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Le Sri Lanka revient sur ses engagements de droits humains

Le nouveau pouvoir ne soutiendra pas une résolution sur les efforts pour établir les responsabilités des exactions pendant la guerre civile au Sri Lanka.

Le ministre des Affaires étrangères Skri-Lankais Dinesh Gunawardena.
Le ministre des Affaires étrangères Skri-Lankais Dinesh Gunawardena.
archive, AFP

Le nouveau pouvoir controversé au Sri Lanka, dont des membres sont accusés de crimes de guerre, revient sur les engagements pris par son prédécesseur au Conseil des droits de l'homme de l'ONU. Il a annoncé mercredi à Genève qu'il ne soutiendrait pas une résolution sur les efforts pour établir les responsabilités des exactions pendant la guerre civile dans son pays.

Selon l'ONU, près de 100'000 personnes ont été tuées lors de ce conflit entamé il y a plus de 15 ans et achevé en 2011. Les Tamouls, dont les mouvements séparatistes étaient opposés à l'armée, estiment ce chiffre à près de 150'000 pour la dernière phase du conflit début 2009. L'ONU avait recommandé il y a quelques années le lancement d'un tribunal ad hoc sur les crimes perpétrés entre 2002 et 2011.

Devant le Conseil, le ministre des Affaires étrangères Dinesh Gunawardena a expliqué mercredi que le nouveau gouvernement «reconsidérait la position» du pays depuis plusieurs années. Il estime que les résolutions du Conseil violent la Constitution de son pays.

Ce discours était attendu depuis l'élection en novembre dernier de Gotabaya Rajapaksa à la présidence. Celui-ci était ministre de la défense et son frère, désormais Premier ministre, était président au moment de la guerre civile. Mis en cause pour des violations des droits humains, ces dirigeants ont toujours nié ces allégations.

Mécanisme prévu

Dinesh Gunawardena a estimé que des avancées importantes avaient été obtenues dans son pays et que la présidentielle avait donné un «signal» de la volonté du peuple sri-lankais. Il a annoncé la nomination d'une nouvelle Commission d'enquête nationale, dirigée par un juge de la Cour suprême, pour évaluer les recommandations d'un précédent mécanisme similaire. «En ligne avec la politique du gouvernement», a-t-il ajouté.

Pour autant, le ministre a ajouté que son pays continuerait à dialoguer avec le système onusien et les experts indépendants. Même sous le précédent gouvernement, l'ONU et plusieurs pays avaient régulièrement dénoncé le retard dans l'application des engagements, notamment une justice transitionnelle, après les violations au Sri Lanka. En 2019, la Suisse avait regretté l'absence de délai dans la résolution du Conseil.

Mercredi, Human Rights Watch (HRW) a dénoncé de son côté dans l'annonce sri-lankaise «une gifle» pour les victimes et un «acte d'outrage» pour l'enceinte onusienne. Les deux frères Rajapaksa ne prendront pas des dispositifs «significatifs» pour que des responsabilités sur les atrocités soient établies, affirme l'ONG. Elle demande des investigations et des poursuites internationales.

(ats)

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