Alep au jour le jour (II)

SyrieDes habitants de l’est de la cité martyre, déclarée «zone assiégée» par l’ONU, témoignent de leur quotidien.

Image: Keystone

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Depuis l’échec, le 19 septembre, de la dernière trêve initiée par Moscou et Washington, Alep est la cible d’une vaste offensive de l’armée syrienne appuyée par des bombardements intensifs de l’aviation russe. Objectif: reprendre la partie de la ville contrôlée par les rebelles où vivent encore 250 000 personnes, quitte à massacrer les civils.

Des habitants de l’est de la cité martyre, déclarée «zone assiégée» par l’ONU, témoignent de leur quotidien.

«Jeudi dernier, sept membres de ma famille sont morts»

Anas, 21 ans, secouriste, dans La Libre Belgique

«C’était une bombe d’un avion. Mon oncle, mon cousin et sa femme sont morts. Leur bébé de neuf mois a également été tué. Mon neveu a survécu. Il était inconscient, incapable d’aider sa famille. Il entendait leurs voix, mais ne pouvait pas répondre. Il y avait tellement de frappes aériennes que les sauveteurs ne pouvaient pas aller partout. La plupart des gens meurent car ils ne peuvent pas être emmenés à l’hôpital. Ils visent les hôpitaux. Il n’y a plus de médicaments. Nous n’avons que 35 médecins et des centres de santé provisoires.»

«Nous nous réveillons au bruit des bombes. Nous ne dormons pas. Durant la journée, nous ne bougeons pas de la maison. Quand nous avons besoin de quelque chose d’urgence, nous le faisons vite. Quand ces bombes tombent, l’ensemble de l’immeuble s’effondre. La terre est brûlée tout autour et sur plusieurs dizaines de mètres. Nous pensons que ce sont des Soukhoi-35. Leur bruit est particulier. Quand j’entends le bruit de cet avion, je sors de la cave car il y a un risque d’être enseveli.»

«On attend 5 minutes sans rien pouvoir faire pour pouvoir les sauver.»

Dr Abu Waseem, directeur de l’hôpital d’Alep soutenu par MSF, interviewé par l’organisation humanitaire

«Nous devons soigner au mieux les patients. Mais certains arrivent avec des lésions cérébrales et nous n’avons pas les moyens de les soigner. Quoi qu’on fasse, ça ne sert à rien. On attend 5 minutes sans rien pouvoir faire pour pouvoir les sauver.»

«Il y a beaucoup blessés parce que les bombes tombent sur des endroits denses – des rues bondées, des files d’attente pour avoir du pain ou pour recevoir de l’aide qui est distribuée. Les unités de soins intensifs et les services sont débordés. Une ou deux fois par jour, nous devons libérer les unités d’hospitalisation pour faire de la place pour les nouveaux patients.»

«Les hôpitaux fonctionnent à plein régime. Nous étions censés limiter notre consommation de carburant, de consommables et de médicaments durant le siège, mais en raison de l’intensification des bombardements nous n’avons pas pu. Je pense qu’en travaillant moins et en limitant notre consommation de médicaments et de matériel médical, nous pouvons tenir trois mois. Mais si les bombardements se poursuivent à ce rythme, nous ne pourrons pas tenir plus d’un mois, un mois et demi.»

La Syrie compte aujourd’hui 18 zones assiégées selon les Nations Unies, où vivent quelque 850 000 personnes. Les trois critères d’une zone assiégée sont un encerclement militaire, un manque d’accès pour l’aide humanitaire et pas de liberté de déplacement.

Créé: 11.10.2016, 14h55

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