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En Pologne, le bond en arrière de l’éducation

Les enseignants polonais seront en grève vendredi. En cause: une réforme qui promeut notamment une école plus patriotique.

Vue de Varsovie (Illustration)
Vue de Varsovie (Illustration)
Reuters

«Vous êtes pour ou contre la réforme de l’éducation?» La question, posée à l’heure de la récréation dans la salle des professeurs de l’Ecole publique piariste de Varsovie, suscite un vif débat entre les enseignantes, majoritaires, qui y sont clairement opposées et celles qui n’y sont pas entièrement défavorables.

Cette réforme, qui doit entrer en vigueur en septembre, entérine le retour au système scolaire communiste, supprimé en 1999. Les collèges disparaîtront, au profit d’un enseignement primaire qui durera huit ans, et quatre ans de lycée. L’école ne sera plus obligatoire à 6 ans mais à 7. Les quelques avantages avancés par les institutrices concernent le «bien-être de l’enfant»: garder l’élève dans le même environnement jusqu’à l’âge difficile de l’adolescence, ne pas le scolariser «trop tôt».

Outre le grand désordre annoncé par une réforme préparée à la hâte – comment répartir les établissements, les laboratoires – 30 000 professeurs pourraient se retrouver au chômage ou ne pas avoir le nombre d’heures suffisantes à un salaire décent. Ils seront en grève ce vendredi, pour la première fois depuis une décennie.

La réforme divise également les Polonais, qui ne sont pourtant que 49% à en connaître le contenu, selon un sondage CBOS réalisé en février. Un tiers environ en craint les conséquences, un tiers l’approuve et un tiers ne parvient pas à se faire une opinion. Pourtant, le système actuel a fait ses preuves: les petits polonais excellent aux tests PISA. Dans la classe de Sylwia Nowak, à l’Ecole piariste, les élèves maîtrisent déjà, à 7 ans, un large vocabulaire en anglais. Pour elle, les programmes ne sont pas un problème: «Mon enseignement ne changera pas.»

D’autres matières, en revanche, posent problème. «Ils veulent supprimer la théorie de l’évolution en cours de biologie, s’alarme Piotr Podemski, en charge des questions d’éducation à la Fondation Geremek. Et les cours d’éducation sexuelle sont supervisés par une femme qui pense que toute contraception est néfaste parce que les femmes ont besoin de sperme! Les cours d’histoire sont réécrits d’un point de vue nationaliste, complètement fermé sur nous-mêmes.»

«Les programmes ont été rédigés trop vite, ajoute Piotr Podemski. Finalement, on ne sait même pas qui les a écrits. En classe, les enfants ne seront plus encouragés à poser des questions, à réfléchir. Le gouvernement veut forger une nouvelle figure du Polonais, loyal et fier de sa patrie.» Et de conclure: «L’école ne va pas être réformée mais déformée.»

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