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Attaques en FranceDes notes en lien avec l'EI retrouvées chez l'assaillant

Une perquisition au domicile de l'auteur d'attaques dans le sud de la France, Radouane L., a permis de trouver des «notes faisant allusion à l'Etat islamique», selon des sources judiciaires samedi.

Deux hommes de l'entourage de Radouane Lakdim ont été déférés au tribunal de Paris en vue de leur mise en examen. Ils sont soupçonnés d'avoir fourni des armes à l'auteur des attentats de Trèbes et Carcassonne en mars 2017. (Vendredi 28 juin 2019)
Deux hommes de l'entourage de Radouane Lakdim ont été déférés au tribunal de Paris en vue de leur mise en examen. Ils sont soupçonnés d'avoir fourni des armes à l'auteur des attentats de Trèbes et Carcassonne en mars 2017. (Vendredi 28 juin 2019)
AFP
Six personnes - des membres de l'entourage familial et amical de l'auteur des attaques de Carcassonne et Trèbes avaient été interpellées et placées en garde à vue mardi. Trois d'entre elles ont été mises en examen et placées en détention provisoire, a-t-on appris ce samedi.  La garde à vue des trois autres a été levée. (20 octobre 2018)
Six personnes - des membres de l'entourage familial et amical de l'auteur des attaques de Carcassonne et Trèbes avaient été interpellées et placées en garde à vue mardi. Trois d'entre elles ont été mises en examen et placées en détention provisoire, a-t-on appris ce samedi. La garde à vue des trois autres a été levée. (20 octobre 2018)
AFP
Les attaques de vendredi 23 mars à Carcassonne et Trèbes, ont eu lieu en trois temps. Vers 09H00 GMT, l'homme vole une voiture à Carcassonne (sud-ouest) «tuant un passager et blessant grièvement le conducteur», dont le pronostic vital est engagé. (Vendredi 23 mars 2018)
Les attaques de vendredi 23 mars à Carcassonne et Trèbes, ont eu lieu en trois temps. Vers 09H00 GMT, l'homme vole une voiture à Carcassonne (sud-ouest) «tuant un passager et blessant grièvement le conducteur», dont le pronostic vital est engagé. (Vendredi 23 mars 2018)
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Une « perquisition (...) a permis la découverte de notes faisant allusion à l'Etat islamique et faisant penser à un testament, ainsi que des supports numériques», a indiqué une source judiciaire.

Selon une source proche de l'enquête, «les enquêteurs ont retrouvé un testament écrit à la main où il se revendique de l'EI».

Les enquêteurs cherchent à déterminer les raisons du passage à l'acte de ce Français d'origine marocaine de 25 ans et à trouver d'éventuelles complicités. Se présentant vendredi comme «un soldat de l'EI», Radouane L. a tué vendredi quatre personnes dans des attaques revendiquées par l'organisation djihadiste, . Fiché «S» (pour Sûreté de l'Etat) en raison de ses liens avec la mouvance salafiste depuis 2014, Radouane L. avait été un temps suivi par les autorités en raison de soupçons concernant une radicalisation mais cette surveillance n'avait pas permis de déceler de signe précurseur d'actions violentes.

Gendarme héroïque

Le lieutenant-colonel de gendarmerie qui s'était livré au preneur d'otage en échange de la libération d'autres personnes retenues lors d'attaques dans le sud-ouest de la France est mort dans la nuit de vendredi à samedi, a annoncé samedi le ministre français de l'Intérieur Gérard Collomb. Le président français Emmanuel Macron a également rendu hommage à l'officier «tombé en héros» et qui mérite «respect et admiration de la nation tout entière». Il a fait «preuve d'un courage et d'une abnégation exceptionnels», a ajouté Emmanuel Macron dans un communiqué.

Cela porte à quatre le nombre de personnes tuées vendredi dans le sud-ouest de la France lors d'attaques perpétrées par un assaillant abattu par les forces de l'ordre et revendiquées par le groupe Etat islamique (EI). Seize personnes ont été blessées dont «deux au moins» grièvement, avait annoncé vendredi soir le président français Emmanuel Macron, dont le gendarme qui vient de succomber à ses blessures. Lisbonne a fait état d'un citoyen portugais grièvement blessé.

«Jamais la France n'oubliera son héroïsme, sa bravoure, son sacrifice», a écrit sur son compte Twitter le ministre français de l'Intérieur Gérard Collomb.

Le gendarme «avait laissé son téléphone ouvert sur la table (...) et c'est lorsque nous avons entendu les coups de feu que le GIGN (unité d'élite des forces de l'ordre, ndlr) est intervenu» et a abattu l'auteur de l'attaque, qui se réclamait du groupe djihadiste, Etat islamique, avait expliqué vendredi après-midi Gérard Collomb. «Un acte d'héroïsme comme en sont coutumiers les gendarmes, les policiers qui s'engagent au service de la nation», a conclu le ministre. Il avait été blessé par balle à deux reprises et avait reçu plusieurs coups de couteau par l'assaillant, a expliqué une source proche de l'enquête.

