La présidente mauricienne refuse de partir

Scandale financierMise en cause dans un scandale financier, la présidente Ameenah Gurib-Fakim estime n'avoir rien à se reprocher et refuse de quitter son poste.

Ameenah Gurib-Fakim dirige l'île Maurice depuis juin 2015.

Ameenah Gurib-Fakim dirige l'île Maurice depuis juin 2015. Image: AFP

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La présidente mauricienne Ameenah Gurib-Fakim, mise en cause dans un scandale financier, a annoncé mercredi qu'elle refusait de démissionner. Son départ avait pourtant été annoncé la semaine passée par le Premier ministre Pravind Jugnauth.

«N'ayant rien à se reprocher et pouvant apporter des preuves corroborantes», la cheffe de l'Etat «rejette toute perspective de démission», a annoncé dans un communiqué la présidence mauricienne. Ameenah Gurib-Fakim s'est aussi dite «prête à intenter une action en justice pour se défendre contre les accusations calomnieuses qui la visent».

Le premier ministre avait annoncé vendredi que la présidente démissionnerait de ses fonctions «peu après les célébrations du 50e anniversaire de l'indépendance», qui ont eu lieu lundi, et avant la rentrée parlementaire, le 27 mars.

Ameenah Gurib-Fakim, 58 ans, occupe son poste depuis juin 2015. Elle a succédé à Kailash Purryag qui avait démissionné et est la première femme à occuper cette fonction honorifique dans l'histoire de l'île Maurice.

Achats personnels

Scientifique et biologiste de renommée internationale, elle est depuis plusieurs jours sous forte pression, car accusée d'avoir utilisé une carte bancaire fournie par l'ONG Planet Earth Institute (PEI) pour effectuer des achats personnels.

Tout a commencé au début du mois quand le quotidien mauricien l'Express a publié des documents bancaires démontrant que la présidente avait utilisé cette carte à des fins personnelles. Selon le journal, le montant des dépenses (bijoux, chaussures de marque, etc) s'élève à au moins 25'000 euros (plus de 29'000 francs).

Ameenah Gurib-Fakim a reconnu les faits, mais affirmé avoir remboursé en mars 2017 l'argent utilisé à titre personnel. Dans le communiqué publié mercredi, la présidence assure que Ameenah Gurib-Fakim a utilisé «par inadvertance la carte de PEI pour des dépenses extérieures au cadre de sa mission pour un montant global de 26'000 dollars» (24'600 francs).

Sommes remboursées

«Elle en a elle-même immédiatement informé le PEI et demandé un relevé détaillé. Elle a rigoureusement et aussitôt remboursé par virement bancaire ces dépenses spécifiques, mais aussi toutes les autres dépenses engagées par le PEI pour sa mission», ajoute le texte.

Dans un court message publié sur son site internet, l'ONG basée à Londres a confirmé que la présidente mauricienne avait bien remboursé les sommes concernées.

L'affaire a fait scandale, car elle implique le milliardaire angolais Alvaro Sobrinho, un homme d'affaires controversé qui finance PEI et qui depuis 2015 a tenté plusieurs fois d'investir à Maurice, selon l'Express, ce qui avait déjà déclenché des polémiques.

(ats/nxp)

Créé: 14.03.2018, 11h17

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