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MalawiLe président conteste l'annulation du scrutin

Quatre jours après l'annulation par la justice de sa victoire à la présidentielle de mai 2019, Peter Mutharika a décidé de faire appel vendredi.

Peter Mutharika, au pouvoir depuis 2014, avait été réélu avec 38,5% des voix en mai.
Peter Mutharika, au pouvoir depuis 2014, avait été réélu avec 38,5% des voix en mai.
Keystone

Le président du Malawi Peter Mutharika a fait appel vendredi de la récente annulation par la Cour constitutionnelle du pays de sa réélection contestée en mai 2019. Une commission avait auparavant demandé la suspension de ce jugement.

Arrêt historique

Dans sa requête, Peter Mutharika affirme que les juges de la Cour constitutionnelle ont commis «une erreur en droit» en déclarant qu'il avait été «indûment» réélu et demande à la Cour Suprême d'annuler la décision de lundi dernier qui a requis un nouveau scrutin dans les 150 jours.

Auparavant, la commission électorale du Malawi avait demandé vendredi à la Cour constitutionnelle de suspendre son arrêt historique qui a invalidé la réélection de Peter Mutharika, selon des documents judiciaires.

La présidente de la commission électorale, Jane Ansah, a réclamé une ordonnance «suspendant la mise en oeuvre du jugement de la Cour constitutionnelle» qu'elle accuse d'avoir «outrepassé ses droits». Lundi, la Cour a annulé l'élection présidentielle du 21 mai 2019, la jugeant «indûment» remportée par Peter Mutharika à la suite d'«irrégularités systématiques et graves».

Nouveau scrutin ordonné

Elle a ordonné l'organisation d'un nouveau scrutin dans un délai de 150 jours ainsi que l'adoption d'un texte exigeant que le président soit élu à la majorité absolue, et non plus à la majorité relative.

Peter Mutharika, au pouvoir depuis 2014, avait été réélu avec 38,5% des voix, soit 159'000 voix d'avance seulement sur le chef de l'opposition Lazarus Chakwera, qui avait dénoncé des fraudes et saisi la justice.

La Cour a aussi ordonné une enquête sur «la compétence et la conduite» des sept membres et du personnel de la commission électorale, une décision qualifiée vendredi d'«abus de pouvoir» par Jane Ansah.

Menace de nouvelles manifestations

Ensuite, des militants qui avaient organisé des manifestations de protestation contre les résultats de la présidentielle ont menacé d'en organiser une nouvelle série si la commission électorale ne démissionne pas.

Ce sera «la plus grosse, la mère de toutes les manifestations au Malawi», a averti vendredi Gift Trapence, vice-président de l'organisation Human Rights Defenders Coalition (HRDC), au cours d'une conférence de presse à Lilongwe.

Il a ajouté que les protestataires «fermeraient» les bureaux de la Commission électorale. «Cette fois-ci, nous sommes prêts à faire même des veilles au domicile» des membres de la Commission, a-t-il ajouté.

Les invalidations d'élection sont rarissimes en Afrique. En 2017, la Cour suprême du Kenya avait invalidé pour «irrégularités» la réélection du président Uhuru Kenyatta et ordonné l'organisation d'un nouveau scrutin dans les deux mois, une première sur le continent. Au final, Uhuru Kenyatta avait été réélu au cours d'un scrutin boycotté par l'opposition.

ats

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