Le président Xi Jinping va-t-il s’accrocher au pouvoir?

ChineLes futurs dirigeants de la Chine sont sélectionnés ces jours-ci. La «démission» d'un prétendant inquiète. Coup de force?

Pour les observateurs avisés de la Chine, Xi Jinping chercherait à prolonger son mandat à la tête du pays.

Pour les observateurs avisés de la Chine, Xi Jinping chercherait à prolonger son mandat à la tête du pays. Image: AP

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Mais que manigance Xi Jinping? Le président chinois serait-il en train de manœuvrer pour faire sauter une règle tacite du Parti communiste et se maintenir au pouvoir au-delà de son deuxième mandat? Cette question, bien des observateurs se la posent depuis la démission surprise, samedi, de Sun Zhengcai, le leader de l’immense métropole de Chongqing, quatrième agglomération du pays. Tout le monde le voyait déjà entrer cet automne au Comité permanent du Politburo et peut-être devenir le successeur désigné du chef de l’Etat en 2022. Au lieu de cela, il a été arrêté il y a dix jours sur fond d’enquête anticorruption et Le Quotidien du Peuple vient d’annoncer sa mise à l’écart pour «violation grave de la discipline». Bref, il est politiquement mort.

C’est un coup de tonnerre en Chine. En effet, le futur leadership du pays le plus peuplé du monde se décide au cours de l’été et sera annoncé cet automne lors du 19e Congrès du Parti communiste. Certes, le président Xi Jinping et le premier ministre Li Keqiang demeureront à la tête du Comité permanent du Politburo, mais les cinq autres membres prennent leur retraite. On apprendra alors le nom des remplaçants, parmi lesquels figureront les deux personnes censées prendre le pouvoir en 2022. Telle est la règle tacite, pour éviter une dictature personnelle et garantir une succession en douceur.

S'entourer de loyalistes

Ces cinq noms, c’est derrière des portes closes qu’ils sont déterminés. Notamment au cours de la traditionnelle réunion estivale de la hiérarchie du Parti, qui se tient dans quelques jours dans la station balnéaire de Beidaihe, non loin de Pékin.

Dans ce contexte, la démission de Sun Zhengcai sonne comme un avertissement du président à quiconque prendrait le risque de contrarier ses ambitions. Pour le quotidien hongkongais South China Morning Post, le chef de l’Etat veut s’entourer de loyalistes pour ensuite se maintenir au pouvoir après 2022, dérogeant à la règle tacite qui le contraint à passer le témoin après deux mandats présidentiels.

Des factions à cran

Ainsi, en mai, Xi Jinping a placé un fidèle, Cai Qi, à la tête de la capitale, poste qui le rapproche du Politburo. Il pourrait aussi installer un loyaliste à Shanghai. Quant à Chen Miner, nommé à Chongqing en remplacement du démissionnaire Sun Zhengcai, c’est un proche du président qui a toutes les chances d’entrer au Comité permanent. Cela dit, Xi Jinping pourrait tout aussi bien l’imposer comme successeur, estime le professeur Chen Daoyin, de l’Université de Shanghai.

Ce qui est sûr, c’est qu’en bousculant le système établi, Xi Jinping prend le risque d’attiser la colère des autres factions politiques, note Susan Shirk, spécialiste de la Chine à l’Université de Californie, dans les colonnes du New York Times. «Je ne dis pas qu’il y aura un coup de force, mais ce n’est pas impossible.»

(TDG)

Créé: 25.07.2017, 18h01

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