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Réforme des retraites: mobilisation moins forte

Mercredi, les manifestants étaient moins nombreux pour protester contre la réforme des retraites, en France.

Réforme des retraites expliquée.

Plus de 108'000 personnes, selon le ministère de l'Intérieur, ont manifesté mercredi en France, soit nettement moins que lors des sept précédentes journées nationales interprofessionnelles contre la réforme des retraites. Celle-ci est toujours défendue avec détermination par l'exécutif.

Des manifestations se sont tenues un peu partout en France, réunissant moins de monde que les journées précédentes, notamment celle de vendredi (249'000 selon le ministère de l'Intérieur, 1,3 million pour la CGT).

Le ministère de l'Intérieur a compté 13'000 manifestants à Paris et la CGT 180'000. La centrale de Montreuil n'a pas donné de chiffre pour la France entière. Ils étaient 4500 selon la police à Marseille (75'000 selon la CGT), 3000 à Toulouse (35'000 selon la CGT), 2500 au Havre (7000), 2100 à Rennes (4000 selon FO), 3500 à Bordeaux (10'000) ou encore 1050 à Saint-Étienne (4000) et 800 à Strasbourg (1200).

A Paris, plusieurs milliers de personnes ont commencé à défiler peu avant 14h00, dans le calme, entre la place d'Italie et les Invalides, derrière une banderole clamant: «retraite à points: tous perdants, retraite à 60 ans: tous gagnants».

«On est bel et bien dans une réforme paramétrique permanente dont le seul objectif est de contraindre ceux qui ont encore du boulot à travailler plus longtemps», a estimé le secrétaire général de Force ouvrière Yves Veyrier. «La CGT est encore plus déterminée, mobilisée», a assuré Catherine Perret, secrétaire confédérale. «On ira jusqu'au bout tant qu'Emmanuel Macron et Édouard Philippe n'entendent pas qu'ils sont isolés dans ce pays», a-t-elle déclaré.

Motion de censure

Cette nouvelle mobilisation, à l'appel de l'intersyndicale CGT-FO-Solidaires-FSU et organisations de jeunesse, intervient alors que les deux projets de loi, l'un organique, l'autre ordinaire, ont démarré leur parcours à l'Assemblée nationale après leur adoption vendredi en Conseil des ministres. Les discussions dans l'Hémicycle doivent démarrer le 17 février.

Les opposants au texte, ainsi que les oppositions politiques, ont été ragaillardis par la publication d'un avis particulièrement critique du Conseil d'État, qui a regretté ne pas avoir eu le temps de «garantir au mieux la sécurité juridique» du projet de réforme, critiqué le recours à 29 ordonnances qui font «perdre la visibilité d'ensemble», et pointé des projections financières «lacunaires».

Édouard Philippe a défendu mardi à l'Assemblée la réforme et son étude d'impact, «très complète». «Je n'ai jamais pensé que cette réforme serait simple car le sujet est effectivement compliqué», a reconnu le Premier ministre.

Laurent Berger, le secrétaire général de la CFDT, pourtant favorable à un système universel des retraites par points, a regretté le «biais» de cette étude qui se base sur un âge d'équilibre à 65 ans, avec des chiffres «très contestables».

Motion de censure

Son syndicat a posé mercredi «une condition sine qua non» avant de faire des propositions pour permettre d'équilibrer le système d'ici 2027 lors de la conférence de financement qui doit s'ouvrir jeudi à Matignon. «Il faut d'abord qu'on réponde aux exigences de justice sociale», a expliqué M. Berger, demandant «des assurances en terme de pénibilité, retraite progressive, minimum contributif et transitions pour les agents publics».

Côté politique aussi, les parlementaires de l'opposition montent au créneau. Les députés insoumis, communistes et socialistes ont annoncé mercredi être prêts à déposer une motion de censure commune contre le gouvernement pour son projet de réforme.

Essoufflement

Mais les grèves s'essoufflent, voire s'arrêtent, y compris dans les transports, fers de lance du mouvement. Le trafic RATP et SNCF était ainsi annoncé «quasi normal» mercredi, même si à Nice et Antibes, les transports publics étaient paralysés.

Restent également les ports et docks, qui ont appelé à une grève de 24 heures. Et dans le secteur des déchets, la CGT Énergie a reconduit jusqu'au 3 février l'arrêt des trois usines d'incinération parisiennes décidé jeudi dernier, compliquant la gestion quotidienne de 6000 tonnes d'ordures.

(ats)

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