Pas d'accord sur une trêve à Idleb

IranLes présidents d'Iran, de Russie et de Turquie se sont réunis vendredi à Téhéran pour décider du sort de la province syrienne.

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Les présidents russe, turc et iranien, réunis vendredi à Téhéran, n'ont pu se mettre d'accord sur un cessez-le-feu dans la province d'Idleb, dans le nord-ouest de la Syrie. Le dernier bastion rebelle du pays est menacé par une offensive du régime de Damas.

Craignant qu'une éventuelle offensive ne conduise à un «massacre», le président turc Recep Tayyip Erdogan a proposé une trêve dans cette région. Son homologue russe Vladimir Poutine s'est dit hostile à cette idée et a appelé les rebelles à déposer les armes, alors que l'Iranien Hassan Rohani a estimé que Damas devait reprendre le contrôle de la totalité du pays après plus de sept ans de guerre.

Dans une déclaration commune publiée à l'issue de leur rencontre, les trois dirigeants ont annoncé qu'ils tiendront en Russie un autre sommet sur la Syrie, afin de trouver les moyens de résoudre la situation à Idleb.

Ils soulignent la nécessité d'«éliminer» en Syrie les djihadistes du Front Al Nosra et de l'Etat islamique (EI) mais affirment aussi que seul un règlement politique négocié pourra mettre fin au conflit.

Des avions russes et syriens ont continué vendredi à bombarder des positions dans la province rebelle, rapporte l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH). «L'objectif était de détruire les fortifications des insurgés», a précisé le directeur de l'ONG basée en Grande-Bretagne.

Erdogan «a raison dans l'absolu»

Répondant à la proposition de trêve de M. Erdogan, Vladimir Poutine a souligné que les rebelles djihadistes retranchés à Idleb ne participaient pas aux négociations et que le gouvernement syrien devait rétablir son contrôle sur tout le pays, en prenant soin d'épargner le plus possible les populations civiles.

«Le fait est qu'il n'y a pas de représentants des groupes armés autour de cette table» habilités à négocier un cessez-le-feu, a-t-il soutenu. «Il n'y a aucun représentant du Front al-Nosra, de l'EI, ou de l'armée syrienne».

«Je pense que le président turc a raison dans l'absolu. Ce (une trêve) serait une bonne chose. Mais je ne peux pas parler pour (les absents) et surtout pas pour les terroristes du Front al Nosra ou de l'EI.» Il a souhaité que les rebelles de la région d'Idleb fassent preuve de «bon sens» et rendent les armes.

Crainte d'un bain de sang

Pour le président turc, la poursuite des bombardements et le lancement d'une offensive à Idleb marqueraient «l'effondrement du processus de règlement politique» en Syrie. M. Erdogan a également souligné que son pays ne pourrait pas faire face à un nouvel afflux de réfugiés syriens, qui sont déjà trois millions et demi en Turquie.

M. Rohani a quant à lui déclaré que les combats se poursuivraient tant que les «terroristes» n'auront pas été chassés du pays. «Le combat contre le terrorisme à Idleb est indispensable au retour à la paix et à la stabilité en Syrie. Mais ce combat doit épargner les civils et il faut éviter la politique de la terre brûlée», a-t-il dit.

Appel de Mistura

Le sort d'Idleb a aussi été évoqué à New York par le Conseil de sécurité des Nations unies. A cette occasion, l'émissaire de l'ONU pour la Syrie, Staffan de Mistura, a plaidé pour l'ouverture de «routes d'évacuations volontaires» permettant aux civils de quitter Idleb.

«Tous les ingrédients sont réunis pour une tempête dévastatrice», a ajouté le diplomate italo-suédois, en évoquant la perspective d'une offensive du régime sur Idleb. Il a indiqué au Conseil qu'il avait des propositions à faire à ses membres pour séparer les groupes terroristes des civils, mais il ne les a pas développées.

A Genève, le Programme alimentaire mondial (PAM) a affirmé vendredi qu'il pourrait distribuer de la nourriture aux déplacés d'Idleb pour 850'000 personnes pour une semaine.

La région d'Idleb abrite quelque trois millions de personnes, dont 700'000 à 800'000 réfugiés. Selon l'ONU, 10'000 djihadistes y auraient trouvé refuge. Le chef d'état-major interarmes américain, le général Joseph Dunford, estime leur nombre entre 20'000 et 30'000. (ats/nxp)

Créé: 07.09.2018, 14h46

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