L'assaillant, Radouane L., un Français d'origine marocaine de 25 ans, a mené ses attaques «seul» à Carcassonne et Trèbes, une petite ville située à moins de 10 km de la célèbre cité fortifiée, a indiqué le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb.

"Le terroriste, qui a fait trois victimes, a été abattu" par le GIGN, confirme Collomb pic.twitter.com/RFwUgmk4a0— BFMTV (@BFMTV) 23 mars 2018

Christian Guibbert, un ex-policier présent dans le supermarché où l'assaillant a terminé sa course, a raconté avoir «vu un individu très excité qui avait une arme de poing, un couteau et qui criait Allah Akbar», et qui a tiré «cinq ou six coups de feu».

«Moi, j'étais à cinq mètres de lui», a raconté de son côté un vigile du supermarché, qui veut garder l'anonymat. «Il m'a tiré deux fois dessus. Il tirait mal», a ajouté cet homme, qui a indiqué avoir fait «évacuer le personnel par derrière».

Libérer Abdeslam

Le président français Emmanuel Macron a déploré «une attaque terroriste islamiste» qui a fait trois morts et «16 blessés», dont «deux au moins» sont dans «un état grave». Lisbonne a affirmé dans la soirée qu'un citoyen portugais figurait parmi les blessés graves et non les morts, comme annoncé précédemment par les autorités portugaises «en raison d'erreurs de communication».

Ces attaques sont les premières de ce type en France depuis celle du 1er octobre à la gare Saint-Charles de Marseille, qui avait fait deux morts.

L'assaillant s'est dit «prêt à mourir pour la Syrie», demandant notamment lors des attaques «la libération de frères», selon le procureur de Paris François Molins. Parmi les noms de ces «frères», il a selon une source proche du dossier notamment cité celui de Salah Abdeslam, seul membre encore en vie des attentats de l'EI du 13 novembre 2015, et emprisonné à Paris.

«L'homme qui a mené l'attaque de Trèbes dans le sud de la France est un soldat de l'EI, qui a agi en réponse à l'appel» de l'organisation «à viser les pays membres de la coalition» internationale anti-EI, a déclaré le groupe djihadiste, dans un communiqué de son agence de propagande Amaq.

La France fait partie de la coalition militaire internationale intervenant en Syrie et en Irak contre l'EI.

Une proche gardée à vue

«Une proche» de Radouane L. «qui partageait sa vie a été placée en garde à vue», selon M. Molins.

Radouane L. avait été suivi par les services de renseignements et fiché à partir de 2014 «en raison de ses liens avec la mouvance salafiste», selon M. Molins. Il a ensuite fait un mois de prison en août 2016, après des condamnations pour «port d'arme prohibé», «usage de stupéfiants» et «refus d'obtempérer».

A sa sortie, il n'a pas montré de signes de radicalisation «pouvant laisser présager un passage à l'acte», a précisé M. Molins. Sa surveillance s'est alors arrêtée.

Attaque en trois temps

Radouane L. «est passé à l'acte brusquement» vendredi, a précisé Gérard Collomb. L'assaillant a agi en trois temps.

Il a d'abord «volé une voiture à Carcassonne, tuant un passager et blessant grièvement le conducteur». Puis, il a tiré sur un policier qu'il a blessé alors que ce dernier rentrait d'un footing avec plusieurs de ses collègues.

Quelques minutes plus tard, vers 11H15, il a pénétré dans un supermarché de Trèbes, où se trouvaient une cinquantaine de personnes, et a tué un employé et un client. A l'arrivée des gendarmes, un lieutenant-colonel de 45 ans, Arnaud B., s'est proposé comme otage en échange de la libération des civils.

Mais le gendarme laisse «son téléphone ouvert» sur une table, permettant à ses collèges d'écouter ce qu'il se passe dans le magasin.

Vers 14h20, Radouane L. ouvre le feu sur le gendarme, qu'il blesse à deux reprises. Un groupe d'élite des forces de l'ordre intervient et abat l'assaillant. Deux militaires ont été blessés par balle lors de l'assaut.

Courage

Le président Macron a salué le «professionnalisme» des forces de l'ordre et le «courage» du gendarme qui «s'est porté volontaire pour se substituer aux autres otages». «Il a sauvé des vies», a-t-il ajouté.

«Nous avons depuis plusieurs années payé le prix du sang pour savoir la dangerosité de la menace terroriste», a encore dit le chef de l'Etat, tout en exprimant sa «détermination absolue» à lutter contre le terrorisme.

La France reste traumatisée par une série d'attentats en 2015 et 2016, qui ont fait 241 morts et des centaines de blessés.

AFP

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