Séisme: des milliers de Mexicains sans logement

MexiqueHuit jours après le séisme meurtrier à Mexico, des milliers d'habitants ne peuvent toujours pas retourner chez eux.

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Encore traumatisés par le séisme du 19 septembre qui a fait plus de 300 morts, des milliers de Mexicains ne pouvaient toujours pas mercredi retourner chez eux en raison des risques d'effondrement.

Plus de 9000 immeubles de Mexico ont déjà été inspectés et la plupart sont habitables, selon le maire de la capitale, mais quelque 700 bâtiments nécessitent une intervention et 300 présentent des dommages importants.

Dans le quartier chic de la Condesa, avenue Amsterdam, une mère et sa fille, aidées d'un ami, ont tenté mardi après-midi de récupérer le maximum d'affaires dans leur appartement, au troisième étage d'un immeuble fragilisé par la secousse. Armées de gants et affichant un visage fatigué, elles n'ont pu rester que peu de temps à l'intérieur, à tour de rôle, sous la surveillance des agents de la protection civile.

«Depuis mercredi nous revenons pour sortir des affaires», a confié à l'AFP la fille, Alexandra Arevalo, étudiante de 20 ans, disant n'avoir aucun espoir de revivre dans l'appartement familial, trop endommagé.

«J'ai du mal à savoir quel jour nous sommes», racontait Gerardo Alvarez, journaliste de 31 ans, lui aussi empêché de rentrer chez lui: son immeuble «est debout mais il s'est effondré peu à peu à l'intérieur». Hébergés chez des amis, Gerardo et sa femme, enceinte, ont passé ces derniers jours à chercher des habits, «car nous n'avons que ce que nous portions» mardi.

La ville de Mexico a approuvé une aide au loyer temporaire de 3000 pesos (167 dollars) par mois pour les sinistrés.

«Nous devons continuer»

Malgré le traumatisme, la mégapole de 20 millions d'habitants reprenait sa vie normale, entre embouteillages et reprise de l'école, du travail et même du championnat mexicain de football. «Nous sommes brisés par la perte (de vies humaines) et la peur, mais nous devons continuer de toutes façons», a confié à l'AFP Carlos Ontiveros, architecte de 42 ans se rendant à son bureau.

Dans le quartier branché de la Roma, les bars et restaurants ont rouvert et sorti les tables en terrasse. Mais les stigmates du séisme restaient visibles à quelques mètres de là, avec des immeubles endommagés ou détruits, entourés de barrières et de bande plastique jaune.

Le séisme de magnitude 7,1 est survenu 32 ans jour pour jour après le dramatique tremblement de terre de 1985, qui avait fait plus de 10'000 morts, et jusqu'à 30'000, selon certaines estimations.

Huit jours plus tard, le bilan humain et matériel est lourd: 333 morts et, dans la capitale, 39 immeubles effondrés, piégeant des centaines de personnes à l'intérieur. Des habitants ont également péri dans les Etats de Morelos, Puebla, Mexico, Guerrero et Oaxaca.

Comme en 1985, des milliers de volontaires ont participé aux recherches, fouillant à mains nues les décombres avant d'être rejoints par des équipes de secours du Mexique et du monde entier. Grâce à cet effort collectif, dans la capitale 69 personnes ont pu être sorties vivantes. Mais depuis vendredi soir, seuls des corps sont remontés à la surface.

«Faux espoirs»

Le pays est désormais face à la question épineuse de savoir jusqu'à quand prolonger les recherches. Franchi vendredi, le délai critique des premières 72 heures, au-delà duquel les chances de survie sont très faibles, paraît bien loin.

Les secouristes du Japon, du Salvador, du Honduras et du Panama sont déjà repartis. Un détachement français d'intervention spéciale devait lui se rendre dans l'Etat de Morelos, proche de l'épicentre au sud de Mexico, où le séisme a fait plus de 70 morts.

Mais les proches des victimes sont en colère contre les autorités, réclamant plus d'information. «Notre patience est à bout... S'il vous plaît, mettez à jour les listes» des corps retrouvés, a demandé une de ces proches, Inés Sandoval.

Selon la protection civile, une quarantaine de familles restent sans nouvelles des leurs, au milieu de rumeurs persistantes qui évoquent des corps retrouvés. Mais dans ce pays avec un passé de corruption et de versions officielles douteuses, les habitants sont méfiants, soupçonnant aussi de possibles négligences dans la construction des immeubles.

«Le gouvernement n'a pas arrêté de se moquer des familles, en nous disons qu'il y avait des progrès et en nous donnant de faux espoirs», rageait ainsi Juan Pedro Filomeno, dont la cousine Noemi, 25 ans, est toujours portée disparue. (afp/nxp)

Créé: 27.09.2017, 02h12

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