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Riyad et ses alliés posent treize conditions au Qatar

L’Arabie saoudite exige notamment la fermeture d’Al-Jazira pour mettre fin à la crise diplomatique avec Doha.

La télé qatarienne Al Jazeera figure aussi au coeur de la crise diplomatique.
La télé qatarienne Al Jazeera figure aussi au coeur de la crise diplomatique.
AP Photo/Osama Faisal, File)

Quelles négociations faudra-t-il pour que l’importante crise diplomatique qui sévit au Moyen-Orient, avec la mise au ban du Qatar par ses voisins, se résolve? Vendredi, quatre pays, l’Arabie saoudite, l’Egypte, les Emirats arabes unis et Bahreïn ont posé leurs exigences. Parmi les treize mesures réclamées, on retrouve les griefs évoqués par ces pays le 5 juin, lorsqu’ils annonçaient leur rupture diplomatique avec Doha: la fin des liens privilégiés que le Qatar entretient avec l’Iran, la fin également du financement d’organisations considérées comme terroristes (reproche que Doha nie), la rupture avec les Frères musulmans.

Mais d’autres demandes sont également très précises, comme l’arrêt du financement d’Al Jazeera, la chaîne de télévision en arabe et en anglais, qui a placé le Qatar sur la carte du monde. La monarchie saoudienne voit cette chaîne d’un très mauvais œil, car elle donne la parole aux courants islamistes qui la critiquent. Pour Riyad, le Qatar se sert de son bras armé médiatique pour soutenir les Frères musulmans en Egypte, en Tunisie, en Libye. Or il n’est évidemment guère imaginable que Doha coupe les ailes au canal de diffusion qui porte son rayonnement dans le monde.

Une autre condition réclame la fermeture de la base militaire turque d’Al Rayyan, sise dans le sud du Qatar. La Turquie, alliée de la monarchie qatarie, a déjà averti que l’exigence posée serait considérée comme une ingérence dans ses affaires. Elle vient même d’y envoyer des soldats supplémentaires. Ankara soutient par ailleurs à bout de bras les Qataris pour contrer leur isolement, puisque toutes les frontières terrestres avec leurs voisins fâchés sont fermées. Selon des chiffres donnés par la BBC, les exportations turques vers le Qatar ont triplé depuis les sanctions.

Riyad et ses alliés ont fixé un ultimatum de dix jours pour que Doha s’exécute. Pas sûr que la méthode plaise à Washington. Alors même que Donald Trump avait lui-même mis de l’huile sur le feu des tensions entre les monarchies du Golfe lors de sa visite à Riyad fin mai, la Maison-Blanche essaie maintenant d’endosser tant bien que mal le rôle de médiateur. Pour une sortie de crise, le secrétaire d’Etat américain Rex Tillerson avait demandé à Riyad de poser des «conditions réalistes» aux Qataris. Au vu des exigences avancées, les négociations risquent bien de durer.

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