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Raqa: combats aux portes de la vieille ville

Les combats font rage à l'entrée de la vieille ville de Raqa, bastion du groupe Etat islamique.

Des dizaines de milliers de civils déplacés sont rentrés dimanche chez eux dans le sud syrien à la faveur d'un accord entre les rebelles et le régime de Bachar al-Assad. (Dimanche 8 juillet 2018)
Des dizaines de milliers de civils déplacés sont rentrés dimanche chez eux dans le sud syrien à la faveur d'un accord entre les rebelles et le régime de Bachar al-Assad. (Dimanche 8 juillet 2018)
Keystone
L'EI annonce la mort d'un fils de son chef en Syrie. (Mardi 3 juillet 2018)
L'EI annonce la mort d'un fils de son chef en Syrie. (Mardi 3 juillet 2018)
Keystone
Le groupe État islamique (EI) a repris vendredi un quartier du sud-est de la ville de Raqqa, son bastion en Syrie, près de trois semaines après l'avoir perdu. (Vendredi 20 juin 2017)
Le groupe État islamique (EI) a repris vendredi un quartier du sud-est de la ville de Raqqa, son bastion en Syrie, près de trois semaines après l'avoir perdu. (Vendredi 20 juin 2017)
AFP
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Alors que la commission d'enquête de l'ONU sur la Syrie va témoigner mercredi, les combats font rage sur le terrain, et notamment à l'orée de la vieille ville de Raqa où les forces antijihadistes se heurtent à la résistance acharnée de l'EI.

A 13h30 GMT, à Genève, la commission d'enquête de l'ONU sur la Syrie fera le point sur l'évolution de la situation dans le pays au cours des quatre derniers mois, lors d'une conférence de presse, à l'issue d'un compte rendu oral devant le Conseil des droits de l'Homme.

A cette heure, les troupes antijihadistes soutenues par Washington seront peut-être enfin arrivées aux portes de la vieille ville de Raqa, le principal bastion du groupe Etat islamique en Syrie.

Mardi, «Il y (avait) de violents combats contre Daech, qui a énormément recours aux mines et aux tireurs embusqués, et parfois aux voitures piégées», avait souligné à l'AFP la porte-parole de la campagne de Raqa, Jihan Cheikh Ahmad.

L'offensive est menée par les combattants des Forces démocratiques syriennes (FDS), une alliance arabo-kurde engagée depuis novembre dans une campagne destinée à chasser l'EI de ce qui est depuis 2014 sa «capitale» en Syrie.

Après être entrées dans cette ville du nord de la Syrie le 6 juin, les FDS se sont emparés d'un quartier dans l'est et d'un autre dans l'ouest. Et depuis lundi elles tentent de capturer le quartier d'al-Senaa, situé aux portes de la vieille ville où se trouvent d'importantes fortifications de l'organisation djihadiste, la plus redoutée au monde.

Attaques répétées

Mais l'EI leur oppose une résistance farouche, malgré les nombreuses frappes des avions de la coalition internationale dirigée par les Etats-Unis. «Le quartier d'al-Senaa n'a pas encore été entièrement sécurisé en raison des attaques répétées des djihadistes », a indiqué l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), qui dispose d'un large réseau de sources à travers la Syrie.

D'après l'OSDH, la prise d'al-Senaa marquera le début de la véritable bataille pour Raqa, car les FDS s'attaqueront alors au centre, en commençant par la vieille ville.

«Le centre-ville sera la principale bataille à Raqa», a indiqué à l'AFP Rami Abdel Rahmane, le directeur de l'OSDH. Ce secteur comprend un «grand nombre de tunnels et de combattants djihadistes », selon lui.

Le centre est en outre densément peuplé, ce qui devrait compliquer les opérations, comme c'est le cas actuellement à Mossoul, le fief de l'EI en Irak, où les forces de Bagdad se heurtent à une forte résistance de l'EI.

Avant l'offensive Raqa comptait environ 300'000 habitants, dont 80.000 déplacés venus d'autres parties de la Syrie. Après la fuite de milliers de personnes ces derniers mois, l'ONU estime à 160.000 le nombre d'habitants qui y vivent toujours, dans des conditions se détériorant de jour en jour.

Le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR) a d'ailleurs appelé mardi à «un meilleur accès (...) aux dizaines de milliers de civils qui ont désespérément besoin d'assistance humanitaire», estimant à plus de 430'000 le nombre de personnes ayant besoin d'aide dans toute la province de Raqa. «Jusqu'à présent, il n'y a aucune route viable disponible pour acheminer de l'aide», a déploré le HCR.

A Raqa même, les boulangeries sont fermées, faute de farine, selon des militants sur place. L'électricité est coupée et il y a d'importantes pénuries d'eau. Selon l'OSDH, 88 civils dont 18 enfants ont été tués depuis le lancement de l'assaut sur la ville il y a une semaine.

Aider les civils

L'ONG Human Rights Watch a appelé mardi la coalition internationale antijihadistes et les FDS à «protéger les civils et à respecter les droits de l'Homme en priorité dans l'offensive» de Raqa.

Il ne s'agit pas «juste de vaincre l'EI mais aussi de protéger et de venir en aide aux civils qui ont souffert pendant trois ans et demi sous le règne de l'EI», a précisé Lama Fakih, directrice-adjointe de HRW pour le Moyen-Orient.

Alors que la situation est critique sur place, après six années de conflit dans le pays, les donateurs eux se lassent, ont déploré mardi des médecins syriens. «De jour en jour, les soutiens cessent. Nombreux se sont lassés, car nous sommes dans la septième année de guerre», a ainsi regretté le Dr Farida, lors d'une rencontre avec des journalistes à l'ECFR (European council on foreign relations) à Paris.

Depuis sa prise par l'EI en 2014, Raqa est devenue le symbole des atrocités des djihadistes en Syrie, ainsi qu'une base pour la planification d'attentats sanglants commis à l'étranger. De nombreux djihadistes étrangers s'y étaient installés, avec parfois leur famille.

Dans la province de Raqa, l'EI doit faire face également à l'armée syrienne, qui n'est toutefois pas impliquée dans la bataille pour la capture de la ville. Mardi, les troupes du régime de Bachar el-Assad se sont emparées de neuf positions et villages à l'ouest de Raqa, a rapporté l'OSDH.

(AFP)

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