A Sotchi, un essai pour renouer sur l’Ukraine

Rencontre Kerry-PoutineLe secrétaire d’Etat américain John Kerry a rencontré mardi Vladimir Poutine. Objectif: sauver le cessez-le-feu en Ukraine.

Le Secrétaire d'Etat américain, John Kerry.

Le Secrétaire d'Etat américain, John Kerry. Image: AFP

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Face aux risques de reprise des violences dans l’est de l’Ukraine, les Etats-Unis essaient de renouer le dialogue avec Moscou. Les Occidentaux craignent la fin de l’accalmie orchestrée jusque-là dans le Donbass pour ne pas gâcher à Moscou les fêtes du 9 mai, soit les célébrations de la victoire soviétique sur l’Allemagne nazie. Afin d’empêcher une nouvelle offensive des séparatistes prorusses, le secrétaire d’Etat américain, John Kerry, s’est rendu mardi à Sotchi où, dans sa résidence au bord de la mer Noire, le président russe Vladimir Poutine a retrouvé ses quartiers d’été. C’est la première visite en Russie d’un haut responsable américain depuis le début de la crise ukrainienne.

«Cette rencontre invite à l’optimisme», espère Alexander Konovalov, président de l’Institut des analyses stratégiques, d’habitude critique à l’égard du Kremlin. «Le président rêve sans doute toujours d’un Etat indépendant dans le Donbass. Mais ce n’est pas possible. Il essaie donc de trouver une voie de sortie», assure-t-il. «Il y a une volonté des deux côtés pour trouver un compromis et éviter le scénario du pire. La rencontre Poutine - Kerry a été une initiative conjointe dans ce sens.» Ce tête-à-tête à Sotchi semble d’ailleurs avoir été bien chorégraphié avec la visite de la chancelière allemande Angela Merkel qui, dimanche au Kremlin, a elle-même rencontré Vladimir Poutine.

Berlin en tête, les diplomaties européennes tentent avec les Etats-Unis de prendre les devants pour sauver le fragile accord de paix signé le 12 février dans la capitale biélorusse Minsk. Face aux réguliers démentis de Moscou, qui nie armer les séparatistes, la chancelière a été claire. «Il n’y a toujours pas de cessez-le-feu en Ukraine», a frontalement déclaré Angela Merkel. Un message de fermeté doublé toutefois d’une parole d’ouverture: «Nous travaillons avec la Russie, et non pas contre elle», a-t-elle insisté.

«Je suis très sceptique. Les Occidentaux ont beau espérer une trêve de la part de Moscou, dans les faits, je vois le contraire», prévient toutefois Pavel Felgenhauer, expert politique et militaire indépendant. «Moscou n’essaie pas de geler le conflit en maintenant un cessez-le-feu et en mettant une structure économique viable pour créer un semblant de stabilité, mais continue d’envoyer et de payer des forces militaires sur place pour lancer une nouvelle campagne cet été.» Mardi soir, le Kremlin a d’ailleurs tenu un langage ferme à l’issue de la rencontre: «La Russie est prête à une coopération constructive avec les Etats-Unis (…) cependant, cette coopération n’est possible que sur une base juste et équitable, sans tentative de diktat ou de contrainte», a-t-il déclaré.

Ces visites occidentales interviennent alors que la pression sur Vladimir Poutine vient aussi de Russie même. L’opposition, certes ultraminoritaire et sans accès aux grands médias publics, a publié mardi le rapport inachevé sur lequel travaillait son leader Boris Nemtsov avant son assassinat à Moscou le 27 février, intitulé «Poutine. La guerre». Il cite plusieurs témoignages, notamment auprès des familles des 220 soldats russes morts au combat. Clairement, il affirme que les troupes de Moscou ont été envoyées «massivement» dans l’est de l’Ukraine en août 2014, puis en janvier-février derniers.

Créé: 12.05.2015, 22h40

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