Passer au contenu principal

La situation de la presse turque alarme Strasbourg

Depuis le coup d'Etat manqué, le gouvernement Erdogan a arrêté 130 journalistes et écrivains.

Le Parlement européen s'inquiète de la condition des médias turcs.
Le Parlement européen s'inquiète de la condition des médias turcs.
Archives, Reuters

Le Parlement européen a dénoncé jeudi à Strasbourg les atteintes à la liberté de la presse en Turquie. Les eurodéputés ont adopté une résolution en ce sens le jour-même où ils décernaient à deux femmes yézidies le Prix Sakharov, pour lequel le journaliste turc Can Dündar était nominé.

«La tentative de coup d'État manquée ne saurait servir de prétexte au gouvernement turc pour continuer de bâillonner l'opposition légitime et pacifique, ni priver, par des actes et des mesures disproportionnés et illicites, les journalistes et les médias de l'exercice pacifique de leur liberté d'expression», affirment-ils dans la résolution.

Les eurodéputés s'alarment de l'incarcération de 130 journalistes et écrivains et de la fermeture de plus de 100 médias après le coup d'Etat manqué, selon des chiffres de la Fédération européenne des journalistes.

Plus grande prison de journalistes

Dans la résolution, les élus déplorent également que «les dispositions de l'état d'urgence aient également été utilisées pour harceler des membres de la famille de journalistes qui ont fui à l'étranger ou se sont cachés, notamment à travers la confiscation de leurs passeports ou leur placement en détention provisoire à la place des accusés».

«La Turquie est devenue la plus grande prison de journalistes au monde», avait déclaré mercredi à Strasbourg Can Dündar. Ancien rédacteur en chef du quotidien turc d'opposition Cumhuriyet, il a fui son pays après avoir été condamné à cinq ans et dix mois de prison pour divulgation de secrets d'Etat. Le passeport de son épouse, restée en Turquie, a été confisqué.

Cécité européenne dénoncée

Nominé sur proposition des Verts pour le prix Sakharov mais non retenu in fine, Can Dündar a dénoncé la cécité de l'Union européenne face au recul de la démocratie en Turquie. Il a attribué cette attitude à l'accord sur les migrants que l'UE a scellé en mars 206 avec Ankara.

«(Le président turc) Erdogan continue de garder les migrants sur son territoire et à bénéficier du soutien de nombre de dirigeants de pays européens. Pour nous, c'est décevant. Ils ont renoncé à défendre leurs valeurs au nom de leurs intérêts plus ou moins bien compris», a-t-il dit regretté lors d'une conférence de presse.

Intervenant mercredi soir dans l'hémicycle de Strasbourg, lors d'un débat sur la situation de la presse en Turquie, la commissaire européenne à la politique régionale, Corina Cretu, a évoqué une «situation inacceptable». «Il est plus critique que jamais de maintenir le dialogue avec la Turquie», a-t-elle ajouté.

(ats)

Cet article a été automatiquement importé de notre ancien système de gestion de contenu vers notre nouveau site web. Il est possible qu'il comporte quelques erreurs de mise en page. Veuillez-nous signaler toute erreur à community-feedback@tamedia.ch. Nous vous remercions de votre compréhension et votre collaboration.