«Juifs et Arabes sont voisins, faisons connaissance!»

EntretienFigure israélienne, feu Shimon Peres avait créé un Centre pour la paix en marge des Accords d’Oslo. Son fils Chemi Peres poursuit la cause, envers et contre tout.

Chemi Peres, fils de l’ancien président israélien.

Chemi Peres, fils de l’ancien président israélien. Image: Maurane di Matteo

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Chemi Peres est satisfait. Le fils de l’ancien président israélien Shimon Peres est venu à Genève rencontrer des investisseurs pour son fonds de capital-risque Pitango et des donateurs pour le Centre Peres pour la paix et l’innovation, fondé par son père en 1996, en marge des Accords d’Oslo. L’idée de départ n’a pas changé: la paix n’est pas qu’une affaire de politique, c’est à chacun d’aller à la rencontre de l’autre pour construire ensemble l’avenir. Que devient cette belle démarche à l’heure où Jared Kushner, gendre de Donald Trump, défend à l’ONU un plan que rejettent les Palestiniens?

De quelles réussites êtes-vous le plus fier?

Avoir pu sauver des vies, bien sûr! Grâce au Centre Peres, 12'500 enfants palestiniens souffrant de maladies graves ont été opérés dans des hôpitaux israéliens ces quinze dernières années. Un autre programme médical a permis de placer 250 jeunes docteurs palestiniens dans des hôpitaux en Israël, où ils ont pu faire leur spécialisation, parfois durant cinq ans! Ils ont un mentor, opèrent sur des Israéliens… Mais j’aime aussi parler de nos programmes sportifs: des équipes mixtes où se côtoient des enfants israéliens, qu’ils soient juifs ou Arabes, mais aussi des Palestiniens, des filles et des garçons. Ils jouent ensemble une fois par semaine, au football ou au basket. Déjà 22'500 jeunes y ont participé. Parfois ils jouent avec une star comme Messi ou avec des ambassadeurs étrangers, des maires de communes israéliennes juives et arabes…

Pourquoi avoir ajouté «l’innovation» dans le nom du centre? C’est un objectif plus atteignable que la paix?

Israël est le premier État bâti sur l’innovation. Les fondateurs ont créé une langue (l’hébreu moderne), développé une culture israélienne. Des ingénieurs ont inventé des technologies permettant de disposer d’eau pour l’agriculture. Ce pays a toujours innové dans la défense, depuis le nucléaire jusqu’à la cybersécurité. L’économie compte des milliers de start-up. Or, nous disons que l’innovation doit être mise au service de la paix.

Le «plan de paix» de Trump met les Palestiniens en colère. Il vous complique la tâche?

Le Centre Peres est apolitique. Depuis le début, nous disons simplement que juifs et Arabes seront toujours voisins, vivront toujours ensemble dans cette région et doivent donc apprendre à se connaître. Le monde évolue très vite, ce qui compte désormais, ce n’est plus d’être de gauche ou de droite, mais d’être capable d’aller de l’avant.

Mais ce plan a été conçu sans les Palestiniens! Cela contredit votre démarche, non?

L’avenir ne peut pas être laissé aux seuls politiciens. C’est à nous tous de façonner notre futur, créer un mouvement qui pousse vers l’avant. Les défis à relever nécessitent que nous collaborions. Face à l’enjeu climatique, il est insensé de s’entre-tuer pour le contrôle de territoires et de ressources.

Le Centre Peres pour la paix veut créer cet élan depuis 1996! Vous avez échoué?

Il y a eu plusieurs tentatives tout de même! Et même si les Palestiniens trouvent partial le «deal du siècle» (ndlr: le plan de Trump), certains aspects sont à noter: ce plan venant de la droite accepte les deux États. Washington veut une ambassade dans une capitale palestinienne située à Jérusalem-Est (ndlr: dans le faubourg d’Abou Dis). Il est question d’échanger des territoires, d’investir dans l’économie palestinienne. Bref, cela pourrait être un point de départ pour des discussions. On ne changera pas le passé, mais nous pouvons façonner l’avenir.

Créé: 07.02.2020, 21h58

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