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Quand le sport réduit les travailleurs à l'esclavage

Un travailleur des JO de Sotchi s'est cousu la bouche lundi 28 octobre pour dénoncer ses conditions de travail qui sont aussi effroyables que sur les chantiers du Mondial 2022 au Qatar, où plus d'un ouvrier meurt par jour.

Sur le chantier du stade Al-Wakra, ici photographié il y a un an, un ouvrier est mort samedi 22 octobre 2016, sans que l'on ne connaisse ni les circonstances de son accident de travail, ni son âge, ni sa nationalité. C'est en tout cas le premier décès que les organisateurs du Mondial 2022 reconnaissent. (dimanche 23 octobre 2016).
Sur le chantier du stade Al-Wakra, ici photographié il y a un an, un ouvrier est mort samedi 22 octobre 2016, sans que l'on ne connaisse ni les circonstances de son accident de travail, ni son âge, ni sa nationalité. C'est en tout cas le premier décès que les organisateurs du Mondial 2022 reconnaissent. (dimanche 23 octobre 2016).
Keystone
La FIFA ne peut pas s'ingérer dans les lois de l'émirat qatari, a expliqué Sepp Blatter. (4 octobre 2013).
La FIFA ne peut pas s'ingérer dans les lois de l'émirat qatari, a expliqué Sepp Blatter. (4 octobre 2013).
AFP
Syndicats et ONG ont une nouvelle fois dénoncé les conditions de travail dans l'Émirat et sur les chantiers du Mondial 2022.
Syndicats et ONG ont une nouvelle fois dénoncé les conditions de travail dans l'Émirat et sur les chantiers du Mondial 2022.
Keystone
Ils demandaient aux dirigeants de ne pas se faire les complices des violations des droits des travailleurs recensés dans l'Émirat.
Ils demandaient aux dirigeants de ne pas se faire les complices des violations des droits des travailleurs recensés dans l'Émirat.
Keystone
Le comité d'organisation du Mondial-2022 s'est dit prêt, ce mercredi 2 octobre 2013, à accueillir la Coupe du monde en été ou à n'importe quelle autre période de l'année. (Photo: l'émir du Qatar et son épouse avec Sepp Blatter en décembre 2010 après l'annonce officielle que le Qatar sera le pays hôte pour la Coupe du monde 2022)
Le comité d'organisation du Mondial-2022 s'est dit prêt, ce mercredi 2 octobre 2013, à accueillir la Coupe du monde en été ou à n'importe quelle autre période de l'année. (Photo: l'émir du Qatar et son épouse avec Sepp Blatter en décembre 2010 après l'annonce officielle que le Qatar sera le pays hôte pour la Coupe du monde 2022)
AFP
Des travailleurs étrangers attendent pour monter dans le bus qui les emmène sur un chantier de Doha.
Des travailleurs étrangers attendent pour monter dans le bus qui les emmène sur un chantier de Doha.
AFP
Les chantiers battent leur plein en vue de la Coupe du monde de 2022.
Les chantiers battent leur plein en vue de la Coupe du monde de 2022.
AFP
En août 2013, le corps d'un travailleur équatorien mort sur un chantier qatari est rapatrié. Ici, l'aéroport de Doha.
En août 2013, le corps d'un travailleur équatorien mort sur un chantier qatari est rapatrié. Ici, l'aéroport de Doha.
AFP
Des travailleurs asiatiques nettoient un stade au Qatar. Quarante-quatre ouvriers népalais sont morts, la plupart de crise cardiaque, entre juin et août dernier.
Des travailleurs asiatiques nettoient un stade au Qatar. Quarante-quatre ouvriers népalais sont morts, la plupart de crise cardiaque, entre juin et août dernier.
AFP
Des manifestations ont eu lieu à Londres en mai dernier pour protester contre l'exploitation des travailleurs sur les chantiers de la Coupe du monde du Qatar. D'après les médias, les ouvriers sont entassés dans des chambres, sont privés d'accès à l'eau potable gratuite sur les chantiers du désert, et se voient confisquer leur passeport.
Des manifestations ont eu lieu à Londres en mai dernier pour protester contre l'exploitation des travailleurs sur les chantiers de la Coupe du monde du Qatar. D'après les médias, les ouvriers sont entassés dans des chambres, sont privés d'accès à l'eau potable gratuite sur les chantiers du désert, et se voient confisquer leur passeport.
AFP
Des manifestations ont eu lieu à Londres en mai dernier pour protester contre l'exploitation des travailleurs sur les chantiers de la Coupe du monde du Qatar.
