Schulz joue son va-tout dans un débat avec Merkel

AllemagneLe candidat social-démocrate va se confronter à la chancelière sortante dans un face à face télévisé qui sera retransmis dimanche sur quatre chaînes de télévision.

Martin Schulz, le rival socialiste (SPD) de la chancelière sortante Angela Merkel a vu sa campagne s'enliser.

Martin Schulz, le rival socialiste (SPD) de la chancelière sortante Angela Merkel a vu sa campagne s'enliser. Image: EPA

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Martin Schulz réussira-t-il à renverser Merkel de son piédestal? Après huit de mois de campagne, le candidat social-démocrate (SPD) à la chancellerie n’a toujours pas réussi à trouver la faille. Rien n’accroche! «Merkel a réussi à éviter toute confrontation et Schulz n’a jamais réussi à sortir de ce cercle vicieux. C’est un cuisant échec», estime Gero Neugebauer, politologue à l’Université Libre de Berlin (FU).

Il avait pourtant déclenché une grande vague d’espoir lors de sa nomination en janvier dernier. «Schulz a débarqué comme un messie. Mais il n’a pas su répondre aux attentes des électeurs qui avaient placé la barre beaucoup trop haut», explique Hendrik Träger, politologue à l’Université de Leipzig. «Il est resté dans le mainstream alors qu’il aurait dû attaquer sur des thèmes de société, comme la retraite. Sa candidature a été un feu de paille», ajoute Hajo Funke, un autre politologue de l’Université libre de Berlin (FU).

Alors qu’un électeur sur deux est toujours indécis à trois semaines du scrutin, le duel télévisé de dimanche (20 h 15), retransmis sur quatre chaînes de télévision, constitue donc un enjeu politique de taille. Martin Schulz doit convaincre qu’une alternance politique est nécessaire. Après douze années de pouvoir, Merkel n’a réalisé aucune réforme importante. La plupart des «grandes» décisions ont été prises par le gouvernement précédent, sous Gerhard Schröder, ou sous l’impulsion des sociaux-démocrates dans son propre gouvernement (abandon du nucléaire, réforme du code de la nationalité, salaire minimum, mariage pour tous).

«Certains militants sociaux-démocrates ont déjà perdu l’espoir de remporter la chancellerie. Désormais, l’objectif est d’éviter une déroute électorale»

«Schulz doit attaquer sur l’éducation, la transition énergétique, le «dieselgate» ou encore les réfugiés. Merkel n’a pas de réponses précises sur ces questions essentielles. Mais Schulz n’a pas grand-chose de plus à proposer non plus. C’est le problème», analyse Gero Neugebauer. «Je ne vois donc pas ce qu’il sortira de son chapeau pour mettre la chancelière en difficulté», ajoute-t-il.

Au siège du SPD, on ne croit d’ailleurs plus au miracle. «Certains militants sociaux-démocrates comme Sigmar Gabriel, le ministre des Affaires étrangères, ont déjà perdu l’espoir de remporter la chancellerie. Désormais, l’objectif est d’éviter une déroute électorale», estime Hendrik Träger.

Merkel cherchera à limiter la casse. Lors des trois duels précédents, elle avait perdu face au candidat du SPD. «Il ne faut donc surtout pas sous-estimer ce duel», prévient Manfred Güllner, le patron de l’institut de sondage Forsa. On se souvient de la confrontation de 2005, lorsque Merkel était encore leader de l’opposition. L’ancien chancelier Gerhard Schröder était repassé devant elle dans les sondages. Merkel avait été élue avec quelques milliers de voix d’avance…

Après douze années de pouvoir, la chancelière a acquis de l’expérience. Mais elle ne compte pas pour autant gagner cette partie télévisée contre Schulz, très bon orateur. Ses conseillers en communication ont d’ailleurs décliné un second duel et ont imposé des conditions très strictes au déroulement de ce débat qui sera diffusé en direct à 20 h 15 depuis Berlin. Merkel n’a pas voulu de duel «ouvert» avec des questions inattendues et la présence d’un public. «Merkel exige un format où rien ne bouge et où Schulz ne puisse pas bouger», a critiqué Nikolaus Brender, ancien rédacteur en chef de la deuxième chaîne de télévision publique (ZDF). Son parti est en tête des sondages avec 15 points d’avance sur le Parti social-démocrate (SPD). Elle n’a donc aucun intérêt à prendre des risques.

(TDG)

Créé: 01.09.2017, 18h31

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