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Un projet de loi veut décriminaliser la polygamie

L'Utah, où de nombreux citoyens sont polygames, doit voter un texte modifiant une loi de 2017 faisant de la polygamie un «crime» passible de cinq ans de prison.

L'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours, nom officiel de l'Église mormone et dont le siège est à Salt Lake City (Utah), a formellement interdit la polygamie en 1890, sous la pression de l'Etat fédéral.
L'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours, nom officiel de l'Église mormone et dont le siège est à Salt Lake City (Utah), a formellement interdit la polygamie en 1890, sous la pression de l'Etat fédéral.
AFP

Une commission du Sénat de l'Utah a adopté à l'unanimité un projet de loi visant à décriminaliser la polygamie, encore pratiquée par des milliers de familles dans cet Etat de l'ouest américain berceau de la religion des Mormons.

Le texte, qui va être soumis à l'approbation de l'ensemble des sénateurs, modifie une loi de 2017 faisant de la polygamie un «crime» passible d'une peine de cinq ans de prison, voire de quinze ans si elle est assortie de violences, d'abus ou de fraude.

Simple infraction

Le projet de loi porté par la sénatrice Deidre Henderson ne remettrait pas en cause ces dispositions en cas d'abus ou autres crimes, mais elle relèguerait la polygamie entre des adultes consentants au rang de simple «infraction», passible d'une amende de 750 dollars.

Un tel montant est inférieur à certaines amendes pour des infractions routières, relèvent les opposants à cette mesure, qui estiment qu'elle va contribuer à renforcer les abus commis au sein des familles polygames.

«Le projet de loi ne protège pas les milliers de victimes - hommes, femmes et enfants - qui ont été programmées (...) depuis la naissance par leurs propres parents, pour se taire, obéir, être polygames ou être détruites », accuse ainsi Sound Choices Coalition, une ONG combattant la polygamie, propice selon elle aux abus sexuels et psychologiques.

Liberté de croyance

A l'inverse, la sénatrice Henderson fait valoir que son projet de loi permettra plus facilement aux victimes de tels abus de les dénoncer, sans craindre d'être elles-mêmes poursuivies pour polygamie.

Un argument également repris par l'antenne locale de la puissante organisation de défense des droits humains ACLU, en faveur du projet de loi au nom de «la liberté de religion et de croyance».

«Nous soutenons la décriminalisation de la pratique de la polygamie» dès lors qu'elle concerne «des adultes consentants», «c'est la position de notre organisation depuis 1991», a déclaré à l'AFP Marina Lowe, avocate membre de l'ACLU en Utah.

Même si les autorités judiciaires de l'Utah ne poursuivent traditionnellement pas les couples pratiquant la polygamie consensuelle, le sujet est un enjeu important dans cet Etat où quelque 60% de la population (environ trois millions d'habitants au total) appartient à l'Eglise mormone, qui a longtemps revendiqué cette pratique pour des raisons religieuses.

L'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours, nom officiel de l'Église mormone et dont le siège est à Salt Lake City (Utah), a formellement interdit la polygamie en 1890, sous la pression de l'Etat fédéral.

Mais plusieurs dizaines de fondamentalistes, regroupés dans des cultes dissidents, sont toujours polygames. Certaines familles ne se cachent pas et ont même participé à des émissions de télé-réalité ou écrit des livres sur le sujet.

(AFP)

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