Des manifestations ont eu lieu à Londres en mai dernier pour protester contre l'exploitation des travailleurs sur les chantiers de la Coupe du monde du Qatar.
AFP
Des travailleurs asiatiques à Doha.
Des travailleurs asiatiques à Doha.
AFP
Des travailleurs sur le toit d'un des buildings de la capitale qatarie, Doha.
Des travailleurs sur le toit d'un des buildings de la capitale qatarie, Doha.
AFP
Les chantiers battent leur plein à Doha.
Les chantiers battent leur plein à Doha.
AFP
Des travailleurs nettoient les vitres de buildings qataris gigantesques.
Des travailleurs nettoient les vitres de buildings qataris gigantesques.
AFP
Des travailleurs nettoient les vitres de buildings qataris gigantesques.
Des travailleurs nettoient les vitres de buildings qataris gigantesques.
AFP
Le stade olympique, connu également sous le nom de «Fisht», ici pris en photo le 25 octobre 2013, a nécessité des dizaines de milliers de travailleurs migrants venus d'Arménie, du Kirghizstan, de Serbie, du Tadjikistan, d'Ukraine et d'Ouzbékistan. Les jeux olympiques de Sotchi se dérouleront du 7 au 23 février prochain.
Le stade olympique, connu également sous le nom de «Fisht», ici pris en photo le 25 octobre 2013, a nécessité des dizaines de milliers de travailleurs migrants venus d'Arménie, du Kirghizstan, de Serbie, du Tadjikistan, d'Ukraine et d'Ouzbékistan. Les jeux olympiques de Sotchi se dérouleront du 7 au 23 février prochain.
Keystone
Selon plusieurs témoignages concordants, les quelque 16'000 travailleurs migrants, sur 70'000 travailleurs au total pour le site des JO de Sotchi, travaillent 12 heures par jour, 7 jours sur 7 pendant plusieurs semaines, sont privés de salaires durant plusieurs mois pour mieux être asservis, se voient confisquer leur passeport, et vivent dans des conditions déplorables. Ainsi, une seule maison familiale a accueilli jusqu'à 200 migrants, avec une seule salle de bains et un seul WC. Quatorze hommes partageaient ainsi une pièce de 36 m2.
Selon plusieurs témoignages concordants, les quelque 16'000 travailleurs migrants, sur 70'000 travailleurs au total pour le site des JO de Sotchi, travaillent 12 heures par jour, 7 jours sur 7 pendant plusieurs semaines, sont privés de salaires durant plusieurs mois pour mieux être asservis, se voient confisquer leur passeport, et vivent dans des conditions déplorables. Ainsi, une seule maison familiale a accueilli jusqu'à 200 migrants, avec une seule salle de bains et un seul WC. Quatorze hommes partageaient ainsi une pièce de 36 m2.
Keystone
Ainsi, une seule maison familiale a accueilli jusqu'à 200 migrants, avec une seule salle de bains et un seul WC. Quatorze hommes partageaient ainsi une pièce de 36 m2.
Ainsi, une seule maison familiale a accueilli jusqu'à 200 migrants, avec une seule salle de bains et un seul WC. Quatorze hommes partageaient ainsi une pièce de 36 m2.
Keystone
Les ouvriers qui ont travaillé à la construction du site du stade olympique de Sotchi, également connu sous le nom de «Fisht», enceinte de 40'000 places qui accueillera les cérémonies d'ouverture et de clôture des Jeux olympiques et paralympiques. Une majorité écrasante des ouvriers qui ont répondu à l'enquête de Human Rights Watch travaillait sur ce site-là.
Les ouvriers qui ont travaillé à la construction du site du stade olympique de Sotchi, également connu sous le nom de «Fisht», enceinte de 40'000 places qui accueillera les cérémonies d'ouverture et de clôture des Jeux olympiques et paralympiques. Une majorité écrasante des ouvriers qui ont répondu à l'enquête de Human Rights Watch travaillait sur ce site-là.
Keystone
Le stade olympique, aussi connu sous le nom de «Fisht», ici en construction début 2013. Les ouvriers y sont payés entre 1,70 et 2,50 francs de l'heure, travaillent jusqu'à 12 heures par jour, 7 jours sur 7 et ont, pour certains, un seul jour de congé par mois. «De nombreux travailleurs, y cmopris ceux travaillant sur le site du Stade olympique et du village olympique principal ont également décrit des pratiques consistant à  retenir les premiers mois de salaire, les travailleurs ne recevant leur premier paiement qu'au bout de deux mois de travail», note Human Rights Watch dans son rapport.
