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La popularité de Mélenchon bat de l'aile

A un niveau bas inédit depuis 2010 dans les sondages, la popularité de Jean-Luc Mélenchon vit des heures sombres. Coup dur pour le politicien, à quelques mois des européennes.

A un niveau bas inédit depuis 2010 dans les sondages, la popularité de Mélenchon vit des heures sombres.
A un niveau bas inédit depuis 2010 dans les sondages, la popularité de Mélenchon vit des heures sombres.
Eric Feferberg, AFP

Jean-Luc Mélenchon recule dans l'opinion publique après une semaine d'auditions et perquisitions houleuses à La France insoumise. Les condamnations politiques de son comportement vis-à-vis de la justice, de la police et des médias se multiplient.

Le chef de file de LFI, qui n'a eu de cesse de dénoncer une opération de «police politique» lancée contre lui, a demandé vendredi l'annulation de la perquisition menée mardi au siège du mouvement. Et ses avocats ont sollicité samedi le dessaisissement du procureur dans cette affaire, à la suite d'un article de Mediapart citant des procès-verbaux de perquisition.

Malgré les démentis apportés dans les deux enquêtes le visant, l'une sur des soupçons de surfacturation de la campagne présidentielle et l'autre sur des soupçons d'emplois fictifs au Parlement européen, il voit sa popularité chuter sévèrement. A 22% de sondés «satisfaits» de son action, il recule de sept points de pourcentage par rapport à septembre dans le baromètre Opinion Way pour LCI réalisé mercredi et jeudi et publié dimanche. Il atteint ainsi un plus bas inédit dans ce sondage réalisée depuis 2010.

Elections européennes compromises

Si le phénomène perdure, l'ex-candidat à la présidentielle risque donc de voir contrariée son ambition de réaliser un gros score aux élections européennes de mai 2019 et d'en faire un tremplin pour le scrutin présidentiel de 2022.

Les enquêtes se poursuivaient lundi, avec notamment une nouvelle audition de Sophia Chikirou, ex-directrice de la communication du mouvement, désormais affectée à la campagne des européennes, déjà entendue dix heures vendredi.

Une troisième procédure, ouverte mercredi par le parquet à l'égard de Jean-Luc Mélenchon pour violences sur personnes dépositaires de l'autorité publique, suit aussi son cours.

Plainte de Radio France

Radio France a pour sa part annoncé samedi porter plainte contre Jean-Luc Mélenchon, au lendemain des propos virulents qu'il a tenus contre les journalistes de la chaîne, des «pitres calomniateurs» selon lui.

Face à lui à l'Assemblée, le Premier ministre Edouard Philippe s'était dit choqué par la violence des scènes enregistrées lors de cette perquisition avant que la ministre de la Justice Nicole Belloubet ne réaffirme l'indépendance des opérations de police, une défense renouvelée publiquement samedi par la procureure générale de Paris Catherine Champrenaud.

«Se victimiser»

Pour le président du groupe La République en marche à l'Assemblée nationale, Gilles Le Gendre, l'«épisode» est le signe d'une tendance profonde du groupe LFI: «Il essaie de se victimiser, il révèle à cette occasion une sorte de caractère et de comportement que les Français commencent à découvrir, que nous nous connaissons», a-t-il déclaré sur BFM TV. «De temps en temps, ça part en vrille, et nous on le constate dans l'hémicycle.»

Le chef de file des Républicains, Laurent Wauquiez, a condamné samedi dans le Parisien une «dérive» de la part de Jean-Luc Mélenchon, tout en estimant que seule l'opposition était visée par des enquêtes liées à la campagne.

A gauche, le mouvement de Benoît Hamon, Génération.s, a invité samedi la gauche à défendre la liberté de la presse, dénonçant «la violence des attaques que subissent les journalistes de la part des principaux dirigeants de la France Insoumise».

(ats)

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