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SyrieL'hôpital des victimes de l'«attaque toxique» bombardé

Au moins 58 personnes ont été tuées dans une attaque au gaz toxique sur la ville de Khan Cheikhoun. L'hôpital traitant les victimes a été bombardé.

Malgré la trêve humanitaire, les violences entre l'armée syrienne et les insurgés ont repris dans la Ghouta orientale. (Mercredi 28 février 2018)
Malgré la trêve humanitaire, les violences entre l'armée syrienne et les insurgés ont repris dans la Ghouta orientale. (Mercredi 28 février 2018)
AFP
Les Etats-Unis ont commencé à livrer des armes aux combattants kurdes contre l'EI dans le nord de la Syrie, au grand dam d'Ankara. (Mardi 30 mai 2017)
Les Etats-Unis ont commencé à livrer des armes aux combattants kurdes contre l'EI dans le nord de la Syrie, au grand dam d'Ankara. (Mardi 30 mai 2017)
Keystone
AFP
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L'hôpital traitant les blessés d'une «attaque toxique» menée mardi dans le nord-ouest de la Syrie a été bombardé, provoquant des destructions importantes dans l'établissement, a constaté le correspondant de l'AFP sur place. Il n'était pas possible dans l'immédiat de savoir s'il y avait des victimes. Le journaliste a rapporté que le bombardement a visé une partie de l'hôpital. Il a vu des médecins s'enfuir au milieu des décombres.

58 morts au moins

Un peu plus tôt mardi, l'Observatoire syrien des droits de l'homme rapportait des attaques aériennes qui ont émis du gaz toxique dans la province d'Idleb dans le nord-ouest du pays. Ces raids ont tué au moins 58 personnes, dont 11 enfants, selon la même source.

Des dizaines d'autres ont été blessées, selon l'organisation basée à Londres, qui dispose d'un réseau de militants et d'informateurs sur le terrain. «Des victimes ont succombé après avoir été transportées dans les hôpitaux. Toutes sont des civils», a précisé Rami Abdel Rahmane, directeur de l'OSDH. Une vidéo diffusée par des militants a montré un petit garçon respirant avec difficulté, pouvant à peine ouvrir les yeux et avec de la mousse sortir de sa bouche.

Le bilan n'a cessé de monter durant la matinée au fur et à mesure que les victimes, toutes des civils, succombaient «après avoir été transportées dans les hôpitaux», a précisé à l'AFP Rami Abdel Rahmane, le directeur de l'OSDH.

La Coalition nationale, importante composante de l'opposition syrienne, a accusé le régime d'avoir utilisé des «obus contenant du gaz chimique». Elle a demandé au Conseil de sécurité de l'ONU de «convoquer une réunion urgente (...) et d'ouvrir une enquête immédiate».

Suffocations

Le correspondant de l'AFP dans un hôpital de Khan Cheikhoun a vu des patients avec de la mousse sortir de leur bouche. Beaucoup ont été aspergés d'eau par les médecins qui tentaient de les réanimer. «Tous les cas traités sont des évanouissements, des convulsions, des pupilles dilatées, de la mousse dans la bouche et des suffocations», a expliqué un médecin mettant un masque d'oxygène à un enfant, selon une vidéo diffusée par la direction de la santé gérée par les rebelles d'Idleb.

Des sources médicales dans la ville citées par l'OSDH ont également fait état d'évanouissements, de vomissements et de présence de mousse dans la bouche des victimes.

Le régime n'avait pas communiqué sur ces frappes à la mi-journée. L'OSDH a indiqué que les personnes étaient décédées en raison des effets du gaz, notamment par suffocation, mais elle n'était pas en mesure de donner la nature de ce gaz.

L'OSDH, basée en Grande-Bretagne et disposant d'un vaste réseau de sources en Syrie, n'était pas non plus en mesure de dire si les raids étaient le fait d'avions de l'armée syrienne ou de ceux de la Russie, alliée du régime. Elle dit habituellement être en mesure de déterminer à qui appartiennent les avions en fonction de leur type, leur localisation et leur munitions.

La province d'Idleb, largement contrôlée par une alliance de rebelles et des djihadistes , est régulièrement la cible de frappes du régime, et de l'aviation russe. Elle a également été touchée par des raids de la coalition antijihadistes dirigée par les Etats-Unis.

Le gouvernement syrien dément utiliser des armes chimiques dans une guerre qui a déjà fait plus de 320.000 morts depuis mars 2011. Il a ratifié la Convention sur l'interdiction des armes chimiques en 2013.

En octobre 2016, le Conseil de sécurité avait reçu un rapport concluant que l'armée syrienne avait mené une attaque à l'arme chimique, sans doute du chlore, à Qmenas, dans la province d'Idleb, le 16 mars 2015. L'Union européenne avait placé le 20 mars sur sa liste noire quatre nouveaux responsables militaires syriens, accusés d'avoir utilisé «des armes chimiques à l'encontre de la population civile» en 2014 et 2015, selon un communiqué.

Réunion à Bruxelles

Début mars, l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC) a indiqué enquêter sur huit attaques présumées au gaz toxique commises en Syrie depuis le début de 2017. La coalition de l'opposition a affirmé que «le crime horrible» de mardi rappelait l'attaque de l'été 2013 près de Damas qu'elle avait imputée au régime et que la communauté internationale «a laissée impunie».

En août 2013, le régime avait été accusé d'avoir utilisé du gaz sarin dans cette attaque de deux secteurs rebelles qui avait fait 1.400 morts, selon Washington. En septembre, un accord russo-américain sur le démantèlement de l'arsenal chimique syrien avait écarté in extremis la menace de frappes américaines contre le régime. L'ambassadrice américaine à l'ONU Nikki Haley a déclaré lundi que le président Bachar el-Assad était un «criminel de guerre».

Au moment où les espoirs de paix restent faibles, Bruxelles accueille jusqu'à mercredi une conférence internationale sur l'avenir du pays mais certains acteurs clés du conflit, comme la Turquie ou la Russie, ne devraient pas y être représentés au plus haut niveau. Cette conférence servira notamment à faire le point sur les promesses de dons faites par la communauté internationale en février 2016, alors qu'il s'agit de la pire crise humanitaire depuis la deuxième guerre mondiale selon l'ONU.

ats

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