Le stade olympique, aussi connu sous le nom de «Fisht», ici en construction début 2013. Les ouvriers y sont payés entre 1,70 et 2,50 francs de l'heure, travaillent jusqu'à 12 heures par jour, 7 jours sur 7 et ont, pour certains, un seul jour de congé par mois. «De nombreux travailleurs, y cmopris ceux travaillant sur le site du Stade olympique et du village olympique principal ont également décrit des pratiques consistant à retenir les premiers mois de salaire, les travailleurs ne recevant leur premier paiement qu'au bout de deux mois de travail», note Human Rights Watch dans son rapport.
Keystone
«Ces pratiques avaient soi-disant pour but de de forcer les travailleurs à rester chez l'employeur, étant officieusement entendu que le salariés recevrait les salaires retenus s'il continuait d'occuper son poste jusqu'à ce que l'employeur décide de l'achèvement effectif du projet», poursuit le rapport de Human Rights Watch. Ici, à l'image, le stade olympique en construction début 2013, aussi connu sous le nom de «Fitch», qui pourra accueillir 40'000 personnes.
«Ces pratiques avaient soi-disant pour but de de forcer les travailleurs à rester chez l'employeur, étant officieusement entendu que le salariés recevrait les salaires retenus s'il continuait d'occuper son poste jusqu'à ce que l'employeur décide de l'achèvement effectif du projet», poursuit le rapport de Human Rights Watch. Ici, à l'image, le stade olympique en construction début 2013, aussi connu sous le nom de «Fitch», qui pourra accueillir 40'000 personnes.
Keystone
Un site alors encore en construction, début 2013, pour les J.O de 2014.
Un site alors encore en construction, début 2013, pour les J.O de 2014.
Keystone
Le bâtiment qui accueillera toutes les compétitions sur glace, capable d'accueillir 12'000 visiteurs.
Le bâtiment qui accueillera toutes les compétitions sur glace, capable d'accueillir 12'000 visiteurs.
Keystone
«Les sites maintenaient un système basé sur deux roulements de 12 heures, les ouvriers travaillant ainsi de 8h à 20h et de 20h à 8h [...] Ils travaillaient généralement sept jours par semaine pendant plusieurs semaines de suite», explique le rapport de Human Rights Watch. Ici, à l'image, le site de Krasnaja Poljana.
«Les sites maintenaient un système basé sur deux roulements de 12 heures, les ouvriers travaillant ainsi de 8h à 20h et de 20h à 8h [...] Ils travaillaient généralement sept jours par semaine pendant plusieurs semaines de suite», explique le rapport de Human Rights Watch. Ici, à l'image, le site de Krasnaja Poljana.
Keystone
Les jeux olympiques de Sotchi se dérouleront du 7 au 23 février prochain. «Le Comité international olympique n'a pas toujours été en mesure de clairement définir son rôle dans la protection des droits humains dans le contexte des Jeux olympiques, comme le prouvent par exemple les événements survenus avant la tenue des JO de l'été 2008 à Pékin: emprisonnement par le gouvernement chinois d'activistes œuvrant pour la protection des droits humains, censure d'Internet, expulsions forcées réalisées à grande échelle, et abus contre les travailleurs migrants employés sur les sites olympiques et sur d'autres lieux.»
Les jeux olympiques de Sotchi se dérouleront du 7 au 23 février prochain. «Le Comité international olympique n'a pas toujours été en mesure de clairement définir son rôle dans la protection des droits humains dans le contexte des Jeux olympiques, comme le prouvent par exemple les événements survenus avant la tenue des JO de l'été 2008 à Pékin: emprisonnement par le gouvernement chinois d'activistes œuvrant pour la protection des droits humains, censure d'Internet, expulsions forcées réalisées à grande échelle, et abus contre les travailleurs migrants employés sur les sites olympiques et sur d'autres lieux.»
Keystone
Vue extérieure du Dôme de glace prévu pour les JO de Sotchi en 2014.
Vue extérieure du Dôme de glace prévu pour les JO de Sotchi en 2014.
Keystone
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Il s'est cousu la bouche en signe de protestation. Mais le geste de cet ouvrier originaire du Caucase, venu travailler sur les chantiers des Jeux Olympiques à Sotchi, est aussi une métaphore: «Marche ou crève!», résumerait bien son propos, corroboré par une septantaine d'autres travailleurs migrants interrogés par Human Rights Watch, qui dénonce des conditions de travail même pas dignes de Zola.

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