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TurquieLa romancière Asli Erdogan reste en prison

La célèbre romancière turque, incarcérée depuis août et dont la libération avait été annoncée, va finalement rester en prison pour un autre chef d'accusation.

Asli Erdogan est incarcérée depuis le mois d'août.
Asli Erdogan est incarcérée depuis le mois d'août.
Keystone

Un tribunal turc a ordonné mercredi la remise en liberté de la romancière Asli Erdogan, détenue depuis août sous l'accusation d'avoir collaboré avec un journal prokurde. L'écrivaine va toutefois rester en prison pour un autre chef d'accusation, a annoncé son avocat.

«Elle restera en état d'arrestation pour le chef d'accusation d'appartenance à une organisation terroriste», a déclaré à l'AFP son avocat Erdal Dogan devant la prison d'Istanbul où sa cliente est détenue.

La traductrice et auteure Necmiye Alpay, âgée de 70 ans et arrêtée elle aussi en août, restera également en prison pour le même chef d'accusation alors que sa libération avait été annoncée plus tôt par les médias, a-t-il ajouté. Le terme «organisation terroriste» désigne le parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK).

L'ordre de libération conditionnelle annoncé par les médias était lié à l'autre chef d'accusation d'«atteinte à l'Etat et à l'intégrité de l'Etat», a expliqué l'avocat. Les deux femmes devaient bénéficier d'une mesure de libération conditionnelle pour la durée de leur procès sous cette accusation. La prochaine audience doit avoir lieu le 29 décembre, a-t-il ajouté.

Perpétuité requise

Les deux femmes avaient été arrêtées lors des purges menées par les autorités turques après le putsch avorté de la mi-juillet, pour avoir collaboré avec un journal prokurde Les procureurs demandent une peine de prison à perpétuité contre neuf collaborateurs de ce journal, Ozgür Gündem, dont Asli Erdogan et Necmiye Alpay.

L'appartenance à une «organisation terroriste armée» retenue contre elles est le chef d'accusation le plus grave, passible d'une peine de prison à vie.

Vague d'indignation

Physicienne de formation et lauréate de nombreux prix, Asli Erdogan, qui n'a aucun lien de parenté avec le président Recep Tayyip Erdogan, a vu ses romans traduits dans plusieurs langues. Dernier paru en français, Le Bâtiment de pierre (Actes Sud, 2013), dénonce la torture et les conditions de détention en Turquie.

L'arrestation de la romancière de 49 ans a provoqué une vague d'indignation en Turquie et dans le monde, relayée par de nombreux artistes, intellectuels et écrivains.

Ses soutiens affirment qu'Asli Erdogan souffre d'asthme et de diabète et s'inquiètent pour son état de santé. Selon son avocat, «elle n'est pas en très bonne santé physique, mais essaye de rester solide sur le plan psychologique».

Depuis la tentative de coup d'Etat du 15 juillet, les autorités ont lancé contre les putschistes présumés de vastes purges qui ont aussi touché, plus largement, des médias et des partis d'opposition, suscitant l'inquiétude en Europe. La Turquie est 151e au classement mondial de la liberté de la presse dressé par RSF en 2016, derrière le Tadjikistan et juste devant la République démocratique du Congo.

(AFP)

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