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ChaosLe spectre de la guerre civile plane sur le Yémen

Les forces alliées aux rebelles chiites ont pris possession de l'aéroport d'Aden, fief du président yéménite Abd Rabbo Mansour Hadi.

Des membres de la coalition de combattants opposés aux Houthis près de la base aérienne Al-Anad.
Des membres de la coalition de combattants opposés aux Houthis près de la base aérienne Al-Anad.

Des forces alliées aux rebelles chiites au Yémen se sont emparées mercredi 25 mars de l'aéroport d'Aden. Face à cette menace, un ministre a appelé à une intervention étrangère, avertissant qu'une chute de la grande ville du sud marquerait le «début» d'une guerre civile.

Aden est le fief du président yéménite Abd Rabbo Mansour Hadi. C'est là qu'il s'était réfugié après la prise de la capitale Sanaa début février par les rebelles chiites houthis.

Progression fulgurante des Houthis

Après la progression fulgurante des Houthis en direction d'Aden et alors que son complexe a été la cible d'un nouveau raid aérien mercredi, Abd Rabbo Mansour Hadi a été conduit vers un «lieu sûr à Aden», a indiqué son entourage.

Plusieurs responsables ont précisé que le chef de l'Etat n'avait pas quitté la ville, démentant les rumeurs sur son départ à l'étranger. Les Etats-Unis ont de leur côté fait état d'un contact téléphonique «plus tôt dans la journée» avec Abd Rabbo Mansour Hadi, leur allié dans la lutte contre Al-Qaïda, indiquant qu'il avait quitté sa résidence d'Aden mais qu'ils ne savaient pas où il se trouvait actuellement.

Soutien de l'ex-président

Malgré les appels du camp Hadi à une intervention militaire étrangère pour stopper l'avancée des Houthis, ces derniers ont poursuivi leur offensive. Ils se sont emparés sur leur chemin de nombreuses localités avec l'aide de militaires restés fidèles à l'ex-président Ali Abdallah Saleh.

Ce sont en effet des unités de la 39e brigade blindée, stationnées près de l'aéroport d'Aden, qui ont pris le contrôle des installations, selon des témoins. La télévision des Houthis a confirmé que des unités de l'armée avaient «sécurisé l'aéroport» fermé dans l'après-midi.

Affrontements entre pro-Hadi et Houthis

Des affrontements ont ensuite eu lieu près de l'aéroport alors qu'une foule d'habitants ont récupéré des armes dans un dépôt dans la ville d'Aden dans la perspective d'un assaut, selon un photographe de l'AFP.

Alors que les pro-Hadi battaient en retraite, les Houthis eux-mêmes ne se trouvaient plus qu'à une trentaine de kilomètres d'Aden. Ils ont conquis en chemin la base aérienne d'Al-Anad désertée par des militaires américains qui y étaient stationnés.

Les rebelles chiites ont également conquis les villes de Lahej et Karch et affirmé avoir capturé le ministre de la Défense Mahmoud el-Soubaihi près d'Aden. Ils ont en outre atteint le port de Mocha sur la mer Rouge, qui ouvre la voie au détroit de Bab al-Mandeb par lequel transite une partie du trafic maritime mondial, selon une source militaire.

Appel à une intervention étrangère

Depuis l'Egypte, où une réunion ministérielle s'ouvre jeudi avant le sommet arabe annuel samedi, le chef de la diplomatie par intérim du Yémen Ryad Yassine a estimé que «la chute d'Aden aux mains des Houthis marquerait le début d'une guerre civile». Il a estimé que «seule une intervention militaire (étrangère) peut sauver» le Yémen de la «domination de l'Iran», soupçonné d'être allié aux Houtis.

Dès mardi et après avoir maintes fois dénoncé un «coup d'Etat» des rebelles chiites, M. Hadi a exhorté l'ONU à adopter une «résolution contraignante» pour stopper l'avancée rebelle et confirmé avoir sollicité les monarchies sunnites du Golfe pour une «intervention militaire».

Crise ouverte depuis septembre

La crise au Yémen, pays pauvre de la péninsule arabique, s'est envenimée depuis septembre quand les Houthis ont déferlé sur Sanaa pour y contester le pouvoir de M. Hadi et dénoncer un projet de Constitution sur un Etat fédéral qui priverait son fief dans le Nord d'un accès à la mer.

Les Houthis ont achevé début février de prendre totalement Sanaa et placé en résidence surveillée M. Hadi, qui a ensuite réussi à fuir.

Pour les experts, le Yémen, écartelé entre le nord dominé par les Houthis et le sud par les pro-Hadi, est le théâtre d'une guerre par procuration entre l'Iran chiite et l'Arabie saoudite sunnite, qui risque d'aboutir à une désintégration du pays.

A cela s'ajoute la poursuite d'actions du réseau sunnite Al-Qaïda dans la péninsule arabique (Aqpa), bien implanté dans le sud-est.

ats

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