«Les réfugiés n’ont qu’un but, passer cette frontière»

HongrieAprès la fermeture de la frontière hongroise, les migrants s’agglutinaient mardi à Horgos, côté serbe. Un collaborateur de la Chaîne du Bonheur raconte.

Une barrière à la frontière entre la Hongrie et la Serbie, près du village de Horgos, ce mardi 15 septembre.

Une barrière à la frontière entre la Hongrie et la Serbie, près du village de Horgos, ce mardi 15 septembre. Image: Reuters

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Jusqu’à lundi soir minuit, la bourgade de Horgos, au nord de la Serbie, était encore le seul point de passage possible, comme un «trou» dans la barrière de fer hongroise, permettant à des milliers de migrants de continuer leur voyage vers l’Autriche. Mais depuis mardi et la fermeture totale de la frontière par Budapest, mesure accompagnée d’une surveillance policière et militaire musclée, les réfugiés s’entassent devant les barbelés, côté serbe.

«Il fait très chaud, les gens souffrent d’un manque d’eau, ils sont épuisés. Beaucoup sont blessés aux pieds, les organisations humanitaires sont bien là, mais elles sont débordées», raconte Manolo Caviezel, coordinateur de la Chaîne du Bonheur, venu observer le travail de ses partenaires sur place, l’EPER (l'Entraide Protestante Suisse) et Caritas, notamment. Hier matin, un millier de personnes, dont de nombreuses familles avec enfants, s’agglutinaient devant ce point de passage bouclé. «Mais la situation évolue constamment, car tous espèrent qu’une brèche va s’ouvrir ici ou là, le long de la frontière. Les rumeurs alimentent ainsi les déplacements de foule», poursuit le collaborateur de la Chaîne du Bonheur.

Personne ne semble conscient en revanche que la Hongrie applique désormais une politique draconienne envers quiconque s’aventure à passer illégalement les barbelés: cela signifie l’arrestation et une peine pouvant aller jusqu’à trois ans de réclusion, et même cinq ans en cas de dommages causés. En guise d’ajout à cet arsenal, Budapest a déclaré mardi l’état d’urgence dans les deux provinces qui jouxtent la frontière avec la Serbie, ce qui donne aux forces de police des pouvoirs spéciaux. «Beaucoup de ces réfugiés n’ont quasi aucune connaissance des différentes politiques qu’appliquent les Etats qu’ils traversent au cours de leur périple. Ils ne savent pas ce qu’ils risquent en Hongrie. Tout ce qu’ils veulent, c’est passer cette frontière coûte que coûte, simplement pour continuer leur voyage», souligne Manolo Caviezel.

Mardi, des migrants se sont fait arrêter par l’armada militaro-policière déployée par le gouvernement hongrois le long de la frontière. Il s’agit donc des premières interpellations sous le nouveau régime voulu par le gouvernement de Viktor Orbán Qu’adviendra-t-il d’eux? Nul ne le sait encore. Mais Budapest n’a pas manqué de communiquer aussitôt sur ces arrestations, espérant sans doute un effet de dissuasion. «Soixante personnes ont été arrêtées par la police alors qu’elles cisaillaient ou endommageaient la clôture. La police a ouvert une procédure pénale à leur encontre», a fait savoir Gyorgy Bakondi, un porte-parole du gouvernement, lors d’une conférence de presse organisée à Szeged, dans le sud de la Hongrie.

On ne sait pas non plus quel sort sera réservé à ceux qui se seront résolus finalement à s’enregistrer à la frontière comme demandeurs d’asile, seule brèche possible désormais pour pénétrer sur sol hongrois quand on est un migrant syrien, un irakien ou afghan. Des organisations comme Human Rights Watch ont dénoncé les conditions auxquelles sont soumis les réfugiés, parqués dans des camps. Il y a quelques jours, les images chocs de policiers jetant de la nourriture à une foule affamée, comme on la jetterait à des animaux, avaient donné un aperçu de ces conditions d’accueil.

Appel aux dons La Chaîne du Bonheur a lancé une campagne d’aide aux structures d’accueil des réfugiés. Dons via le CCP 10-15000-6 (mention «Réfugiés»), l’application «Swiss Solidarity» ou sur www.bonheur.ch

Créé: 15.09.2015, 14h37

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