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BirmanieRohingyas: des massacres étaient planifiés

Selon une ONG, les musulmans rohingyas ont été piégés par les forces de sécurité sur les berges d'un fleuve. Hommes, femmes et enfants ont été tués et violés.

L'ONU est inquiète des conséquences possibles de l'arrivée des pluies au Bangladesh et en Birmanie au milieu de la pandémie liée au Covid-19. (Mardi 21 avril 2020)
L'ONU est inquiète des conséquences possibles de l'arrivée des pluies au Bangladesh et en Birmanie au milieu de la pandémie liée au Covid-19. (Mardi 21 avril 2020)
AFP
Les gardes-côtes du Bangladesh ont annoncé avoir secouru dans les eaux territoriales du pays au moins 382 réfugiés rohingyas «affamés» après presque deux mois en mer. (15 avril 2020 - Image d'archive)
Les gardes-côtes du Bangladesh ont annoncé avoir secouru dans les eaux territoriales du pays au moins 382 réfugiés rohingyas «affamés» après presque deux mois en mer. (15 avril 2020 - Image d'archive)
AFP
This photo taken on September 22, 2017 shows children lining up relief supplies at the Kutupalong refugee camp for Rohingyas who have fled to Bangladesh to escape violence in Myanmar.The UN said September 25 that more than 436,000 refugees have crossed the border from Rakhine since August 25 when a military crackdown was launched after attacks by Rohingya militants, including thousands of children. Thousands of Rohingya children fleeing violence in western Myanmar have arrived alone in Bangladesh since August 25. These solo children are at risk of sexual abuse, human trafficking and psychological trauma, the UN children's agency said.  / AFP PHOTO / DOMINIQUE FAGET
This photo taken on September 22, 2017 shows children lining up relief supplies at the Kutupalong refugee camp for Rohingyas who have fled to Bangladesh to escape violence in Myanmar.The UN said September 25 that more than 436,000 refugees have crossed the border from Rakhine since August 25 when a military crackdown was launched after attacks by Rohingya militants, including thousands of children. Thousands of Rohingya children fleeing violence in western Myanmar have arrived alone in Bangladesh since August 25. These solo children are at risk of sexual abuse, human trafficking and psychological trauma, the UN children's agency said. / AFP PHOTO / DOMINIQUE FAGET
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Certains massacres dans des villages rohingyas de Birmanie ont été clairement planifiés par l'armée, aidée des populations bouddhistes, estime Human Rights Watch dans un rapport consacré à la localité de Tula Toli. Ces accusations rejoignent celles du Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'homme.

S'appuyant sur des dizaines de témoignages de survivants, l'ONG montre dans son rapport diffusé mardi comment les forces de sécurité ont piégé les musulmans rohingyas sur les berges d'un fleuve pour ensuite tuer et violer hommes, femmes et enfants et incendier la petite ville.

«Les atrocités de l'armée birmane à Tula Toli n'ont pas seulement été brutales, elles ont été systématiques», a déclaré Brad Adams, directeur de Human Rights Watch Asie. «Les soldats ont tué et violé des centaines de Rohingyas avec une efficacité particulièrement cruelle, qui n'a pu qu'être planifiée à l'avance», a-t-il ajouté.

Rassemblés, puis abattus

De nombreux villageois ont déclaré à Human Rights Watch que le chef de l'organisation locale, membre de l'ethnie Rakhine (bouddhiste), leur avait dit de se rassembler sur la plage, prétendant qu'ils y seraient en sécurité. Les forces de sécurité ont ensuite encerclé la zone, tirant sur la foule rassemblée et ceux qui tentaient de fuir. «Ils attrapaient les hommes et les forçaient à s'agenouiller puis ils les tuaient. Ensuite ils empilaient leurs corps. D'abord ils les abattaient et s'ils étaient encore vivants, ils les achevaient à coups de machettes», a raconté Shawfika, 24 ans, dont le mari et le beau-père ont été tués sous ses yeux.

Hassina Begum, 20 ans, a tenté de dissimuler sa fille d'un an, Sohaifa, sous son foulard, mais un soldat l'a aperçue. «Il a pris ma fille et l'a jetée vivante dans les flammes», a-t-elle raconté.

Les responsables doivent être jugés

«L'ONU et les gouvernements étrangers doivent veiller à ce que les responsables de ces graves abus rendent compte de leurs actes», a conclu Brad Adams. La semaine dernière, Médecins sans frontières a estimé qu'au moins 6700 Rohingyas avaient été tués entre fin août et fin septembre.

Les violences ont poussé environ 655'000 Rohingyas à fuir au Bangladesh voisin. Le Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'homme a évoqué lundi des éléments de «génocide», affirmant également que la Birmanie avait clairement «planifié» les attaques violentes visant la minorité musulmane.

L'armée annonce une enquête

Jusqu'ici, l'armée birmane a toujours nié toutes représailles contre les civils, assurant que seules 400 personnes avaient été tuées, parmi lesquelles «aucun innocent». Elle a indiqué cependant lundi dans la soirée qu'elle ouvrait une enquête après la découverte d'une fosse commune dans le village de Inn Dinn. «Des poursuites seront engagées si des membres des forces de sécurité sont impliqués», a précisé le chef de l'armée sur Facebook.

Les violences dans l'Etat Rakhine ont débuté par des attaques de postes de police par la rébellion rohingya de l'Armée du salut des Rohingyas de l'Arakan (ARSA), qui dénonce les mauvais traitements subis par cette minorité.

Diphtérie: 21 morts

Par ailleurs, 21 personnes sont mortes de la diphtérie dans les camps rohingyas au Bangladesh, où une deuxième campagne de vaccination a été entamée, a annoncé mardi l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Selon l'OMS, entre le 10 novembre et le 17 décembre, 1571 cas suspects de cette maladie ont été signalés dans les camps de Cox's Bazar.

La diphtérie est une infection hautement contagieuse qui peut être mortelle si elle n'est pas soignée. Elle peut provoquer une paralysie du système nerveux central ou bien des voies respiratoires, entraînant la mort par asphyxie.

AFP

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