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Le premier pardon d'agents de la dictature

Neuf détenus, anciens responsables au coeur de la dictature de Pinochet, se sont excusés.

Des militants des Droits de l'Homme devant la prison des neufs agents de la dictature qui ont demandé pardon, le 23 décembre 2016 à Santiago (Chili).
Des militants des Droits de l'Homme devant la prison des neufs agents de la dictature qui ont demandé pardon, le 23 décembre 2016 à Santiago (Chili).
AFP

Un groupe d'agents de la dictature d'Augusto Pinochet (1973-1990) au Chili ont demandé pardon vendredi pour la première fois. Un geste rejeté par des proches des victimes qui ont qualifié cette opération de «show médiatique» pour obtenir une amnistie.

Dans le cadre d'une cérémonie religieuse à la prison spéciale de Punta Peuco, où une centaine d'agents de la dictature chilienne purgent leur peine, neuf détenus ont demandé pardon pour leurs crimes. Parmi eux se trouve Raul Iturriaga, qui était un des cadres de la police politique du régime.

«Dieu fait quelque chose d'extraordinaire dans ce pays. Cela n'aurait pas été possible il y a peu», a souligné auprès des journalistes le pasteur anglican Pablo Alvarez à la fin de la cérémonie, fermée à la presse.

Rejet

Mais aux abords de la prison, une cinquantaine de proches des victimes de la dictature ont manifesté dès l'aube pour exprimer leur rejet d'une telle opération, estimant qu'elle ne vise qu'à obtenir une remise de peine ou une amnistie.

«Nous avons le droit et (le devoir) moral d'être ici pour ne pas permettre ce show médiatique», a déclaré Alicia Lira, de l'Association des proches d'exécutés pour raisons politiques. «Nous parlons d'hommes qui ont commis des crimes horribles», a-t-elle ajouté.

«Personne de ceux que j'ai entendus n'a demandé une remise de peine ou une amnistie», a pour sa part assuré le prêtre catholique Fernando Montes, également présent à la cérémonie.

Encore 1184 procédures

Augusto Pinochet est mort d'un infarctus à 91 ans, en décembre 2006. Il n'a jamais été jugé pour la répression exercée durant son régime, qui a fait plus de 3200 morts et 28'000 victimes de tortures selon des chiffres officiels.

Les familles soulignent que nombre de condamnés n'ont toujours pas fourni les informations nécessaires pour retrouver les près de 1000 victimes de la dictature encore portées disparues. Elles demandent aussi la fermeture de la prison spéciale de Punta Peuco, où les conditions de détention sont meilleures que dans le reste du pays.

La justice chilienne a encore 1184 procédures pénales en cours pour violations des droits de l'homme commises sous le régime Pinochet, selon un rapport annuel de l'université Diego Portales.

(ats)

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