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Les secrets d’Al-Qaida égratignent Obama

C’est l’image d’une présidence, la sienne, qui jaunit. C’est une photo historique qui se craquelle. Le président Barack Obama, visage tendu, qui regarde la retransmission en direct du raid en cours sur la cache du chef d’Al-Qaida, Oussama ben Laden, à Abbottabad, au Pakistan. La photo, prise dans la salle de crise de la Maison-Blanche, au cours de la nuit du 1er au 2 mai 2011, devait immortaliser un succès, la traque victorieuse et l’élimination de l’ennemi numéro 1 de l’Amérique.

Seulement voilà, six ans après l’opération du commando américain qui a abattu le chef d’Al-Qaida, c’est son fantôme qui vient hanter l’histoire. La CIA vient en effet de rendre publiques, au début du mois, d’importantes archives d’Oussama ben Laden. Près de 470 000 documents saisis ont été mis en ligne par l’agence américaine de renseignements. Parmi ces pièces, les journaux intimes du principal artisan du djihad mondial, 10 000 vidéos, plus de 6000 enregistrements audio, 72 000 photos et des milliers de textes. Aux États-Unis, deux chercheurs du think tank Foundation for Defense of Democraties (FDD) ont eu le temps d’analyser cette masse d’archives avant qu’elles ne soient déclassifiées.

L’Iran est notre principale artère pour les fonds, les hommes et la communication

Oussama ben Laden Chef du réseau terroriste Al-Qaida, dans un mémo retrouvé dans sa cache d’Abbottabad, au Pakistan

Que nous apprennent ces documents? D’abord que l’administration Obama s’est trompée en minimisant la puissance d’Al-Qaida et en pensant que ses groupes régionaux agissaient en autonomie, coupés de l’idéologue et architecte de l’organisation terroriste. Nombre de courriers et d’enregistrements prouvent que Ben Laden dirigeait jusque dans le détail ses «succursales» d’AQMI (Al-Qaida au Maghreb islamique), d’AQPA (Al-Qaida dans la péninsule Arabique) et des Shebab.

Ces archives démontrent aussi que l’administration démocrate et ses services de renseignements n’ont pas su déceler les liens plus qu’ambigus entre deux ennemis déclarés, le sunnite Ben Laden et le régime chiite iranien. Pourtant, ces liens sont désormais avérés. Au point qu’un des fils de Ben Laden, Hamza, désigné comme l’héritier idéologique, s’est marié en Iran il y a une dizaine d’années et séjournerait toujours dans le pays. Un document de 19 pages fait même état d’une négociation entre Al-Qaida et l’Iran pour que ce pays soit la destination de repli des combattants du djihad mondial et leur havre de paix.

Dans ce même mémo de 2007, l’Iran se déclare prêt à offrir «aux frères d’Al-Qaida tout ce dont ils ont besoin, y compris de l’argent et des armes», ainsi que des entraînements dans les camps du Hezbollah au Liban. Dans un autre texte, Ben Laden parle de l’Iran comme étant «la principale artère» de son organisation «pour les fonds, les hommes et la communication». L’auteur du premier mémo concède qu’Al-Qaida et l’Iran ont des divergences profondes, mais il souligne aussi que leurs intérêts convergent «en tant qu’ennemis de l’Amérique».

Ces révélations justifieraient à elles seules le durcissement de la position des États-Unis à l’égard de la théocratie chiite. La nouvelle administration du président Trump a déjà refusé il y a peu de certifier l’accord sur le nucléaire iranien négocié par l’équipe de son prédécesseur. Ned Price, l’ex-conseiller du président démocrate, soupçonne d’ailleurs la CIA d’avoir déclassifié les «Ben Laden Files» à point nommé. Les républicains se sont battus cinq ans au Congrès pour que ces documents sortent, car ils montrent à leurs yeux que l’administration démocrate a minimisé la menace d’Al-Qaida, alors qu’elle a grandi durant les huit ans de présidence Obama. Ce dernier déclarait en décembre 2016 qu’Al-Qaida était désormais le fantôme de ce qu’il était en 2001. Les secrets de Ben Laden prouvent le contraire et écornent l’image du président qui a éliminé l’auteur des attentats du 11 Septembre.

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