La police aux frontières ne résiste pas au scandale

Etats-UnisLe chef de la police américaine aux frontières a démissionné en pleine polémique sur le traitement des enfants migrants.

Un bus transportant des migrants au centre de rétention de Clint, près d'El Paso.

Un bus transportant des migrants au centre de rétention de Clint, près d'El Paso. Image: AFP

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Le président américain Donald Trump préparait mardi un remaniement à la tête de la police aux frontières après les révélations d'une ONG sur les conditions de vie sordides de 300 jeunes migrants dans un centre de détention du Texas.

Le centre de rétention de Clint, près de la ville frontalière d'El Paso, a été vidé lundi de la majorité de ses détenus et 249 enfants devaient «être placés sous la garde» du ministère de la Santé, a indiqué mardi une porte-parole du ministère citée par CNN.

Une élue démocrate du Texas, Veronica Escobar, avait demandé des comptes la semaine dernière à l'agence des douanes et de la protection des frontières, après la publication par Human Rights Watch d'un rapport sur la situation de ces enfants non accompagnés.

Selon l'ONG, les enfants dorment à même le sol cimenté dans des cellules surpeuplées. En pleine polémique, le chef par intérim de la police aux frontières, John Sanders, a annoncé sa démission dans un message diffusé au sein de l'agence.

Donald Trump a déclaré mardi à la presse qu'il n'avait pas demandé à M. Sanders de démissionner mais qu'il savait «qu'il y aurait des changements» au sein de l'agence. Selon les médias, le président américain devrait le remplacer par Mark Morgan, le chef de la police de l'immigration (ICE), une force dont les méthodes d'arrestation sont très décriées.

Pas de savon

«Face à moi, l'enfant de trois ans a des noeuds dans les cheveux, une toux sèche, un pantalon plein de boue et des yeux qui se ferment de fatigue», raconte dans un communiqué Clara Long, membre de la délégation de juristes qui a visité le centre à Clint. Arrêté il y a trois semaines avec son grand frère de 11 ans après être entrés illégalement aux Etats-Unis, ils ont été séparés de leur oncle majeur.

Selon l'ONG, les enfants «n'ont pas d'accès régulier aux douches ou à des vêtements propres», certains ne se sont pas lavés «depuis des semaines», n'ont pas de savon et ont parfois des poux. Quinze mineurs ont attrapé la grippe et dix ont dû être placés en quarantaine en raison de leur état de santé.

La semaine dernière, l'avocate du gouvernement avait expliqué devant un tribunal que le savon et la brosse à dent ne faisaient pas partie des conditions de détention «sûre et saine» prévues par la loi pour les mineurs isolés. Ces déclarations ont provoqué un tollé. La jeune élue démocrate Alexandria Ocasio-Cortez a dénoncé des «camps de concentration» gérés par une administration «fasciste».

La loi migratoire américaine stipule que les mineurs non accompagnés doivent être remis à leur famille ou être pris en charge par le ministère de la Santé après 72 heures de détention. Mais avec 144'000 arrestations en mai, la police aux frontières est débordée et les centres d'hébergement gérés par le ministère ne suffisent plus.

«Une forme d'esclavage»

«Ce n'est pas à la police aux frontières de s'occuper des enfants, c'est pourquoi ces structures ne sont pas adaptées aux enfants et ils (les agents) sont aussi en colère que nous», a affirmé dimanche sur la chaîne MSNBC Warren Binford, une universitaire spécialisée dans les droits de l'enfant qui a visité Clint.

Les organisations de passeurs exploitent les «failles» des lois sur l'immigration et «la réalité sur le terrain pour saturer le système», a récemment expliqué Robert Perez, chef adjoint des garde-frontières. Pour éviter la surpopulation, les agents libèrent les migrants après leur dépôt de demande d'asile.

Donald Trump, qui a fait de la lutte contre l'immigration clandestine l'une de ses priorités, s'est dit mardi «très inquiet» des conditions de détention des clandestins, appelant le Congrès à s'entendre sur un financement d'urgence des opérations à la frontière.

Un texte autorisant le déblocage de 4,5 milliards de dollars d'aide humanitaire pourrait être voté à la Chambre des représentants, contrôlée par les démocrates. Mais les républicains, majoritaires au Sénat, menacent de le retoquer si une partie du budget n'est pas dévolue aux forces de l'ordre. «Nous essayons de persuader les démocrates d'accepter de nous donner l'argent pour l'aide humanitaire», a affirmé Donald Trump, dénonçant les passeurs qui font subir aux enfants migrants «une forme d'esclavage». (afp/nxp)

Créé: 26.06.2019, 01h44

Le Mexique n'arrêtera pas les migrants

Le président mexicain Andres Manuel Lopez Obrador a démenti mardi qu'un ordre ait été donné aux militaires d'interpeller les clandestins qui traversent la frontière avec les Etats-Unis, dans le cadre de l'accord sur l'immigration conclu avec Washington. «Aucun ordre n'a été donné dans ce sens (...) ce n'est pas notre rôle», a déclaré le chef de l'Etat lors de sa conférence de presse quotidienne.

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