Pluie d’amabilités après l’«ouragan Trump» au G7

SommetLe président des États-Unis a refusé de signer la déclaration finale du sommet des puissances industrielles.

Entre le président américain et ses partenaires du G7, les fronts se sont durcis samedi, au Québec. Les discussions ont même tourné au vinaigre avec son hôte canadien Justin Trudeau (à dr.).

Entre le président américain et ses partenaires du G7, les fronts se sont durcis samedi, au Québec. Les discussions ont même tourné au vinaigre avec son hôte canadien Justin Trudeau (à dr.). Image: REUTERS

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À la veille de sa rencontre avec le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un à Singapour, Donald Trump a dynamité le G7 et remis en question 70 ans de politique étrangère américaine. Le président des États-Unis a refusé de signer la déclaration finale du sommet des sept grandes puissances industrielles au Québec.

Le texte avait pourtant été accepté par son équipe de négociateurs, mais Donald Trump n’a pas apprécié les propos du premier ministre canadien, Justin Trudeau, en clôture du sommet. «En raison des fausses déclarations de Justin à sa conférence de presse, et du fait que le Canada impose des taxes massives à nos agriculteurs, travailleurs et entreprises américaines, j’ai demandé à nos représentants américains de retirer le soutien au communiqué, tandis que nous envisageons des tarifs sur les automobiles qui inondent le marché américain!» a tweeté Donald Trump dans l’avion qui l’emmenait à Singapour.

«Les Canadiens sont polis et raisonnables, mais nous ne nous laisserons pas bousculer», avait affirmé Justin Trudeau samedi. Le premier ministre canadien avait aussi estimé que les droits de douane imposés par Donald Trump sur les importations d’acier et d’aluminium au nom de la sécurité nationale des États-Unis étaient «plutôt insultants» pour des Canadiens «qui se sont battus aux côtés des soldats américains».

Trudeau le «malhonnête»

Le président des États-Unis, qui a pour habitude de taper fort et de manière répétée sur ses opposants via Twitter, a traité samedi Justin Trudeau de «malhonnête» et a affirmé qu’il était «très faible». Ces propos contrastent avec ceux qu’il avait tenus quelques heures plus tôt, peu avant de quitter le sommet du G7. À ce moment-là, Donald Trump avait donné une note de 10 sur 10 à sa relation avec le premier ministre canadien, le président de la République Emmanuel Macron et la chancelière allemande Angela Merkel.

Donald Trump avait aussi assuré que les dirigeants du G7 étaient tacitement d’accord avec ses récriminations en matière de politique commerciale. «Beaucoup de ces pays sourient quand je parle», avait-il martelé à propos des barrières douanières qu’il accuse ses partenaires d’avoir érigées pour limiter l’accès des produits américains à leurs marchés. «Et ce sourire signifie: «Nous ne pouvons pas croire que ça ait pu passer.» (…) Cela va changer. Ils n’ont pas le choix. Si ça ne change pas, nous ne ferons plus de commerce avec eux.»

La Maison-Blanche a intensifié sa dispute avec le Canada dimanche en accusant Justin Trudeau de «trahison». «Il nous a réellement poignardés dans le dos», a affirmé sur CNN Larry Kudlow, le conseiller économique de Donald Trump. Il a précisé que le président américain ne se laisserait pas «bousculer par le premier ministre canadien» à l’approche du sommet nucléaire avec Kim Jong-un mardi. «Il y a une place spéciale en enfer pour tout dirigeant étranger qui fait ne fait pas de diplomatie honnête avec le président Donald J. Trump», a surenchéri Peter Navarro, le conseiller de la Maison-Blanche en matière de commerce, avant de préciser que Donald Trump aurait signé le communiqué «socialiste» du G7 s’il n’avait pas été «poignardé dans le dos» par Justin Trudeau.

Feu sur Trump

L’Élysée a dénoncé dimanche «l’incohérence» et «l’inconsistance» de Donald Trump. «La coopération internationale ne peut dépendre de colères ou de petits mots», a affirmé la présidence française dans un communiqué. Berlin a pour sa part accusé Donald Trump de «détruire la confiance».

Du côté de Washington, les détracteurs habituels de Donald Trump au sein de son propre parti républicain se sont une nouvelle fois manifestés. Le sénateur John McCain s’est adressé directement aux «alliés» de l’Amérique pour tenter de les rassurer: «Les Américains restent à vos côtés, même si notre président ne le fait pas», a-t-il déclaré sur Twitter. Le sénateur conservateur du Nebraska Ben Sasse a quant à lui martelé: «Pour faire plus de commerce, il faut commencer par moins pleurnicher sur la scène internationale.»

Créé: 10.06.2018, 21h31

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