elle sache où elle va. Pour recréer une Europe forte menée par un tandem France-Allemagne, il faudrait que la France cesse d’être le parent pauvre de l’Europe. Je ne pense pas que Macron, sans parti et sans majorité ni à gauche ni à droite, réussisse à redresser les choses», déroule le conseiller national.

Le raisonnement s’applique également pour les relations franco-suisses, poursuit Yves Nidegger. «Tant que la France n’est pas capable de créer des nouveaux riches qui achètent notre chocolat et nos montres, la Suisse ne gagnera pas grand-chose de ses relations de voisinage. Dans la même mesure, lorsqu’un pays va mal, c’est sur le voisin riche qu’il va taper. Je ne suis donc guère optimiste. Avec Mme Le Pen, qui calque son modèle sur celui de la Suisse, la situation aurait été bien plus intéressante.»

(TDG)

Créé: 08.05.2017, 21h44

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