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Un sommet du G7 chancelant

Réuni à Biarritz en fin de semaine, le sommet du G7 aura fort à faire face aux dossiers qui s'accumulent.

L'intitulé officiel du sommet du G7 est «la lutte contre les inégalités».
L'intitulé officiel du sommet du G7 est «la lutte contre les inégalités».
Keystone

Un président américain toujours imprévisible, un premier ministre britannique ligoté dans le nœud gordien du Brexit, un chef de gouvernement italien démissionnaire... le club des démocraties libérales du G7 réuni dans le sud de la France en fin de semaine fait pâle figure.

Mais il essaiera de montrer sa pertinence géopolitique face aux multiples crises dans le monde, car les dossiers chauds s'accumulent: tensions dans le golfe Persique, guerre commerciale entre Washington et Pékin, urgence climatique et la crise à Hong Kong qui pourrait s'inviter à la réunion.

Celle du Cachemire sera nécessairement évoquée, puisque le premier ministre indien Narendra Modi est invité dans la cité balnéaire de Biarritz placée sous la cloche d'un important dispositif sécuritaire.

Mais l'époque où le G7 pouvait présenter un front uni est révolue, «dans un monde qui est aujourd'hui très fragmenté, très volatil, où les cadres de référence n'ont plus forcément l'efficacité qu'ils avaient auparavant», résume une source proche de la présidence française.

Existence du G7 en discussion

Le principal élément instable de cet agrégat est bien évidemment le président américain Donald Trump. Mais plusieurs autres dirigeants sont dans des situations compliquées qui entravent leur capacité, comme le premier ministre britannique Boris Johnson au cœur du psychodrame du Brexit, la chancelière allemande Angela Merkel en bout de course après 14 ans de pouvoir ou le premier ministre italien Giuseppe Conte, qui a annoncé sa démission mardi.

«C'est le format et l'existence même du G7 qui sont en discussion, parce qu'il était devenu le lieu où l'ancien Occident avait la possibilité de se parler franchement et [...] d'affiner des positions communes qui sont très importantes dans les grands enjeux internationaux, et tout cela est en train de disparaître à cause de cet éparpillement», explique à l'AFP l'ancien premier ministre italien Enrico Letta, doyen de l'école des affaires internationales de sciences politiques à Paris.

Divergences

Dans ce cadre compliqué, le président français Emmanuel Macron, qui tente d'endosser le rôle de médiateur (il a reçu lundi son homologue russe Vladimir Poutine, exclu du G8 en 2014), veut réformer ce format qu'il avait qualifié de «théâtre d'ombres et de divisions» après le précédent du sommet au Canada en 2018, marqué par un spectaculaire coup de sang de Donald Trump.

Il ne devrait donc pas y avoir de déclaration finale, exercice rendu trop ardu par les divergences béantes entre les membres sur les questions du climat, de la crise iranienne, de la crise migratoire, du Brexit, entre autres.

La présidence française tentera de favoriser l'émergence de «coalition de pays acteurs» désireux de «proposer des solutions concrètes sur les grands défis», selon une source française. Plusieurs chefs d'Etat hors G7 sont invités.

Outre M. Modi, le Chilien Sebastián Piñera, l'Egyptien Abdel Fattah al-Sissi, et plusieurs dirigeants africains comme Paul Kagame (Rwanda), Roch Marc Christian Kaboré (Burkina Faso) ou encore Macky Sall (Sénégal). En revanche, le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker a annulé sa venue pour raison de santé.

Axe Johnson-Trump

«Le G7 a été créé comme un club de démocraties libérales [...] et les démocraties libérales ont encore quelque chose à apporter au monde et à la stabilité collective, la paix et la sécurité» estime une autre source française, résumant la mission que tente d'accomplir Emmanuel Macron.

L'intitulé officiel du sommet est «la lutte contre les inégalités». Parmi les «grands défis» figure l'urgence climatique. «Tous les membres à l'exception des Etats-Unis vont s'engager à mettre en oeuvre et accélérer l'accord de Paris sur le climat, soutenir le sommet de l'ONU pour le climat en septembre, défendre la biodiversité», estime John Kirton, directeur du G7 research Group de l'université de Toronto.

Sur les questions économiques, les dirigeants pourraient valider les avancées réalisées mi-juillet par leurs ministres des finances vers un accord sur la taxation des géants du numérique.

Mais comme souvent dans ce genre de réunion, le plus intéressant sera ce qui ne figure pas à l'agenda: l'imprévu, le langage corporel des leaders, qui rencontre qui en bilatéral. Boris Johnson va-t-il faire les yeux de Chimène à Donald Trump pour assurer ses arrières en cas de Brexit sans accord? Le président américain sera-t-il aussi isolé que sur la désormais célèbre photographie du G7 canadien, où il apparaissait assis face aux autres dirigeants qui semblaient tenter de le convaincre?

(ats)

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