Polémique: Kerry admet discuter avec l'Iran

USA Le gouvernement américain critique le comportement de l'ex-secrétaire d'Etat américain John Kerry qui continue de voir son homologue iranien.

l'ex-secrétaire d'Etat américain John Kerry en compagnie de l'actuel chef de la diplomatie iranienne Mohammad Javad Zarif lors d'une rencontre aux Nations Unies en 2015.

l'ex-secrétaire d'Etat américain John Kerry en compagnie de l'actuel chef de la diplomatie iranienne Mohammad Javad Zarif lors d'une rencontre aux Nations Unies en 2015. Image: CRAIG RUTTLE/Keystone

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Rencontres «illégales», «sans précédent» qui «sapent» la politique étrangère des Etats-Unis: l'ex-secrétaire d'Etat américain John Kerry, qui a admis cette semaine avoir continué à rencontrer l'actuel chef de la diplomatie iranienne Mohammad Javad Zarif, a suscité la colère de Donald Trump et du camp conservateur.

«John Kerry a eu des rencontres illégales avec le très hostile régime iranien, cela ne peut servir qu'à saper notre bon travail au détriment du peuple américain», s'est plaint sur Twitter, dans la nuit de jeudi à vendredi, le président américain. «Il leur a dit d'attendre la fin de l'administration Trump!», «C'EST MAL!», a-t-il protesté, laissant entendre que ces entretiens avaient eu lieu sans être portés à la connaissance de la diplomatie américaine.

Pompeo dénonce

Sans se prononcer sur la légalité de ces réunions, l'actuel chef de la diplomatie américaine, Mike Pompeo, a vivement accusé vendredi son prédécesseur démocrate de «saper activement la politique des Etats-Unis».

«Ce qu'a fait le secrétaire Kerry est inconvenant et sans précédent», «c'est littéralement du jamais vu» et «bien plus qu'inapproprié», a protesté le ministre républicain. «On parle d'un ancien secrétaire d'Etat qui discute avec le principal Etat soutien du terrorisme au monde, et, d'après lui-même», «il leur disait de patienter jusqu'à la fin de cette administration», a-t-il ajouté lors d'une conférence de presse.

Kerry confirme

En campagne de promotion de ses mémoires, l'ancien ministre des Affaires étrangères du président démocrate Barack Obama, qui avait négocié l'accord sur le nucléaire iranien de 2015 et avait tissé une relation personnelle avec son homologue iranien, a reconnu l'avoir «vu à trois ou quatre reprises» depuis son départ du gouvernement et l'arrivée du milliardaire républicain à la Maison Blanche.

Prié de dire par l'animateur radio conservateur Hugh Hewitt s'il tentait de donner des conseils à Mohammad Javad Zarif pour faire face à la décision de l'administration Trump de se retirer de cet accord nucléaire, John Kerry a répondu mercredi: «Non, ce n'est pas mon travail».

«J'ai seulement tenté de comprendre ce que l'Iran serait prêt à faire pour améliorer la situation au Moyen-Orient», a-t-il plaidé.

Il a assuré avoir dit au ministre iranien: «Vous devez reconnaître que le monde n'apprécie pas ce qui se passe avec vos missiles, avec le Hezbollah, avec le Yémen», en écho au discours de l'actuel gouvernement américain qui dénonce le comportement «malveillant» de Téhéran dans la région.

Trahison selon certains

Les commentateurs conservateurs ont aussitôt dénoncé un acte de «trahison», certains allant jusqu'à estimer qu'il méritait «la prison».

La porte-parole du département d'Etat, Heather Nauert, avait déjà ironisé jeudi sur John Kerry qui fait la tournée des médias pour «se vanter d'avoir eu des réunions avec le gouvernement iranien».

«J'ai aussi vu des informations selon lesquelles il fournirait des conseils au gouvernement iranien. Le meilleur conseil qu'il devrait lui donner c'est d'arrêter de soutenir les groupes terroristes à travers le monde!», avait-elle ajouté devant la presse.

Dichotomie

En 2015, pendant que John Kerry négociait avec l'Iran dans le but affiché de l'empêcher de se doter de la bombe atomique, une lettre ouverte aux dirigeants de la République islamique, signée par la plupart des sénateurs républicains, avait provoqué un tollé similaire. Ces 47 sénateurs y soulignaient que le président Obama allait quitter son poste en janvier 2017 et qu'ils n'étaient donc pas tenus par ses engagements non ratifiés par le Congrès.

Les démocrates les avaient aussitôt accusés de saper la diplomatie des Etats-Unis. (afp/nxp)

Créé: 14.09.2018, 23h05

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