Le «plan de paix» de Trump ravit Netanyahou

Le président donne le feu vert à Israël pour l’annexion des colonies juives. La vallée du Jourdain échapperait aussi au futur État palestinien.

Donald Trump a donné son feu vert au premier ministre israélien Benyamin Netanyahou pour l’annexion des colonies juives.

Donald Trump a donné son feu vert au premier ministre israélien Benyamin Netanyahou pour l’annexion des colonies juives. Image: AFP

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Oubliée, la poignée de main historique entre l’ex-premier ministre israélien Yitzhak Rabin et l’ancien leader palestinien Yasser Arafat! Effacé, le sourire satisfait du président Clinton après la signature des accords d’Oslo en 1993! Le contraste était saisissant, ce mardi à Washington: Donald Trump a présenté son «plan de paix» pour le Proche-Orient, flanqué d’un Benyamin Netanyahou réjoui… mais sans les Palestiniens!

Le timing, lui aussi, est curieux. Surnommé «le deal du siècle», ce plan américain est annoncé alors que Trump et Netanyahou sont tous deux menacés par des procès qui mettent en péril leur réélection. La destitution du premier est soumise au Sénat des États-Unis, en pleine campagne pour le scrutin présidentiel de novembre. Quant au second, il vient justement d’être inculpé ce mardi en Israël dans une affaire de corruption, à un mois des législatives de mars!

Mais que prévoit-il au juste ce plan de 80 pages préparé par Jared Kushner, le gendre du président Trump?

Futur État de Palestine

Donald Trump dit proposer «une solution réaliste à deux États», précisant que le «futur État palestinien» ne verra le jour que sous plusieurs «conditions», notamment «le rejet clair du terrorisme». Par ailleurs, ce sera forcément un État démilitarisé. Benyamin Netanyahou a quant à lui précisé une autre condition: la reconnaissance d’Israël comme un «État juif».

Donald Trump parle d’un État palestinien «d’un seul tenant», ce qui implique une continuité territoriale en Cisjordanie, sans préciser s’il y aura un corridor routier rejoignant la bande de Gaza.

Le président étasunien dit avoir adressé une lettre au président palestinien Mahmoud Abbas, lui assurant que le territoire prévu pour son futur État «restera ouvert et sans développement» de colonies israéliennes «pendant une période de quatre ans». Le temps de pacifier les factions palestiniennes? Le volet économique de ce plan, déjà dévoilé en juin dernier, prévoit des investissements à hauteur de 50milliards de dollars pour améliorer les conditions de vie des Palestiniens.

Jérusalem: double capitale

Jérusalem restera «la capitale indivisible d’Israël», a assuré Donald Trump. En clair, il n’est pas question, pour l’État hébreu, de céder la Vieille-Ville ou d’autres lieux saints situés à Jérusalem-Est (qui fut annexée en 1980). Mais, simultanément, le président étasunien évoque «une capitale palestinienne à Jérusalem-Est», donc probablement dans une banlieue arabe. Pas de quoi convaincre le président Mahmoud Abbas, qui a rompu tout lien avec l’administration Trump depuis que Washington a déplacé en mai 2018 son ambassade de Tel-Aviv à Jérusalem.

Annexions israéliennes

Les États-Unis sont en outre prêts à «reconnaître la souveraineté israélienne sur des territoires» occupés, sans en préciser l’ampleur. Benyamin Netanyahou, lui, a annoncé sans détour que Washington va reconnaître les colonies juives comme faisant partie intégrante de l’État d’Israël. L’ambassadeur américain David Friedman a ajouté que cette annexion peut commencer sans délai.

Bref, l’État hébreu, qui couvre déjà 78% de l’ancienne Palestine britannique, va encore grignoter une partie de la Cisjordanie! Ce d’autant que le plan Trump octroie à Israël la souveraineté sur la vallée du Jourdain, selon le premier ministre israélien. Cette zone stratégique le long du fleuve fait office de frontière avec la Jordanie voisine. La ville palestinienne de Jéricho ferait probablement exception.

Benyamin Netanyahou a encore précisé que les réfugiés palestiniens (qui avaient fui le conflit en 1948) n’auront pas le droit au retour en Israël. Ce point est ultrasensible dans les deux camps. Pour les organisations palestiniennes, c’est un affront. Les factions palestiniennes ont rejeté le plan avant même l’annonce. Mais visiblement, Trump parie sur la population de Cisjordanie qui en a assez de ce conflit interminable.

Créé: 28.01.2020, 21h50

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