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Egypte-ItalieEtudiant torturé: Le Caire ne livre rien

L'Egypte a refusé de livrer à Rome des milliers de relevés téléphoniques dans le cadre de l'enquête sur la mort de Giulio Regeni, retrouvé supplicié.

le procureur Moustafa Souleïmane lors d'une conférence de presse au Caire.
le procureur Moustafa Souleïmane lors d'une conférence de presse au Caire.
Keystone

Le parquet égyptien a refusé samedi de livrer aux autorités italiennes des milliers de relevés téléphoniques dans le cadre de l'enquête sur la mort de l'étudiant Giulio Regeni, retrouvé supplicié au Caire. Il a jugé «inconstitutionnelle» cette demande de l'Italie, ce qui ne va pas arranger la crise diplomatique entre les deux pays.

Les enquêteurs italiens demandaient l'accès à des enregistrements téléphoniques réalisés après l'assassinat de l'étudiant italien en début d'année, dans des circonstances atroces. «Cette exigence est contraire à notre Constitution et à notre législation», a déclaré le procureur Moustafa Souleïmane lors d'une conférence de presse.

Il a ajouté que les résultats des investigations menées par le parquet égyptien seraient communiqués ultérieurement aux autorités italiennes, conformément à la loi. Ils concernent notamment ces enregistrements téléphoniques.

Recherches sur les syndicats

Giulio Regeni, 28 ans, a disparu au Caire le 25 janvier, jour anniversaire du début du soulèvement de 2011. Son cadavre portant des traces de torture a été découvert le 3 février au bord d'une route dans un faubourg de la capitale égyptienne.

L'étudiant effectuait des recherches sur les syndicats indépendants en Egypte. Selon plusieurs ONG, les marques de torture retrouvées sur son corps laissent penser qu'il est mort aux mains des services de sécurité égyptiens, accusation rejetée par les autorités égyptiennes.

Fin mars, ces dernières ont annoncé la mort de plusieurs membres d'un gang criminel «spécialisé dans l'enlèvement d'étrangers». Ils auraient été retrouvés en possession d'objets ayant appartenu à l'étudiant italien, dont son passeport.

Tensions diplomatiques

Des représentants du parquet de Rome se sont entretenus jeudi et vendredi avec des enquêteurs égyptiens qui leur ont remis une partie mais pas tous les éléments de l'enquête demandés par la justice italienne.

L'Italie a rappelé vendredi son ambassadeur en Egypte, Maurizio Massari, pour consultations afin d'examiner les mesures à prendre pour faire toute la lumière sur cet «assassinat barbare». Samedi, le ministre égyptien des Affaires étrangères, Sameh Choukry, a téléphoné à son homologue italien Paolo Gentiloni.

Il a déploré cette décision et souligné la «transparence» de son pays dans cette affaire, rapporte l'agence de presse égyptienne Mena. Le chef de la diplomatie égyptienne a également regretté la «tournure politique» prise par ce dossier.

ats

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